« A l’ombre de la fête », de Marie France Versailles

Elle a décidé de consacrer cette matinée libre à la rédaction de son petit discours et voilà que tout se mêle, l’enfance de son père sur laquelle sa tante a entrouvert une porte, la sienne, celle de ses filles, comme celles de tous ces hommes et ces femmes qui livrent au vent quelque chose d’eux et disent avec leurs mots la force et la fragilité de la vie. » (p.91 – Laurence)

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Dans ce recueil de nouvelles, il est bien question de cela: la force et la fragilité de la vie. Celle qui nous encourage à poursuivre nos rêves guidés par une passion dévorante, celle qui nous emmène dans les recoins de la ville pour retrouver un enfant en fuite, celle qui nous pousse à poser des mots sur une blessure encore vive. Et c’est aussi la fragilité des sentiments, des interrogations sur sa moitié qui surgissent après un appel téléphonique douteux ou des absences à répétition, les remises en questions lorsque l’on se retrouve seul durant une journée de boulot.

Au travers des 6 nouvelles composant « A l’ombre de la fête », Marie France Versailles ouvre une porte sur l’intimité des membres d’une même famille, ébranlés par des petits soucis quotidiens, ou les gros doutes surgissant face au poids du temps. Une grande famille de 5 enfants qui s’apprête à organiser une belle fête d’anniversaire pour les 80 ans de leur papa. Et comme bien souvent, c’est lors des réunions de famille que se dévoilent les secrets durablement enfouis.

J’ai particulièrement apprécié la douceur qui se dégage de ces portraits, et la façon dont Marie France Versailles présente les choses, dans un style limpide, agréable, et misant sur des descriptions détaillées. Le thème de la famille, celle qui d’une part garde des profonds secrets, et celle d’autre part  qui permet l’existence de liens fraternels forts et solidaires, m’attire naturellement. Ce joli recueil présente une famille ordinaire, qui nous parle forcément. J’ai été séduite par l’ambiance feutrée qui s’en dégage, agrémentée de jolis tableaux sur les saisons et le temps qui passent.

« Elle ouvre le carnet, l’aplatit sous la paume de la main, saisit son stylo. Encadré par la fenêtre, le jardin a l’immobilité d’un tableau où seul le feuillage du saule trahit le passage du vent. » (p.91 – Laurence).

Bel hommage aussi au livre,  à l’écriture, et à leur rôle en tant qu’échappatoire, voire guérisseur, d’un quotidien routinier, laissant une ouverture vers un peu de fantaisie.

Ces nouvelles m’ont permis d’entrer dans des histoires plus longues, m’offrant un autre aspect du format. Au final, je suis tellement séduite par les nouvelles que je les apprécie aussi bien courtes et incisives, que longues et détaillées.

Une autre contribution au challenge de ma chère Mina! Son avis sur cette lecture, ainsi que celui de Maryline.

Marie France Versailles, « A l’ombre de la fête », Editions Quadrature, 2010, 127 pages.

 

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7 réflexions au sujet de « « A l’ombre de la fête », de Marie France Versailles »

  1. Mina Merteuil

    Je savais que ces nouvelles te parleraient, je suis contente d’avoir vu juste et plus encore que tu sois si séduite par ce genre littéraire !
    Sans avoir été aussi séduite que toi, je me suis senti bien dans ces histoires, comme dans un lieu familier retrouvé.

    Répondre
    1. Laeti Auteur de l’article

      J’ai aimé la direction prise par l’auteure, proposer différentes histoires, qui, prises à part, existent par elles-mêmes, et qui possèdent cependant un élément qui les unit.

      Répondre
  2. Ping : A l’ombre de la fête |

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