« Des nouvelles de Mons » (Collectif)

Ce recueil édité chez l’excellente Luce Wilquin propose 10 histoires écrites par des auteurs belges, dont certains sont natifs du Hainaut, mettant en lumière la ville de Mons. Pour les français, il s’agit du chef-lieu de la province de Hainaut, située en Wallonie, à 1h de Bruxelles et de Lille, près de la frontière française à quelques kilomètres de Maubeuge. Cette ville a été fortement mise à l’honneur en 2015, en devenant « capitale européenne de la culture ».

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Ce sont de très jolies histoires qui nous sont présentées dans ce recueil, où les auteurs partagent un attachement sensible à cette ville. Ils évoquent chacun à leur tour, de façon différente, une atmosphère, une rencontre, une observation, au détour des rues montoises. Ce qu’ils témoignent est, je peux vous le certifier, assez fidèle à ce qu’on peut rencontrer dans la cité du Doudou. La Ducasse de Mons justement, plus familièrement appelée « le Doudou », n’a pas une place prépondérante, étonnamment, (car il s’agit de l’événement de l’année qu’attendent tous les montois!), mais elle laisse plutôt place au mythe de saint Georges et du dragon.

Il s’agit donc ici d’une invitation à se balader, à reconnaître des façades, à sourire aux personnes que l’on croise, à accepter le café d’un inconnu. Les atmosphères sont très présentes et c’est véritablement celles-ci qui m’ont séduite. Atmosphère de rue (à pavés évidemment!), de parcs, de lieux plus cachés qu’enferme le centre historique. Au gré des saisons, tantôt plus froides, tantôt lumineuses, sur le banc au beau milieu d’un espace vert, ou en terrasse sur la splendide Grand-Place, tous nous rappellent ce qui participe au charme de cette ville, entre modernité et architecture d’époque.

Les personnages qui se dessinent parmi ces courts textes sont assez diversifiés également, ce qui renforce le plaisir de l’évocation, le fait qu’elle se fasse à travers plusieurs voix. Elle est enfantine avec Nicolas Ancion et son très tendre « Georges et les dragons », féminine et sensuelle dans « A Mons un matin » avec Malika Madi et masculine dans « Le beffroi de mon jardin » de Rémi Bertrand. J’ai retrouvé la belle plume de Françoise Houdart, découvert celle de Toni Santocono, teintée d’humour. Daniel Charneux, qui a dirigé ce projet, y a également apposé sa plume.

Indéniablement, on est face à des textes de qualité, percutant dès les premiers mots, et dont la narration est incroyablement menée, avec parfois un effet de surprise à la fin qui accroît le bonheur de lecture.

Peut-être y ai-je été plus sensible, connaissant aussi bien cette ville où je travaille et vit? La superposition entre les mots, et les images réelles qui me venaient naturellement, est frappante!

Daniel Blampain, cité par Daniel Charneux dans sa préface, fait part de son « souhait de pérenniser la tradition du livre comme objet de cadeau ». Celui que je garde entre les mains en est un parfait exemple, merci Mina!

J’aurais bien voulu trouver une vraie légende, un bout de rêve, une histoire qui me fasse rêver. J’ai grandi, je me suis marié, j’ai évité de fumer des cigarettes mais je n’ai jamais retrouvé la magie de saint Georges et de mes combats imaginaires, casserole sur la tête, couvercle en guise de bouclier, quand j’attaquais les fauteuils du salon. (p.29 – « Georges et les dragons »).

Lecture dans le cadre du Mois belge d’Anne et Mina, pour le rendez-vous autour de la nouvelle

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Collectif, « Des nouvelles de Mons », Editions Luce Wilquin, 2010, 95 pages.

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12 réflexions au sujet de « « Des nouvelles de Mons » (Collectif) »

  1. anne7500

    Deux billets sur Bruxelles noir et un sur Mons chez toi, les nouvelles sont triplement belges aujourd’hui ! (Je coplète demain avec un petit ouvrage sur Tournai, mais beaucoup moins bien que vos livres du jour).

    Répondre
  2. Flo

    Le billet que j’attendais ! 😉 J’ai l’impression qu’il vaut mieux connaître Mons pour apprécier pleinement et passerai donc mon tour mais j’imagine le plaisir renforcé quand on connaît les lieux.

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    1. Laeti Auteur de l’article

      Effectivement, elles peuvent parler davantage aux montois, avec les références aux lieux et rues que l’on connaît bien, mais pour les non-montois, ça peut -être une très jolie façon de découvrir la ville.
      Ceci étant, il serait, je pense, assez facile de « simplement » se laisser bercer par ces jolies histoires, qui peuvent être tout à fait appréciées en les imaginant hors de ces lieux. Celle sur les différentes légendes de saint Georges et du dragon peuvent être comprises sans connaître la légende de Mons, par exemple, ou celle écrite par Françoise Houdart, qui nous parle d’une « liseuse à un chat » se passe dans une maison quelconque. S’il t’intéresse, je t’invite vraiment à le parcourir, sans aucune hésitation!

      Répondre
      1. Flo

        Merci pour tes éclaircissements. Le livre n’étant pas à la biblio et moi-même étant en année sans achat, j’attendrai que Mina le lise pour avoir un second avis.

  3. Ping : Le Mois belge, Saison 3 : le récap’ |

  4. Mina

    Je vais te poser un peu la même question qu’à Anne et en parallèle à la réponse que Flo y apporte : est-ce que tu crois que c’est un ouvrage « réservé » aux Montois ou que quelqu’un qui n’a jamais vu la ville pourrait apprécier ces histoires ? Je suis en tout cas très heureuse qu’il t’ait plu et t’ait emmenée en balade littéraire dans ta ville. 🙂 Concernant la remarque du livre-cadeau, je l’ignorais en te l’offrant ! Je réalisais parfaitement la visée du livre sans le savoir.

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    1. Laeti Auteur de l’article

      Je te renvoie à ma réponse à Flo, mais toi qui n’est pas une « inconnue » de Mons, tu t’y plairais à coup sûr!! Je te le prêterai, s’il t’intéresse. Il est parfait comme cadeau, et j’aime cette idée de transmission, pour perpétuer cet hommage à la ville.

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      1. Mina

        Je veux bien que tu me le prêtes à l’occasion, ça me plairait de reconnaître certains lieux, et surtout de retrouver des auteurs que j’ai déjà lus. 🙂

      2. Laeti Auteur de l’article

        Oui, tout le plaisir est là aussi! Dans les autres textes proposés, mais non sélectionnés pour ce recueil, il y avait aussi Françoise Pirart et Aurelia Jane Lee. ça m’aurait plu de les retrouver ici.

    1. Laeti Auteur de l’article

      Les histoires ont forcément un goût particulier pour les montois, c’est très poétique, tendre, doux, et rend superbement les lieux que l’on apprécie déjà ici (le beffroi, la place du parc, la grand-place, ….).

      Répondre

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