« La petite dame en son jardin de Bruges » de Charles Bertin

Dans le cadre du Mois belge et sur les conseils toujours intéressants d’Anne et de Mina, j’ai débuté mon exploration de la littérature belge avec un petit bijou de poésie et de tendresse.

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Le baiser que ma grand-mère me donnait au seuil de la nuit était un rite de bonheur auquel je n’aurais renoncé pour rien au monde. (p.49)

Dans « La petite dame en son jardin de Bruges », Charles Bertin nous invite à entrer dans son intimité de petit garçon en nous présentant les souvenirs partagés avec sa chère grand-mère. Ce récit, qu’il a écrit sur le tard, dans la septantaine bien entamée, est un extraordinaire hommage à la femme qui lui apprit tant de choses, et surtout la curiosité, l’envie de se surpasser et de profiter des plaisirs quotidiens. N’ayant eu que très peu accès à l’éducation durant son enfance, c’est après la mort de son mari que la petite dame s’est ouverte aux joyaux de la littérature et aux autres formes d’art qui attisaient chaque jour un peu plus son avidité de découvertes. C’est ce qu’elle a voulu transmettre à son petit-fils chéri en qui elle croyait éperdument, lors des étés qu’il passait en sa maison de Saint-André (Bruges). Cette maison où il vécut les plus grands bonheurs de sa vie. Car ce texte n’est pas seulement une lettre d’amour qu’il adresse à sa grand-mère, c’est aussi un merveilleux tableau de la ville de Bruges qu’il peint si joliment avec une palette de couleurs et de lumières exquises.

Il y a des réalités vécues et transmises par d’autres, qui trouvent un écho particulier dans notre propre mémoire. C’est exactement ce que j’ai ressenti durant cette lecture. De nombreux états me traversaient au fil des pages, les frissons, un sourire, les yeux humides. J’eus l’impression que Charles Bertin sautillait d’un pied à l’autre, tantôt en laissant parler ce petit garçon qu’il a été, naïf et idolâtrant sa grand-mère, tantôt en revenant à la réalité d’aujourd’hui, empreint de nostalgie et d’une extrême tendresse. C’est un récit qui aborde également l’esprit d’un lieu de vie, d’une maison, d’un jardin. Comme si les murs étaient plus que de simples témoins de ces moments de vie, « J’ai toujours éprouvé le sentiment que le bonheur de vivre s’enrichissait d’une stimulation insolite sous son toit » (p.17).

Je garderai un grand souvenir de ce récit qui m’a réellement touchée et émue.

Charles Bertin, « La petite dame en son jardin de Bruges », éditions Actes Sud, un endroit où aller, 1ère éd. 1996, 159 pages.

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17 réflexions au sujet de « « La petite dame en son jardin de Bruges » de Charles Bertin »

  1. Mina

    Un très bel article, tu trouves toujours les mots pour transmettre tes émotions lors d’une lecture. Je garderai moi aussi un souvenir très ému de ce récit, ainsi que de la transmission qui s’en est faite (d’Anne jusqu’à moi, puis à toi ; un beau partage à mes yeux).

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  2. anne7500

    e ne peux pas dire mieux que Mina, je trouve que tu as des mots d’une grande justesse pour parler de ce beau roman, que j’ai très envie de relire à présent ! Merci pour ce beau billet !

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    1. Laeti Auteur de l’article

      Merci Anne pour tes gentils mots. Ce récit me poursuivra, j’ai ressenti tellement d’émotions et me suis replongée dans tant de beaux souvenirs. C’est un texte qui fait écho!

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  4. Flo

    Après avoir lu le billet de Mina il y a quelques temps, j’avais retrouvé les émotions qu’avait suscité en moi cette lecture il y a bien des années. Tu enfonces le clou (et pas qu’un peu !) alors je crois que je vais faire des fouilles archéologiques pour remettre la main sur mon exemplaire et m’y replonger avec délice. Merci pour ton billet qui rappelle combien ce livre est doux et tendre.

    (mon adresse mail « bizarre » est due à un problème entre WP et moi (enfin rien de personnel mais apparemment je suis la seule personne à avoir un pb !) : je ne peux déposer de com’ avec mon adresse mail « normale ». Tout cela pour dire que ce n’est pas du spam ou autre. De toute façon, il est facile de deviner quelle est l’adresse exacte 😉

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    1. Laeti Auteur de l’article

      Merci Flo, et ravie de te lire (n’ai pas tout compris avec ton adresse mail mais le principal est que ton commentaire soit passé entre les mailles de WP!). Je pense que ce récit gardera la même saveur après chaque lecture et tu as raison, je m’y replongerai aussi avec grand plaisir. En fait, il me manque déjà 😉

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  6. somaja1

    J’ai découvert ce texte (et l’auteur) grâce à Anne, et j’avais vraiment beaucoup aimé. Ton billet est parfait ! Il fait revenir tous les souvenirs qui ont fait de cette lecture un très bon moment.

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