« Petits moments de bonheur volés » de Francesco Piccolo

photo(4)Généralement, je suis bonne cliente des romans et récits sur les petits bonheurs du quotidien à la Philippe Delerm. Je n’ai donc pas hésité très longtemps en apercevant cet ouvrage à la bibliothèque, sorti en janvier de cette année, et à la couverture particulièrement jolie. Mais… la sauce n’a pas tellement pris.

La 4ème de couverture nous invite à parcourir toutes les petites choses qui font sourire Francesco Piccolo et autres anecdotes qu’il pioche de son quotidien à Rome. Justement cette ville, qu’on découvre chère au cœur de l’auteur, a une place prépondérante dans ses anecdotes : la façon dont les gens y vivent, de jour comme de nuit, sa circulation infernale, les rencontres improbables vers lesquelles elle nous pousse, le bruit, les touristes… Francesco Piccolo nous fait régulièrement voyager parmi les rues romaines et traduit de façon assez plaisante l’ambiance qui s’y propage. Je me suis par exemple facilement plongée dans l’atmosphère de fin d’été d’un mois d’août où la vie « normale » reprend le pas sur les mois de tourisme effréné. Il revient aussi, avec un sourire aux lèvres que l’on imagine, à ses premiers pas dans cette grande ville où il avait l’impression d’être un extra-terrestre. C’est en tout cas un bel hommage à sa ville d’adoption.

Or, même si j’ai régulièrement souri en lisant ces bribes du quotidien, qui ne sont pas sans rappeler son propre vécu, je suis restée en surface de ce texte. La réussite est d’avoir utilisé des clins d’œil qui parlent à tous, de permettre à tous les lecteurs de s’y retrouver. Ceci étant, contrairement à Philippe Delerm qui y ajoute ce petit supplément d’âme, cette touche subtile et si agréable à lire, je n’ai pas retrouvé de poésie dans les écrits de Francesco Piccolo. J’avais plutôt l’impression qu’il s’agissait d’une liste formelle de ce qui l’entoure. Ce qui me semblait bien contradictoire par rapport à un si joli titre et sa délicate couverture.

Un élément qui m’a particulièrement dérangée: le choix de l’auteur de passer par la citation très courte de ces moments, à des histoires personnelles davantage décrites, qui auraient pu sans difficulté être reprises dans un recueil de nouvelles.

C’est donc une petite déception que j’ai peiné à terminer.

Quelques extraits sympas malgré tout :

« Quand ceux qui font la bise pour dire bonjour font vraiment des baisers avec des lèvres humides, je suis très fort pour guetter le moment où ils ne me regardent pas pour m’essuyer la joue du revers de la main. » p.78

« Toutes les choses qu’il faut faire, j’aime les reporter ou les avoir déjà faites. » p.108

Francesco Piccolo, Petits moments de bonheur volés, Editions Denoël, 2014, 133 pages. Traduit de l’italien par Anaïs Bokobza.

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2 réflexions au sujet de « « Petits moments de bonheur volés » de Francesco Piccolo »

  1. sous les galets

    Tu sais, je pense vraiment que c’est un exercice difficile que celui de mettre en page les petits bonheurs quotidiens. Delerm a trouvé exactement le bon dosage, mais j’ai bien l’impression qu’il est le seul mine de rien, car l’écueil de la liste est bien là.
    Ceci dit, comme toi, avec une couv, un titre et un décor pareils, je me serais jetée dessus.
    Bon dimanche

    Répondre

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