« L’eau du bain » de Dominique Loreau & Loustal

L-EAU-DU-BAIN-1Avec ce recueil de nouvelles, Dominique Loreau nous invite dans un monde étrange, aux situations invraisemblables, où les banalités sont mêlées au loufoque. Les 11 histoires sont caractérisées par un revirement de situation incroyable et déstabilisant. J’ai eu le sentiment, plusieurs fois, d’être laissée sur le carreau, décontenancée par une chute, excellente, mais inattendue.

Parmi ces histoires, souvent racontées à la première personne, un vieil homme est enfermé tout entier dans un aquarium, un couple se perd en plein désert et rencontre des vendeurs d’enfants, une femme tombe nez à nez avec un inconnu dans son propre lit, un bébé est absorbé par l’eau du bain…

Le style est agréable et fluide, m’embarquant bien volontiers dans ces scènes abracadabrantes. L’auteure manie l’humour à différents degrés, amer, noir, malsain. D’autres nouvelles, celles que j’ai préférées, sont plus douces, comme celle qui ouvre ce petit livre, intitulée « Les choses en face » : une dame est coincée avec un homme lors d’une réception et essaie de s’en défaire par tous les moyens. Un brin moqueur, une scène qu’on a tous vécu, terminée le sourire aux lèvres.

C’est donc ces ambiances particulières et étranges que je retiendrai du titre, davantage mises en valeur, à mon sens, que les personnages ou le fond des histoires.

Il s’agit du premier recueil de nouvelles de Dominique Loreau, dont elle a déjà su cerner avec talent le maniement de la chute, de la concision, tout en faisant voyager son lecteur. Il me tarde de lire son roman « L’ombre dans le miroir », également paru aux éditions Esperluète.

« L’eau du bain » offre du dépaysement et une coupure idéale avec d’autres lectures en cours. Les textes sont merveilleusement accompagnés d’illustrations sobres et précises, que j’ai beaucoup appréciées. Elles apportent la touche concrète à ces atmosphères plus floues.

« Je me laisse emporter par une vague d’ivresse qui finit par me submerger et m’effrayer. Je vole si haut que j’en ai soudain le vertige. Comment redescendre? En mangeant. Mais il devient impossible d’avaler tout ce que j’engouffre en parlant. Je commence à étouffer sous le regard souriant d’un petit homme chauve qui m’écoute passionnément sans s’apercevoir de mon inconfort. » (p.10 – Les choses en face)

Une contribution au challenge de Mina « A la découverte des éditions Esperluète« .

Dominique Loreau (nouvelles) & Loustal (dessins), « L’eau du bain », Editions Esperluète, 2004, 72 pages.

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4 réflexions au sujet de « « L’eau du bain » de Dominique Loreau & Loustal »

  1. Mina

    Je crains que ce ne soit trop « original » pour moi, cette fois… J’attendrai ta lecture du roman de Dominique Loreau pour savoir si elle reste dans cette veine déstabilisante. Il y a aussi un peu de fantastique dans ce recueil avec le bébé absorbé par l’eau du bain, ou je me trompe ?

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    1. Laeti Auteur de l’article

      C’est bien ça, du fantastique, de l’invraisemblable pour la majorité des histoires. Elle bouscule les habitudes et les codes, c’est ce qui fait tout l’intérêt de cette lecture.

      Répondre

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