« Le sang du monstre » de Ali Land

Rien de tel qu’un bon thriller bien prenant pour passer des heures totalement déconnectée!

C’est un titre repéré lors de la rentrée littéraire 2016, en même temps que le premier roman de David Joy. Et c’est une première publication également pour cette auteure anglaise, ancienne infirmière en pédopsychiatrie. Justement, son roman a vraiment cette originalité, c’est de nous emmener dans une histoire qui concerne une ado traumatisée. Il y a de quoi, puisque sa maman est une tueuse en série. A sa charge, pèse le meurtre de 9 enfants. Des enfants dont elle devait s’occuper, dans un refuge de femmes battues. Elle les reprenait chez elle, et leur faisait vivre un véritable enfer dans la pièce, la « salle de jeux », où ils étaient enfermés.

Annie, sa fille, vit cet enfer depuis ses 5 ans. Elle est elle-même victime de violence par sa mère, physiques et psychologiques. Le traumatisme est donc total pour elle, et cette situation complètement insoutenable. C’est elle qui dénonce donc sa mère à la police, après l’assassinat de trop…

Suite à l’arrestation de sa maman, Annie doit changer d’identité et bénéficie de la protection de témoin. Elle est rebaptisée Milly et est placée, dans l’attente du procès, dans une famille d’accueil, celle de son psychologue Mike.

Cette situation d’entre-deux, Milly l’a vit plutôt mal : elle a envie de se reconstruire, mais d’une part, le fantôme de sa mère continuer de la hanter jour et nuit. Et d’autre part, la fille de Mike, Phoebe, supporte très mal cette nouvelle venue dans leur famille et lui fait vivre un véritable cauchemar au lycée. Particulièrement vicieuse, elle n’hésite pas à insulter, harceler et ridiculiser la jeune fille devant tout le monde. Est-ce que toutes ces brimades, qui se rajoutent à son traumatisme initial et à l’échéance du procès, accompagné évidement d’une surmédiatisation, feront-ils perdre pied à Milly?

J’ai très très vite accroché à ce roman. Le style est particulier, percutant, qui s’accorde parfaitement à l’ambiance malsaine de l’histoire. Le rythme est haletant car il n’y a pas de temps mort. De par cette double histoire finalement, qui est le procès et le parcours de Milly d’une part, et la relation toxique qui s’installe entre elle et Phoebe, le lecteur est emmené dans tous les sens. Nos nerfs sont mis à rude épreuve! J’ai trouvé la construction parfaite, plausible, puisque l’auteur parle d’un sujet très actuel du harcèlement scolaire. Et puis toute la partie du procès est très prenante. Vous n’aurez aucun répit puisque les rebondissements et les surprises sont partout et tombent à tout moment.

Tous les ingrédients sont donc réunis pour se prendre au jeu du parfait thriller. Une chose est certaine, on ne s’ennuie pas une seconde et il est d’ailleurs très difficile de lever les yeux de ce bouquin une fois qu’on l’a commencé!

Ali Land, « Le sang du monstre », traduit de l’anglais par Pierre Szczeciner, Éditions Sonatine, 2016, 348 pages

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14 réflexions au sujet de « « Le sang du monstre » de Ali Land »

    1. Laeti Auteur de l’article

      C’est très psychologique une nouvelle fois, et comme souvent avec Sonatine. Et je dois dire que celui-ci est bien ficelé. Parfois, la fin nous paraît trop grossière mais pas ici! Il est très bien du début à la fin, en somme 🙂

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  1. lespagesdesam

    Ah j’avais bien aimé ce bouquin. Cette gamine était tellement obscure et dérangeante ! J’adore les thrillers qui présentent des personnages dont la duplicité les rend insaisissables. Je vais aller lire ta chronique sur Là où les lumières se perdent. Ce roman a été un véritable coup de cœur pour moi.

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    1. lespagesdesam

      Quelle nouille je fais ! J’avais déjà lu ta chronique sur David Joy et j’en avais tiré des idées de romans similaires. Au fait, il publie un second roman cet été le petit David !!!!! Toujours chez Sonatine qui a décidé de faire mieux que l’année dernière (où presque aucun de leurs romans n’a trouvé grâce à mes yeux…). A bientôt

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      1. Laeti Auteur de l’article

        Ouiiii le rendez-vous est pris évidement! Je me suis offert la version poche du premier roman et je l’ai aussi offert autour de moi durant les fêtes!

    1. Laeti Auteur de l’article

      Ah non? je pensais, comme tu aimes les romans noirs.. Ce que j’aime chez Sonatine c’est que c’est toujours très psychologique. c’est parfois bien barré et malsain, et bizarrement ça me permet de me déconnecter à 100%!

      Répondre

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