« La mer noire » de Kéthévane Davrichewy

Le récit commence par le réveil de Tamouna à Paris, le jour de ses 90 ans. Toute sa famille lui a préparé une surprise pour l’occasion, ses enfants, petits-enfants, cousins, cousines… Tous sont issus de l’immigration géorgienne, lorsque le pays a été pris d’assaut par les bolchéviques lors de la révolution russe. Et ses pensées, en ce jour de fête, font le tour de sa mémoire : son enfance, l’exil pour la France, leurs interminables cachettes, et le temps qui leur a été imparti pour leur permettre de refaire leur vie plus sereinement sur le territoire français. La doyenne retrace sa vie tout en nostalgie et en émotions, son parcours de jeune fille, ses rêves, ses espoirs, ses pleurs. Et son grand amour… Tamaz. Ce garçon rencontré sur le lieu de vacances de ses 15 ans. Ce garçon que jamais elle n’a oublié et qui a continué à refaire surface tout au long de sa vie. Faisant leur chemin chaque de leur côté, ils resteront irrésistiblement attachés l’un à l’autre. Sera t-il de la partie, en ce jour d’anniversaire?

Encore une fois, j’ai dévoré cet ouvrage de Kéthévane Davrichewy, comme ce fut le cas pour « Les séparées« . Plusieurs semaines après l’avoir lu, je ressens encore toute l’émotion de ce fabuleux témoignage. Il est rempli de tendresse, de sentiments profonds et de liens familiaux indestructibles. La narration est en deux temps : c’est le « JE » de Tamouna qui est employé lorsque l’on découvre son passé, tandis que l’auteure a opté pour la troisième personne quand il s’agit de son présent. J’apprécie particulièrement cette alternance au niveau de la narration, trouvant cela dynamique. Ce fut déjà le cas avec « Les séparées », la narration étant partagée entre Cécile et Alice les deux amies et personnages principaux. Autre point commun : les allers-retours entre passé et présent.

J’étais suspendue aux mots de Tamouna, une jeune fille forte qui dû traverser des épreuves particulièrement pénibles mais qui a toujours gardé la tête haute, guidée par ses rêves d’enfin vivre sa vie de parisienne, tout en gardant une forte nostalgie pour son pays natal : « Parfois la réalité et l’imaginaire, le passé et le présent se confondent dans un monde immobile. C’est ce qu’elle a toujours souhaité. Que ses vies multiples forment un tout. » (p.153).

L’amour (familial, amical, amoureux), la mémoire et le patriotisme et enfin la poursuite des rêves sont les grands thèmes de ce roman écrit tout en finesse et en simplicité par une auteure qui est désormais l’un de mes grands coups de coeur de cette année. Je l’avoue même… j’ai préféré « La mer noire » de son autre roman « Les séparées ». Le + : la maison d’édition Sabine Wespieser qui offre des livres dans un format pratique et très très agréable à lire.

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6 réflexions au sujet de « « La mer noire » de Kéthévane Davrichewy »

  1. Ines

    Encore un livre à inclure dans ma PAL…l’histoire me plait bien et j’ai très envie de découvrir le style de cet auteur dont tu parles si bien! A voir si j’attaque par celui-ci ou les séparées ms les 2 me font bien envie;)

    Répondre
  2. Minou

    Tu m’avais déjà donné envie de le lire dans ton mail et tu continues avec cet article. J’aime assez les histoires de famille, et celle-ci semble très belle. C’est noté. 🙂

    Répondre
  3. Ping : « Quatre murs  de Kéthévane Davrichewy | «Des bulles d'air…

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