« Sur la pointe des mots » de Marie France Versailles

Le moins que je puisse dire est que cette lecture m’aura donné du fil à retordre et me laisse au final perplexe. Ce coup de coeur de Minou est venu jusqu’à moi, mais le charme n’a pas opéré, ou du moins, pas autant… J’en garde malgré tout un souvenir tendre, mais qui ne sera pas indélébile pour ma part.

« Sur la pointe des mots » relate la rencontre de deux femmes issues de deux époques différentes : la narratrice, de nos jours, découvre l’histoire de Dhuoda, une dame qui a vécu au Moyen-Âge. Elle fait sa connaissance par le biais d’un livre que cette dernière a écrit à l’attention de son fils, parti rejoindre la Cour pour y travailler. Ce Manuel, tel que Dhuoda l’a nommé, est sa propre épitaphe qu’elle dédie à son regretté fils. Au fil des pages, la narratrice se prendra d’une grande tendresse pour cette femme qui a tant souffert du départ de son seul enfant. Une affinité se tissera, les mots de l’une rejoindront ceux de l’autre. Le temps qui passe, le départ des enfants, les déménagements, la nostalgie du passé, le roman vogue sur ces thèmes chers à tout être humain qui se trouve à une période charnière de son existence.

Voilà ce que je retiens de cette lecture : un moment unique où deux personnes séparées de onze siècles, arrivent malgré tout à se retrouver dans une situation similaire et à y trouver du réconfort. Le fait est que j’ai très souvent décroché, car les propos me semblaient décousus. J’imagine ce roman plutôt comme un mélange de sentiments ressentis par la narratrice, qui part dans tous les sens et de façon déstructurée. On assiste à cette période de sa vie où ses enfants quitte le cocon familial pour voler de leurs propres ailes, et qui la projettent dans un passé qu’elle regrette, et vers un avenir qui l’intrigue, l’apeure légèrement. Je me suis souvent perdue dans la lecture, si bien que je l’ai stoppée durant plusieurs semaines, après en avoir lu la moitié. C’est seulement lorsque j’ai repris le livre en mains, que j’ai compris où voulait en venir cette femme si mystérieuse. Néanmoins, j’ai beaucoup apprécié la finesse des mots employés par l’auteure. La poésie qui se dégage du titre et de l’image de couverture en témoigne dès la première rencontre avec l’objet. A travers cette histoire improbable, que je vois finalement comme la photographie d’un moment présent, j’ai ressenti de la sensibilité et de la tendresse.

C’est ma seconde lecture (120 pages) dans le cadre du défi des cent pages proposé par La Page Manquante.

2/5

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5 réflexions au sujet de « « Sur la pointe des mots » de Marie France Versailles »

    1. Laetii

      J’ai aimé l’idée aussi mais moins la façon dont elle est développée… je m’attendais à autre chose! je t’invite néanmoins à le découvrir, il vaut le détour pour la beauté du style, et à me dire ce que tu en penses 😉

      Répondre
  1. Minou

    J’essayerai de mieux choisir quel livre t’envoyer quand je choisirai à nouveau moi-même. 😉 Je suis contente que tu aies finalement réussi à apprécier ce roman et à en percevoir toute la tendresse après une petite interruption dans ta lecture. Tu en parles encore une fois plutôt bien, mieux que moi qui me perdait dans mon admiration 🙂

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  2. La Part Manquante

    Cet ouvrage était déjà dans ma liste suite à d’autres billets exprimés dans le défi. La façon dont tu en parles est tentante malgré tout, elle vient confirmer la place de ce livre dans ma liste de lecture.
    Merci pour la partage!

    Répondre

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