« Un hiver avec Baudelaire » de Harold Cobert

Du jour au lendemain, se retrouver sans emploi, sans argent, et donc sans logement. Les choses peuvent aller si vite, le cercle vicieux n’est jamais bien loin. C’est ce que nous conte Harold Cobert dans ce roman rempli d’humanité, de générosité, et de clairvoyance sur ce que l’on appelle « la rue ».

51tzaPAoJkLTout tombe d’un coup pour Philippe, et en un rien de temps. Pareil à un château de cartes. Sa femme le met dehors, il quitte inopportunément son job, et ne perçoit donc aucune aide sociale. En fin de course : la rue. En à peine quelques mois. Ce début de roman glace le dos en nous jetant aux yeux et en quelques lignes cette déchéance qui peut arriver à tout le monde. Nous arrive-t-il de réfléchir à l’importance du moindre centime d’euros? Durant cette lecture, divers sentiments m’ont traversée. Se rendre compte du luxe d’avoir un toit et de la nourriture, tout en vivant avec Philippe ce tunnel noir.

« L’avenir se vit au présent. Un présent qui ne se conjugue pas. Ou uniquement au mode infinitif. Parce qu’aujourd’hui ressemble à hier, et demain à aujourd’hui ». (p.135).

Mais attention, ce récit ne tombe à aucun moment dans le mélodrame. Il nous présente plutôt cette capacité que l’on peut développer pour s’en sortir, en se focalisant sur ce qui nous fait vibrer. Toujours garder un objectif en tête et tout faire pour s’en approcher un peu plus chaque jour. Et lorsque Philippe rencontre sur son chemin des personnes généreuses, des professionnels qui l’écoutent sans juger et des institutions résolument ouvertes aux sans-abris, la roue prend un nouveau tournant. Et puis, il y a la rencontre avec Baudelaire…

Harold Cobert narre sans fioritures, dans un style court, léger, clair, une histoire pourtant lourde de sens. Pour ces raisons, j’ai beaucoup apprécié la plume de cet auteur que je découvrais.

« Les jours s’en vont, je demeure ». (p.177)

Il brosse par la même occasion les versants de la société, lorsque tout d’un coup, tu ne rentres plus dans le moule : l’administration, les amis, les gens de l’extérieur et leur regard si évocateur. Et pourtant, à la fin de ce livre, on se sent bien. A lire donc pour passer un agréable moment, tout en apprenant sur la vie.

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6 réflexions au sujet de « « Un hiver avec Baudelaire » de Harold Cobert »

  1. Bianca

    Je note Laetii, le sujet est intéressant et du moment qu’il y a Baudelaire dans le titre je ne peux pas résister ! La couverture est belle d’ailleurs et ressemble tout à fait aux dessins de Baudelaire 🙂

    Répondre

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