« Je voudrais tant revenir » de Yves Simon

Une bien jolie découverte que ce roman, le premier que je lis de Yves Simon.

Dans « Je voudrais tant revenir », Yves Simon nous propose une ballade nocturne en compagnie de deux hommes, un vieil écrivain et le narrateur. Ce dernier, timide et isolé, écrit des biographies de personnes inconnues. Il rêve pourtant de pousser le travail plus loin en rédigeant son premier roman, rien qu’à lui. Sur sa route, il croise un personnage complètement atypique, Karl Berline. Sentant la fin proche, cet auteur demande une dernière faveur à ce jeune homme qu’il connait par le biais de son défunt fils : qu’il écrive l’histoire de sa vie. Il quitte donc sa maison au bord de l’Océan pour passer quelques jours à Paris où, à eux deux, ils sillonneront les chemins de sa vie. Au rythme de leurs pas, le lecteur s’attache aux deux hommes qui dévoilent chacun à leur tour des faiblesses et des secrets profondément enfouis. Paris la nuit et habillée de son plus beau manteau blanc, le décor parfait pour libérer des espoirs, des craintes, des envies, mais aussi des regrets. L’histoire d’une vie, l’histoire d’un homme.

J’ai été bercée par le récit de cet homme qui jette un regard sur sa vie, et avoue ses derniers désirs à un narrateur pendu à ses paroles. Karl Berline livre un témoignage haletant et très émouvant sur une vie, teintée de quelques zones d’ombre, mais aussi de très grands bonheurs, comme sa rencontre avec sa femme Hanna, à jamais dans son coeur. C’est un personnage qui ne peut laisser indifférent tant il raconte avec passion son métier d’écrivain. Partager la vie d’un écrivain n’est pas chose facile, Hanna sera présente pour en témoigner, qui n’a pourtant d’yeux que pour lui. A ses côtés, le narrateur est suffisamment en confiance pour prendre les rennes de sa vie, que ce soit pour son ébauche de roman que pour son coup de coeur envers Mademoiselle Clarisse, sa voisine de palier.

J’aimais vos silences, j’aime encore plus apprendre qu’ils se remplissent de ces mots. Cet encouragement offert par un Monsieur d’expérience suffit pour encourager le biographe peu sûre de lui, à la mémoire par ailleurs impressionnante.

Yves Simon a une plume pointue, stylée et particulièrement maîtrisée. J’ai été emportée par ses mots, ceux de Karl Berline. Faisant de ses années-lumières, une ultime requête émouvante, nostalgique, qui nous laisse un joli souvenir rempli d’espoir et d’humanité.

Publicités

10 réflexions au sujet de « « Je voudrais tant revenir » de Yves Simon »

  1. Isa

    ton billet donne très envie de découvrir ce livre … je note sur ma liste, ma pile de liste à lire s’étant considérablement réduite, je devrais pouvoir m’y mettre rapidement !

    Répondre
  2. Minou

    Avec des billets pareils, je vais devoir t’ajouter à la liste de mes « viles tentatrices » préférées, avec Hélène Choco (qui me ferait m’inscrire à n’importe quel challenge) et Tête de Litote (qui allonge beaucoup trop ma LAL) : je note tout de suite ce titre dans ma LAL. La façon dont tu en parles me donne très envie de le découvrir, d’autant plus en sachant que tu l’as autant aimé et que l’écriture est belle. J’espère qu’elle le sera autant dans La compagnie des femmes. 😉

    Répondre
  3. Ping : “La Compagnie des femmes” d’Yves Simon | Laeti's Playground

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s