« Les fausses innocences » d’Armel Job

Qu’est-ce donc que cet entêtement de la nature humaine à piétiner ce qui s’offre pour courir après ce qui se refuse? (p.166)

Armel Job est un écrivain francophone belge dont j’apprécie la sérénité qui se dégage de ses propos. D’après les avis déjà lus sur ses écrits, il semble à chaque fois s’attacher à une partie géographique de la Belgique, à proposer des personnages charismatiques, et à poser de vraies intrigues. Cet auteur a été particulièrement lu durant le dernier mois belge, rendant mon envie de le lire encore plus vive! Je l’ai donc découvert avec « Les fausses innocences »!FullSizeRender

L’histoire se déroule dans les cantons de l’est de la Belgique, qu’on appelle aujourd’hui la communauté germanophone. Comme tous les samedis, le bourgmestre de Niederfeld se rend au bordel à la frontière allemande pour son petit plaisir hebdomadaire, lorsque, au retour, il croise sur sa route (en pleine tempête, drache nationale, plein de feuilles partout, sol hyper glissant…), le docteur du village. Ce dernier lui apprend qu’il est sur le point de tout plaquer et de quitter sa femme, Mathilda. Mais ce qu’il ignore, c’est que Robert, le maire, a toujours été fou amoureux d’elle. Il l’oblige donc à rebrousser chemin et à ne plus jamais envisager de faire une chose pareille. Le lendemain, la douce Mathilda se rend à la maison communale pour informer Robert du décès de son mari. Que s’est-il passé durant cette nuit apocalyptique?

Le mystère autour de la mort du docteur Stembert planera au-dessus des 213 pages de ce roman chargé de rebondissements, de surprises, de fausses pistes et de révélations croustillantes.

Le bon point de ce roman : avoir situé son intrigue dans cette partie du pays, qu’on oublie. Entre l’éternelle querelle flamands-wallons, il n’y a plus de place pour les germanophones! J’ai aimé m’y promener, ressentir la grande proximité entre les habitants, propre aux villages où tout le monde se connaît, et où il est évidemment bien difficile de tenir un secret!

Par ailleurs, Armel Job met là en scène un personnage exceptionnel, ce bon Robert Müller, bourgmestre bien malgré lui! Ce vieux jeune homme m’a beaucoup fait rire, collé aux baskets de sa maman, lui demandant presque l’autorisation de minuit. Amoureux transit, il entrevoit la possibilité, avec la mort de Stembert, de récupérer sa promise, après tant d’années à rêver d’un avenir commun. A lui de tirer sur les bonnes ficelles!

Il y a dans ce roman une partie « enquête » qu’on mène bien volontiers avec Robert, en croisant la route de personnages tout aussi originaux comme Joseph, Wanda, ou sa maman, mais il y a surtout un ton, une musique, un humour, une ambiance vieillotte, qui m’ont séduite. L’intrigue se déroule petit à petit, entrecoupée de retours dans le passé pour mieux comprendre ce qui a forgé ces personnalités atypiques, tout en captant l’attention du lecteur jusqu’à la fin car… les apparences sont souvent bien trompeuses!

Armel Job, « Les fausses innocences », Editions Robert Laffont, 2005, 213 pages.

Titre aperçu chez Anne, un auteur qu’elle donne envie d’aimer. Pour ma part, c’est bien parti!

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5 réflexions au sujet de « « Les fausses innocences » d’Armel Job »

  1. Le livre d'après

    Je n’ai encore jamais rien lu d’Armel Job, bien que plusieurs amies m’aient parlé de lui. Je pense que celui-ci pourrait me plaire, surtout parce qu’il évoque les cantons germanophones qu’on oublie trop souvent en Belgique ! Je le note.

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    1. Laeti Auteur de l’article

      C’est Anne (Des mots et des notes) qui m’a donné envie de lire cet auteur! Même si j’ai apprécié celui-ci, je suis restée quelque peu sur ma faim. Mais il y a tellement de titres à découvrir, que ce ne sera pas compliqué de réitérer l’expérience! Je filerai voir ce que tu en as pensé quand tu l’auras lu!

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  2. Mina

    J’aime beaucoup ton introduction et ce que tu dis de l’auteur avant ton avis sur le livre même. Cette sérénité me tente, davantage que le sujet à vrai dire. Je tenterai peut-être un autre titre de l’auteur, à l’occasion.

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    1. Laeti Auteur de l’article

      Avec du recul, ce titre me laisse avec une sensation de « trop peu » que je comblerai avec une autre lecture. Je n’ai que l’embarras du choix avec tous les romans à la bibliothèque! Je suis curieuse de voir vers quel titre tu poseras ton premier choix..

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  3. Ping : « De regrettables incidents  d’Armel Job | «Des bulles d'air…

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