« Viviane Elisabeth Fauville » de Julia Deck

Ce premier roman, repris dans la sélection du prix Femina 2012, est pour le moins original. Tant au niveau de l’histoire, que de la narration.

Viviane, la quarantaine, maman d’une petite fille de 12 semaines, que le mari vient tout juste de quitter après deux ans de mariage désastreux, pose le cadre de l’histoire. Car dès les premières pages, sans aucune pré-méditation et sur le coup de l’impulsivité, Viviane assassine son psychanalyste avec le couteau de cuisine offert par sa maman à l’occasion de son mariage. Appelée dès le lendemain au bureau de Police, Viviane sera la première surprise de retrouver le jour même sa liberté. Personne ne soupçonne en effet cette bourgeoise de 42 ans, en plein divorce, et à moitié dépressive. Elle garde néanmoins un œil sur le déroulement de l’enquête… à sa façon.

Dès le début, le lecteur se retrouve dérouté par le style d’écriture, le choix de la narration en particulier. L’auteure emploie en effet dans un premier temps le « vous », ce qui est déjà original et peu courant. Mais tout au long du récit, elle passe de cette deuxième personne du pluriel, à la troisième personne, pour reprendre de temps à autre le « je ». D’autre part, le personnage de Viviane est particulièrement complexe. Elle va aller à la rencontre des principaux suspects, en changeant continuellement d’identité, pour tenter de vérifier si l’enquête ne revient pas vers elle. Entre Elisabeth et Viviane, il n’y a qu’un pas, qu’une personne. Et pourtant tant de possibilités. Le récit étant par moment décousu, fait de flashbacks, de réflexions intérieures, on a du mal à cerner ce personnage féminin. La folie est en effet à la porte de tous événements traumatisants, ce qui lui arrive ne risque t-il par de lui monter à la tête, elle qui déjà vit une période peu réjouissante.

Je pense que c’était une manière pour l’auteure de plonger le lecteur dans une ambiance un peu floue, désorganisée, pour qu’il se mette plus facilement dans la peau de Viviane. Le tour est en tout cas audacieux et très bien ficelé à mon sens, bien qu’un peu compliqué malgré tout par moment. Je l’ai lu d’une traite, tant j’étais embarquée avec Viviane dans cette histoire de meurtre, dans ce tourbillon d’événements, dont elle est bien malgré elle le centre de gravitation. Un joli tour de passe-passe correctement géré et des personnages charismatiques pour un premier roman!

Publicités

17 réflexions au sujet de « « Viviane Elisabeth Fauville » de Julia Deck »

  1. Minou

    Je pense que ce style d’écriture très particulier est justement ce qui pourrait m’éloigner de ce roman… Ca m’effraie un peu. Je garde le titre dans la liste des « peut-être ». 😉

    Répondre
    1. letizia

      ca me tente bien,comme tout ce que tu nous proposes, mais là ca fait genre un mois que je suis sur un polar, j’arrive pas a le finir! mais j’aime pas laisser un bouquin en cours de route;)

      Répondre

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s