« La blancheur qu’on croyait éternelle » de Virginie Carton

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Une musique d’ambiance… Ba da ba da da da da da… Ba da ba da da da da da…

Un homme. Une femme. Sur une plage à Deauville. Retour en 1966.

Vous vous souvenez?

Sauf que… dans « La blancheur qu’on croyait éternelle », l’homme, et la femme, vivent leurs tribulations chacun de leur côté, en marge d’une société moderne dans laquelle ils ne retrouvent pas du tout. MDR? Sextos? facebook? késako?!

Lucien, 37 ans, est pédiatre. Il vient de se mettre à son compte et de s’installer dans un immeuble à appartements parisien. Célibataire depuis plusieurs mois, il recherche en la femme idéale un peu de Romy Schneider, d’années 70 et un goût certain pour le maintien d’anciennes traditions (comme envoyer chaque année une carte de voeux à ses parents, écrite à la main, bien entendu).

La femme, c’est Mathilde, 34 ans, employée dans une chocolaterie alors que sa mère la tanne à devenir directrice commerciale, célibataire et toujours touchée par sa séparation avec Julien datant de… 10 ans.

Ils vivent dans le même immeuble, mais ils ne le savent pas.

Dans ce livre, le dicton « Mieux vaut être seul que mal accompagné » prend écho à travers le quotidien de ces jeunes personnes aux habitudes ringardes, « plan-plan ». Rêveuses et mélancoliques, elles s’imaginent un jour tomber sur la perle, qui sera comme elles. Un peu Romy. Et un peu Jean-Louis.

Du coup, elles préfèrent vivre dans leur petit cocon personnel, isolées de (presque) tous, pour se délecter des mille et une petites choses qui leur font du bien : se replonger dans un vieux film des années 60′, être en pyjama à 20h30 et suivre « Miss France » à la télé, partir seul en Bretagne, ou à Deauville, et ne se soucier de rien ni de personne. Quelques souvenirs et anecdotes de jeunesse parcemés ça et là, rendent compte du poids des déceptions, parfois même de l’humiliation, qui pèse encore sur eux aujourd’hui.

Virginie Carton offre une histoire fluide qui se veut légère, attachante, ironique, et authentique. Elle se lit comme on écoute sa chanson préférée. Un moment agréable. Et en plus, elle écrit « vrai », sur ce qui nous a touchés, les blessures du passé qui continuent à nous traverser. Des mots vrais, résonnant pour n’importe qui :

On porte en soi des images de films, des chansons qui surgissent à des moments inattendus de nos vies, qui font de nous quelqu’un ayant appartenu à une époque. Il nous reste des empreintes de ces histoires qui nous ont marqués, de ce temps où nos vies étaient vierges et où l’on croyait la blancheur éternelle. On voulait que notre vie ressemble à ce moment-là, à ce plan parfait. » p.165

C’est une invitation à parcourir les belles années, celles de l' »Eté Indien », « Hélène », « Foule Sentimentale ». Agrémenté à chaque page d’une référence musicale ou cinématographique, c’est un bonheur pour les souvenirs et le moral. Lorsque vous entrez dans cette machine à remonter le temps, vous ne pourrez plus en ressortir sans une pointe de nostalgie et vous exclamer « aah… qu’est-ce que c’était bien avant! ». On en ressort avec le sourire. Et en tête, les mots de Souchon, « Passez l’amour à la machine. Faites le bouillir. Pour voir si les couleurs d’origine, peuvent revenir. »

Le plus: la playlist du roman, aux dernières pages.

Virginie Carton, « La blancheur qu’on croyait éternelle », Editions Stock, 2014, 222 pages.

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18 réflexions au sujet de « « La blancheur qu’on croyait éternelle » de Virginie Carton »

  1. Mina

    Je ne pense pas qu’une telle lecture serait ce qu’il me faudrait pour le moment, mais ça a l’air agréable (et les références musicales pourraient me parler, tout arriverait donc !) : une lecture doudou ? Ou pas tout à fait non plus ? Ca me fait un peu penser à Yves Simon que nous avions lu ensemble…

    Répondre
    1. Laeti Auteur de l’article

      Doudou ou pas Doudou? Pas évident de répondre, je trouve qu’il est à la limite. Justement pour la légèreté, les bons sentiments. Mais tout n’y est pas rose non plus. Il soulève quelques marques du passé, les problèmes familiaux, sentimentaux. Et surtout, il n’y a pas une touche de mièvrerie, ouf! Dès que tu en fais le signe, je te le prête avec plaisir.

      Répondre

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