« Cruise control » d’Aliénor Debrocq

debrocq_cruise_control-612x1024Ce recueil de 17 nouvelles est le premier ouvrage de la jeune belge Aliénor Debrocq, des éditions Quadrature.

A travers ces histoires, l’auteure présente des bouts de vie, à tendance plutôt sombres, et des personnages souvent marqués par une rupture : un licenciement, une rupture amoureuse, des complications familiales, un décès, un exil…

Dans un recueil de nouvelles, on s’attend à découvrir un lien entre les histoires, qui se dévoilerait au fur et à mesure de la lecture. Dans « Cruise control », celui-ci est plutôt compliqué à discerner, voire, absent. Si ce n’est l’extrême ressemblance entre les personnages, qui sont pour la plupart des femmes âgées entre 20 et 40 ans, ayant connu un échec, possédant un caractère bien trempé, ou encore, qui se trouvent à un tournant de leur vie.

Je n’ai pas l’habitude de lire des nouvelles, je pense d’ailleurs que ce fût ma première expérience. De ce fait, j’ai parfois ressenti une chute rapide, ou même avortée. Si certains textes me paraissaient aboutis, aux décor et personnages correctement plantés, d’autres au contraire m’ont paru vite « expédiés ». Ceci étant, je retiens de cette lecture un dépaysement certain tant au niveau du fond que de la forme.

De la forme, on en vient justement… « Cruise control » est en effet déroutant (c’est le cas de le dire haha!) pour son style d’écriture. C’est d’ailleurs ce qui lie les histoires, plus que la présence d’un élément commun aux sujets explorés. Défini par de nombreuses répétitions, le style choisi est très oral flirtant de temps en temps avec quelques vulgarités, comme dans « Marlène » ou « Tambouille tandem », mais qui permettait cependant de s’intégrer davantage dans l’univers proposé. L’emploi à plusieurs reprises de la 2ème personne du singulier était également perturbant, cela se ne rencontre pas souvent, mais qui collait finalement bien au style parlé. La lecture débute fort avec « Les douze volées », avec un TU dominant (celle que j’ai particulièrement aimée).

Tu voudrais retourner te coucher, plonger sous la couette, oublier, dormir donc oublier, mais tu sais déjà qu’au réveil rien n’aura changé, partout où tu iras tu n’entendras que l’absence de sa voix. C’est la première fois, le premier jour, tu te dis que demain ça ira mieux, le lendemain tu te le répètes, c’est une première fois qui va durer longtemps, longtemps, avant que le mur blanc soit redevenu un simple mur blanc. » (p.7).

Je ressors de cette lecture principalement curieuse. Curieuse de lire d’autres recueils, pour faire la comparaison des styles. J’en aurais bien l’occasion car je rejoints avec plaisir mes camarades du mois belge pour le challenge « A la découverte de Quadrature » organisé par Mina.

J’ai aussi aimé cette palette de personnages ébranlés, ou au contraire, en plein envol. Avec cependant quelques attentes non comblées.

Aliénor Debrocq, « Cruise control », Editions Quadrature, 2013, 115 pages.

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6 réflexions au sujet de « « Cruise control » d’Aliénor Debrocq »

  1. Mina

    Je suis ravie que tu nous rejoignes et que tu découvres les nouvelles à cette occasion. 🙂 Il n’y a pas forcément de lien dans ces recueils, ça dépend d’un auteur à l’autre et de la façon dont il a conçu son projet. Certains recueils rassemblent par exemple des nouvelles éditées en revue, sans qu’un thème commun les réunisse.

    En ce ce qui concerne ces nouvelles-ci, j’en étais curieuse, mais ce que tu dis du style me fait reculer : j’apprécie peu le style parlé, même si je reconnais qu’il s’adapte bien à certains sujets.

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    1. Laeti Auteur de l’article

      En lisant Agnès Dumont, j’ai saisi les différences que peuvent présenter les recueils. Par curiosité, Cruise control est à découvrir! Les nouvelles ne sont pas toutes appréciables au même niveau, certaines sortent plus du lot. J’ai passé un agréable moment à les lire, et surtout, c’est un format qui correspond à mon emploi du temps du moment.

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  2. keisha41

    De temps en temps, les nouvelles, c’est un format parfait. Tu verras, certains auteurs proposent des nouvelles de plusieurs dizaines de pages .
    Comme je suis en décalage je lis actuellement un recueil du belge Quiriny, que je compte caler dans le mois de la nouvelle de Flo, puisque le mois belge est terminé.

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  3. anne7500

    Les nouvelles à chute c’est bien mais j’aime encore mieux les nouvelles plus longues qui t’installent dans une ambiance, prennent le temps de camper les personnages et te racontent une histoire. Je viens de lire quelques nouvelles d’Alice Munro pour mon club de lecture et j’aime vraiment ce genre-là ! Tu as lu lequel d’Agnès Dumont ?

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    1. Laeti Auteur de l’article

      J’ai trouvé un compromis (le mien en tout cas) avec Agnès Dumont (Demain, je franchis la frontière) où la chute est présente, mais à l’issue d’une histoire mieux plantée, davantage décrite. J’ai préféré. J’ai beaucoup aimé ce recueil, dont je partage l’avis ce soir 🙂 J’ai repéré le nom d’Alice Munro chez toi hier et je me suis empressée de le noter!!

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