« Mauv@ise connexion » de Jo Witek

Il m’a fait le coup du prince super charmant, surper bluffant, et moi, j’y ai cru. J’ai plongé la tête la première dans cette belle romance rose bonbon. C’était si doux entre nous…

A 14 ans, Julie rêve de percer dans la mode, faire des shootings photos, poser devant l’objectif, ressembler à toutes ces jolies filles si sûres d’elles. Sa maman s’y oppose fermement et les disputes sont de plus en plus fréquentes entre elles d’eux. Un soir où une énième crise éclate, Julie s’enferme dans sa chambre et chercher à tout prix à en discuter avec quelqu’un : elle s’inscrit sur un nouveau chat sous un pseudonyme, Marilou, et ment sur son âge en se vieillissant de deux années. Elle commence immédiatement une conversation avec Laurent, un gars de 20 ans, photographe de mode à Paris. Julie y trouve une oreille attentive, un allié, mais aussi le moyen de se fondre sous d’autres apparences. Avec Marilou, elle est plus confiante, plus sexy, se maquille à sa guise,… Cette rencontre qui pouvait sembler banale au premier abord, va vite virer au cauchemar pour Julie.

Jo Witek y va très fort sur le sujet pour sensibiliser le jeune public fortement exposé aux dangers des rencontres virtuelles. Pour ce faire, elle utilise des arguments qui fonctionnent particulièrement bien dans ce cas : la jeune fille en opposition avec ses parents, qui se sent seule, un peu naïve. Julie est aussi très curieuse de l’amour et est impatiente de rencontrer LE garçon qui la fera chavirer. En bref, c’est une proie facile. La relation que l’auteure imagine entre Julie-Marilou et Laurent va très très vite. Les mots sont d’abord doux, bienveillants, puis plus séducteurs. En quelques mois, ces échanges passent du stade de harcèlement moral, à celui de harcèlement sexuel. Julie se referme sur elle-même, rejette sa meilleure amie Katia qui avait tiré la sonnette d’alarme, ses notes chutent. La jeune fille devient l’ombre d’elle-même, incapable de refuser les directives de Laurent, et dégoûtée de la tournure que cela prend. Le lecteur assiste à la montée en flèche de ce mal-être, prenant rapidement les contours d’une dépression.

« Un jour, je serai dans ses bras, un jour il m’épousera ». C’est ce que je me répétais en prenant des poses suggestives, outrageusement maquillée. Il ordonnait, j’obéissais. Il était le marionnettiste et moi la marionnette, retenue par tous ses fils, si soigneusement connectés à mon coeur. Marilou souriait derrière son loup et Julie, elle, faisait son possible pour ne pas flancher.

Les mots cognent, le style est percutant, l’auteure y va fort. C’est un tout petit livre à la force sous-estimée, qu’il est impossible de lâcher! Witek pousse cette relation à l’extrême, montre le pire de ce qui peut arriver sur la toile, pour choquer. Une lecture qui marque, quel que soit l’âge, et fait réfléchir. Absolument nécessaire pour le jeune public! Une excellente entrée en matière également pour poursuivre le débat par ailleurs.

Jo Witek, « Mauv@ise connexion », Talents Hauts Editions, 2012, 95 pages

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8 réflexions au sujet de « « Mauv@ise connexion » de Jo Witek »

    1. Laeti Auteur de l’article

      Je ne l’avais jamais lue encore.. tu as lu d’autres de ses titres? En tout cas elle a une écriture qui frappe! C’est un roman qui arrive à bien sensibiliser sur le sujet. A mettre entre les mains des ados, absolument!

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