Archives pour la catégorie Jeunesse

« Rose cochon » de Clémence Sabbagh et Françoise Rogier

Avec cet album, j’avais envie de vous présenter le magnifique travail d’illustratrice de Françoise Rogier. Son créneau, c’est le loup. A mes yeux, son loup fait partie de ceux les plus réussis dans la littérature jeunesse. Il est précis, toujours en rouge et noir, il a un petit côté sympa tout en gardant son visage de prédateur. Mais le talent de Françoise Rogier ne se traduit pas uniquement à travers son loup. J’adore tout ce qu’elle fait! Je trouve son style assez épuré, j’aime les couleurs qu’elle choisi. On sent aussi à travers ses titres une vraie passion pour les contes. Bref, je suis fan!

Je vous présente son dernier album sorti aux éditions A pas de loups, maison d’édition belge que j’apprécie beaucoup également. Le texte de ce titre est de Clémence Sabbagh, qui est française.

Pour son anniversaire Héloïse souhaite avoir un animal de compagnie. Très naturellement, son choix se porte pour un cochon! Rien que la déco de sa chambre traduit sa passion pour l’animal rose. Mais au fur et à mesure qu’elle en parle à ses amis, ils la dissuadent d’un tel choix : un cochon, ça grogne, ça sent mauvais, c’est gros… Ses camarades n’ont peut-être pas tort, Héloïse doit donc opter pour un autre animal!

En passant en revue les potentiels animaux de compagnie, on se balade au fil des contes classiques.

Cet album est un coup de cœur et le lit et le relit très régulièrement à la maison. A chaque fois qu’on l’ouvre, je découvre des éléments nouveaux dans les superbes dessins de Françoise Rogier. Je pourrai rester à les contempler pendant un bout de temps. Le scénario est aussi très sympa, il parle aux enfants qui peuvent facilement s’identifier à Héloïse.

J’ai eu le chance de rencontrer Françoise Rogier à la Foire du Livre de Bruxelles en février dernier et elle m’a confié ne pas avoir du tout rencontré Clémence Sabbagh pour cet album. Une symbiose s’est produite assez vite, à travers le mail et cela donne ce très beau résultat. A ce qu’elle m’a confié… une nouvelle collaboration devrait voir le jour!

Clémence Sabbagh (textes) et Françoise Rogier (dessins), « Rose cochon », Éditions A pas de loups, 2017, 40 pages

Une lecture inscrite au rendez-vous jeunesse dans le cadre du mois belge organisé par Anne

 

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« Ma vie en noir et blanc » de Delphine Bertholon

J’ai pioché ce tout petit roman jeunesse (très jeunesse) dans ma bibliothèque, entre deux romans moins joyeux. Il tombait à pic! Étant très très fan de Delphine Bertholon, c’est avec grand plaisir que je la découvre dans un tout autre univers.

Ana a une particularité, elle est achromate. C’est-à-dire qu’elle ne perçoit aucune couleurs : elle vit en noir et blanc. C’est une maladie très rare, héréditaire. Mais pour le reste, elle vit un quotidien d’ado de 14 ans tout à fait ordinaire. Tout se passe bien à l’école, elle fait les 400 coups avec sa meilleure amie, Mélie, et a en secret un coup de cœur pour Kylian.

Quand elle est chez elle, seule dans sa chambre, Ana écrit. Elle se met en scène, dans un décor aux antipodes de ce qu’elle connaît. Dans son roman, elle est séductrice et sûre d’elle. Car Ana, garde en elle une blessure… Elle n’a jamais connu son père. Après quelques rendez-vous, sa maman n’a plus jamais eu aucun contact de cet homme, qui lui a laissé un bébé. Régulièrement, Ana cherche une piste, un indice qui lui permettrait de retrouver la trace de son papa, en vain. Jusqu’au jour où Kylian l’informe de l’exposition à Paris d’un célèbre photographe, lui aussi atteint d’achromatopsie…. Elle n’hésite pas très longtemps à monter sur Paris pour en savoir plus sur cet homme.

C’est une lecture très légère et sympa. J’ai aimé retrouver Delphine Bertholon, son style, son humour, dans un tout autre univers. Son personnage d’Ana m’a semblé cohérent, et pas du tout puéril malgré son jeune âge. Ce titre s’adresse aux jeunes à partir de 11 ans, mais du haut de mes … ans (haha), je me suis bien amusée malgré tout! Le suspens est bien mené, on a envie de connaître l’issue de ce road-trip parisien. Une romance toute mignonne ajoute un petit piment à ce récit qui se lit tout seul. L’air de rien, il soulève des questions sur l’origine, les parents, la façon dont un ado se construit sur base de ces éléments essentiels à leur évolution. Un très court roman qui permet de se vider la tête, et de rire un petit peu.

Voir mes autres billets sur Delphine Bertholon.

Delphine Bertholon, « Ma vie en noir et blanc », Éditions Rageot romans, 2016, 124 pages

Derniers coups de coeur « petits lecteurs » #5

Bon bin voilà, mon dernier billet du genre date de novembre 2017! Alors que les livres défilent à une vitesse folle à la maison. Je vous présente aujourd’hui deux lectures récentes qu’on a beaucoup aimées, mon p’tit loup et moi.

« C’est l’histoire d’un ours », de Dominique Demers (textes) et Geneviève Després (illustrations) (Dominique et compagnie)

C’est l’histoire d’un ours tout triste, capturé afin de rejoindre un zoo. Les visiteurs ne sont pas contents car l’ours en cage n’interagit pas et reste blotti dans son coin. Jusqu’au jour où Lou, un petit garçon, lui glisse un livre entre les barreaux. L’animal feuillète les pages et c’est l’émerveillement. Il y découvre un monde à mille lieux de l’endroit où il est prisonnier, qui lui permet de rêver à une autre vie. Le pouvoir des mots et des images agit sur l’ours qui désormais, reste le museau collé aux pages des bouquins que Lou continue à lui envoyer.

Un très joli album doux et poétique sur le pouvoir des livres et de l’imaginaire qu’ils développent chez les lecteurs. Des voyages où tout est permis, et surtout, qui permettent de sortir parfois d’une réalité bien tristounette. Mention spéciale pour les dessins et les couleurs qui sont absolument magnifiques, empreints d’une grande délicatesse.

« Qui quoi qui » d’Olivier Tallec (Actes Sud junior)

On a beaucoup vu passer cette série des « Qui quoi qui » sur les blogs, c’est d’ailleurs là que je l’ai repérée. « Qui a mangé toute la confiture », « Qui est amoureux », « Qui n’ose pas danser », l’enfant est invité à désigner l’auteur du fait, de distinguer les différences parfois bien subtiles entre les petits personnages qui sont super drôles. On a beaucoup rigolé en se prenant à ce jeu, qu’on a fait et refait plusieurs fois à la suite.

Cette série nous change des histoires contées : le petit lecteur participe directement et permet une chouette interaction avec le parent. Les figures de ce livre sont attachantes et drôles, elles sont parfois prises dans des situations embarrassantes, et ça, ça plaît forcément aux petits! Je pense qu’il existe un coffret avec plusieurs albums d’Olivier Tallec… si vous avez des infos, je suis preneuse car c’est le genre d’albums qu’on a envie d’avoir chez soi pour pouvoir y revenir quand on a envie d’une bonne partie de plaisir!

Nos précédents coups de coeur « jeunesse », c’est ici

 

« Les optimistes meurent en premier » de Susin Nielsen

Perdre un membre de sa famille est insupportable. Mais quand on est une ado et qu’on se sent,  en plus, coupable de la disparition tragique de sa petite soeur, on peut être amené à se créer un monde où l’on se sentira davantage protégé. Pour Pétula, c’est simple : les optimistes ne sont pas assez vigilants et, au moment où leur attention baisse, BAM!, c’est là où le bât blesse! Sa théorie se tient, c’est un fait certain! Pétula fait un détour énorme juste pour éviter un chantier près de chez elle, elle évite au maximum les contacts avec les autres élèves de son lycée, elle ne touche à rien lorsqu’elle se trouve dans un lieu public, elle fait très attention à ce qu’elle mange. Le pire à ses yeux : les accidents domestique et souvent bêtes.

Et le joli petit chat en origami réalisé par Fanny et ses doigts de fée 🙂

Pour tenter de réduire ses angoisses, Pétula participe en effet à un atelier d’art-thérapie chaque semaine, avec d’autres jeunes qui connaissent eux aussi un profond mal-être. C’est là qu’elle rencontre Jacob Cohen, surnommé « l’Homme bionique », en raison de sa prothèse au bras, perdu lors d’un accident de la route. Derrière sa grande connaissance cinématographique, son charisme certain et sa générosité, le « petit nouveau » semble faire de son passé, un sacré mystère…

En commençant ce nouveau roman de l’incroyable Susin Nielsen, se dessine directement un portrait atypique, mystérieux, qu’on a très vite envie de creuser. C’est cette chère Pétula. Une grande fragilité, malgré l’image qu’elle veut renvoyer, frappe immédiatement. J’ai eu très envie de la protéger, d’emblée, et d’en savoir plus sur son histoire personnelle. Elle se sent absolument coupable du décès de sa petite soeur Maxine, et n’arrive pas à se le pardonner. Et même si ses parents ont tout fait pour recréer un climat serein au sein de leur famille, Pétula se rend bien compte qu’ils tentent aussi d’échapper à la réalité, à leur manière.

Tout comme dans « Le journal malgré lui de Henry K. Larsen« , Susin Nielsen aborde des sujets graves tels que le deuil, la culpabilité, la recherche de soi, sa relation avec le monde et les autres. Et à nouveau, elle amène ces sujets sur un ton agréable, avec un côté décalé et énormément d’humour qui nous permet de nous attacher immédiatement aux personnages. Elle ne joue pas du tout la carte du mélodrame ni de la lourdeur, même s’il y a cet événement très triste à la base du roman. Les personnages, justement, c’est vraiment ce qui fait la force de Susin Nielsen. Une belle bande d’ados, réunis par hasard lors des ateliers « ARTPSY », qui se feront petit à petit confiance, s’épauleront mutuellement, jusqu’à appréhender les démons qui les rongent et à entrevoir un avenir plus serein, plus lumineux. Et puis, il y a aussi le directeur de l’école de Pétula, ses parents qui sont des caractères bien trempés aussi…

Le fait d’avoir lu à intervalle assez rapproché « Le journal malgré lui… » et « Les optimistes… » m’a permise de comprendre assez vite les dénouements dans ce nouveau titre. Cela n’a rien enlevé au plaisir de me plonger dans cette aventure mais il y a eu l’effet de surprise en moins.

Un humour exceptionnel, une ambiance faite de bons sentiments, qui s’étend au-delà des pages, mais avec un vrai message d’espoir rempli d’humanité, font clairement le talent de Susin Nielsen. De même qu’une incroyable facilité de narration, qu’on traverse sans aucun ennui. On ne peut juste plus lâcher le roman une fois commencé.

C’est surtout ce travail de reconstruction qu’opère Pétula qui m’a le plus touchée, et Dieu sait le nombre de tuiles qui lui tombent dessus durant toute cette histoire! Je suis d’accord, il y a ce petit côté « happy ending », qui m’a un tout petit peu (vraiment un tout petit peu) ennuyée, mais au final, c’est un roman qui fait le plus grand bien. Je m’en rappellerai d’autant plus que je l’ai partagé avec mon amie Fanny (lien vers son billet ici) et qu’il m’a remonté le moral durant une semaine horrible pleine de microbes!

Marie-Claude a beaucoup aimé aussi! Encore merci à toi de m’avoir fait découvrir cette auteure, que je compte parmi mes préférées en jeunesse, depuis.

Merci aux éditions Hélium/Actes Sud de m’avoir envoyé ce nouveau roman!!

Susin Nielsen, « Les optimistes meurent en premier », traduit de l’anglais (Canada) par Valérie Le Plouhinec, Editions Hélium, 2017, 192 pages

« Dans la forêt de Hokkaido » de Eric Pessan

Ce roman assez récent, je l’ai aperçu chez Noukette et Jérôme, qui en avaient fait une pépite. Il me tentait beaucoup pour son histoire qui semblait mystérieuse, un peu surnaturelle. Et puis c’était l’occasion de découvrir pour la première fois l’univers d’Eric Pessan, un auteur connu et apprécié en littérature jeunesse.

A 15 ans, Julie est une jeune fille sérieuse, bonne élève, vivant dans une famille soudée et aimante. Sa particularité? Elle possède un don qu’elle a eu du mal, dans un premier temps, à apprivoiser, mais qui lui permet aujourd’hui de bien mieux comprendre les humains. Elle ressent au plus profond d’elle-même les émotions des gens. Assez déstabilisant donc, il fait néanmoins d’elle, une personne très empathique. Un jour, elle se réveille totalement en sursaut, prise d’une fièvre soudaine, vraiment perturbée du rêve qu’elle vient de faire. Celui d’un petit garçon laissé à l’abandon par sa famille à l’orée d’une forêt. Julie a ressenti d’emblée la peur de l’enfant, la tristesse de l’abandon, la désorientation, et puis ensuite le besoin ultime de trouver de l’eau et des vivres. Les jours passent et la fièvre de Julie est tenace, elle se sent de plus en plus affaiblie… Elle pense alors à faire une recherche sur Internet et découvre ainsi la vérité : son rêve est en réalité un fait qui est réellement en train de se produire au Japon, où un petit garçon est recherché depuis plusieurs jours dans la forêt de Hokkaido.

Quel est le sens de son rêve? Julie a t-elle un lien avec ce jeune garçon perdu? Une chose est certaine : elle est la seule à le pouvoir de le sortir de là, mais comment intervenir et se faire comprendre?

C’est une histoire, basée sur un fait divers qui s’est réellement produit, qui soulève pas mal de questions sur la télépathie, les rêves prémonitoires, les messages que les rêves nous délivrent.

A travers son personnage de Julie qui ressent fortement les émotions d’autrui, l’auteur aborde les limites de l’empathie. Julie, tout comme son papa, ont cette volonté de vouloir aider tout le monde, d’être fortement attristés du sort des autres, quitte à mettre leur propre personne de côté. C’est salutaire, bien sûr, mais ce roman raconte finalement l’incapacité que l’on a, à sauver tout le monde.

Hormis ces sujets fort intéressants, j’ai beaucoup apprécié le suspens de cette histoire, que l’auteur arrive à lâcher au fur et à mesure de façon très juste, de sorte à vraiment accrocher son lecteur, tout en lui offrant des clefs de compréhension régulièrement. Et puis, le risque avec une telle histoire sur les rêves, est de tomber sur un dénouement trop irréaliste. Il n’en est rien ici, tout se tient, tout est cohérent. Eric Pessan plante une ambiance très réussie, mystérieuse, basée sur les bruits de la nature. L’occasion de titiller nos sens, et de continuer à pas feutrés la lecture.

Après cette lecture, on en vient nous-mêmes à nous interroger sur la portée de nos rêves et de croire qu’ils peuvent finalement nous guider, nous orienter.

Eric Pessan, « Dans la forêt de Hokkaido », Editions L’école des loisirs, collection Médium, 2017,144 pages

Derniers coups de coeur « petits lecteurs » #4

Chers petits lutins, osez les frissons et sensations fortes! Testez le train fantôme!

Vous allez vibrer, trembler, rigoler, sursauter. Et recommencer ce circuit inoubliable! Car on aime se faire peur !

Sur la fête foraine, la grande sœur de Lulu lui propose pour son anniversaire de choisir le manège de son choix. Alors il opte, non pas pour la pêche aux canards ou le manège tradition, car « c’est pour les bébés », mais bien pour le train fantôme.

Embarquement immédiat : cheveux de sorcières qui viennent vous effleurer le cou, un chien affreux qui vous avale tout cru, des zigzags en compagnie de serpents effrayants.

Le petit lulu aimera-t-il cette aventure peu ordinaire?

Dans cet album haut en couleurs, Adrien Albert nous embarque pour un moment chahuté mais ô combien jouissif! Son travail tant au niveau des dessins que du textes nous permet de profiter pleinement d’un tour de manège exceptionnellement monstrueux. Si bien qu’à la fin du circuit qui passe bien trop vite, on en redemande!

Un coup de coeur pour ce titre parcouru en période d’Halloween, qu’on a lu et relu plusieurs fois d’affilée! Car le gros point positif de cet album est de faire peur aux petits lecteurs, sans les traumatiser. Et chez moi, c’est testé et approuvé avec un petit garçon qui sursaute au moindre bruit 🙂 Il s’est éclaté!

Déjà lu et aimé d’Adrien Albert : « Papa sur la lune » et « Le roi du château« .

Adrien Albert, « Le train fantôme », Éditions L’école des loisirs, 2015

A partir de 5 ans

« Le journal malgré lui de Henry K. Larsen » de Susin Nielsen

Vous le savez, quand on me dit qu’il faut que je découvre un-e auteur-e jeunesse, tous mes sens sont en alerte! C’est ainsi que par hasard, grâce à une photo publiée sur son instagram, Marie-Claude m’a glissé le nom de Susin Nielsen, qui est ni plus ni moins son auteure jeunesse préférée. Évidement, je lui ai fait confiance les yeux fermés!

Henry Larsen a connu il y a peu une grosse tragédie qui l’a touché, lui et sa famille. Une épreuve qui les ont poussés à quitter Port Salish pour Vancouver et à recommencer une nouvelle vie. Depuis ce douloureux événement, Henry voit Cecil, son psychologue, toutes les semaines. C’est lui-même qui lui a offert ce journal et lui a conseillé d’écrire ses pensées, le déroulement de ses journées, sa vie au collège, ses rêves, … tout ce qu’il n’arrive pas à exprimer oralement et qui doit sortir. Dans le nouvel appartement qu’il partage seul avec son papa, Henry va devoir trouver ses marques, mais aussi s’ouvrir aux nouvelles rencontres qui se mettent, tout naturellement sur son chemin. Dans leur immeuble, ils y croisent Karen Vargas, cette femme au maquillage bien trop vulgaire, M. Atapattu, leur sympathique voisin sri lankais qui passe ses journées soit devant les émissions de télé achat, soit à cuisiner du curry. Dans son nouveau bahut, Henry fera également des connaissances, notamment via le club de « Que le meilleur gagne » comme Farley ou Alberta.

Quel merveilleux roman jeunesse! Il réunit tous les ingrédients que je recherche et que j’apprécie dans le genre. Derrière la légèreté du quotidien de cet ado, se cache une terrible vérité, un événement qui continue de le hanter et qu’il doit apprendre à maîtriser. L’occasion donc pour l’auteure d’aborder des sujets comme la reconstruction, le deuil, mais aussi l’entraide et l’amitié.

Susin Nielsen livre un roman frais, à l’humour diablement efficace, un style fluide qui colle si bien à ce personnage Henry. Et puis ce petit héros est terriblement attachant. Il se livre à cœur ouvert et instantanément, laisse parler ses émotions qu’il n’arrive pas à exprimer autrement. Cela donne des pages parfois très fortes émotionnellement. J’avoue en avoir lu certaines vraiment à fleur de peau, chose qui ne m’arrive que très rarement.

Et puis la force de ce roman, c’est aussi cette panoplie de personnages qui gravitent autour de Henry et de son papa. Ils sont bourrés de qualités, totalement atypiques, généreux, aidants, et fidèles. Un hymne aux vraies belles rencontres qui vous remettent du baume au coeur et apparaissent comme essentielles à un moment de votre vie.

C’est un beau coup de coeur pour ce roman. Je l’ai parcouru avec le sourire et parfois le cœur serré. Avec l’envie d’encourager Henry et de l’aider à avancer. Un roman qui donne foi en l’humain et en l’amitié, tout en abordant un sujet d’actualité grave.

Ce titre a reçu le Governor General’s Literary Award, prestigieux prix canadien, et je le comprends aisément.

Susin Nielsen, « Le journal malgré lui de Henry K. Larsen », traduit de l’anglais (Canada) par Valérie le Plouhinec, Éditions Hélium, 2013 (édition originale : 2012), 239 pages