S’il déclare dans son titre que les héros ne portent pas de slip rouge, Axel Sénéquier ne se focalise pas uniquement sur les sous-vêtements de ses personnages, dans ce nouveau recueil de nouvelles. Il dessine surtout une belle palette de personnages modestes, discrets, qui deviennent tôt ou tard le héros de quelqu’un, ou bien leur propre guide. Le lecteur se délectera sans aucun doute de ces héros de l’ombre qui, en plus d’être touchants, donnent le sourire à l’issue des situations bien souvent cocasses imaginées par Sénéquier.
Si l’écriture est simple et facile, elle n’est pas pour autant sans effets. Au travers de chaque histoire, j’ai ressenti le même plaisir qu’une balade en plein air : agréable, qui fait du bien. Ce sentiment, je le dois sans aucun doute à la bienveillance qui caractérise ces hommes et ces femmes qui composent les 12 nouvelles de ce recueil. Que ce soit réfléchi, ou bien malgré eux, ils changent le cours d’une vie, rendent le sourire à une personne, ou un groupe de personnes, qui se trouvent dans une situation embarrassante. A d’autres moments, ces (anti)-héros décident de reprendre la main sur leur vie et d’en changer l’orientation en faisant quelque chose d’incroyable.
Un lien n’apparaît pas forcément entre ces aventures, même si l’art est présent, qu’il soit le décor ou l’intrigue : un homme profite d’une prise d’otage au cinéma pour enfin endosser le rôle de sa vie ; une peinture affreuse d’un animal à l’agonie ou comment un bien hérité retournera complètement son nouveau propriétaire ; une jeune fille devient soudainement radieuse sur les planches du théâtre après la réception de mystérieux messages de soutien. Les autres vécus prendront place dans des lieux plutôt communs, comme une maison de retraite, un cabinet de psychiatre, les rayons de Ikea ou encore une réunion pour fermeture d’usine.
Je l’avoue, certaines m’ont fait franchement rire. Et c’est parce que l’auteur a misé sur l’humour, sans tomber dans le ridicule, pour parler de ces figures du quotidien, qui peuvent paraître banales sur le coup voire ringardes, mais qui sont au final très attachantes.
Je ressors de cette lecture avec la sensation d’avoir traversé une vague de fraîcheur, après avoir côtoyé des gens sympathiques et bienveillants, comme on aime tant en rencontrer. Les amateurs de suspens n’y trouveront sans doute par leur compte, car l’enchaînement est souvent prévisible. Mais il y reste toujours cette petite surprise, la note positive, à la fin qui fait virevolter les scénarios envisagés.
Une lecture agréable, à déguster en toute modestie, pour prendre l’air.
(Service presse reçu de l’éditeur).
Participation au mois de la nouvelle de Flo et au challenge de Mina « A la découverte de Quadrature ».
Axel Sénéquier, « Les vrais héros ne portent pas de slip rouge », Editions Quadrature, 2014, 128 pages.
Je ne sais toujours pas qu’en penser. Si tout le monde est gentil ça va m’énerver 😀 En revanche, ça doit te changer de Baldacchino et de Keegan 😉
Tu ne crois pas si bien dire, c’était un moment récréatif par rapport aux précédentes lectures. Et je les apprécie beaucoup ces moments 😉
J’aime le titre, mais effectivement je crains quelque chose d’un peu trop bienpensant….et vu que je ne suis pas très nouvelles…
C’est sympa et sans « chichis » malgré tout.
J’aime bien les histoires qui procurent de l’émotion, rire, peur… et là tu dis que certaines t’ont fait rire, alors je note ce recueil. Faire rire je trouve que c’est ça le plus difficile.
Tu me donneras des nouvelles de la première nouvelle ou encore de celle qui a donné son titre au recueil : vraiment comique!
Sympa mais sans plus on dirait? Bisous
Non franchement à découvrir, j’ai passé un bon moment à lire ces histoires!
Ce n’est pas forcément ce qui me tente en ce moment mais je le note pour un moment où j’aurais besoin d’un peu de légèreté 🙂
Ton article confirme mes impressions à la lecture des premières pages, cela semble être un recueil sympathique, mais un peu trop pour m’être destiné. Je peux apprécier les histoires simples, mais je les préfère plus noires indéniablement (et surtout ne cherchant pas explicitement à me faire sourire). Tant mieux si tu as passé un bon moment, et merci pour ta découverte assidue de Quadrature avec moi.