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« Sauveur & Fils, saison 1 » de Marie-Aude Murail

Ahh je l’attendais ce roman! Très intéressée grâce aux conseils et billets d’amies-blogueuses et aussi, parce que je n’ai jamais lu de romans de Marie-Aude Murail! Eh oui, ça existe encore! Un vrai bonheur ce roman, que j’ai avalé en quelques jours!

Sans aucune prétention, Marie-Aude Murail nous invite dans la vie du psychologue clinicien Sauveur Saint-Yves. Un phénomène à lui tout seul ce docteur! Physique qui impose (1,90m, robuste, voix suave), une allure « à la cool », un façon naturelle, innée, d’entrer en contact avec les gens, ce psy ne passe pas inaperçu! Il n’y a rien de spectaculaire dans ce roman, on découvre au fil des 300 pages les discussions, les partages, les moments de vie qui sont en train de se produire dans le cabinet du Docteur Saint-Yves. Mais derrière les témoignages aux apparences banales, se cachent de véritables secrets profondément enfouis et qui ne demandent qu’à sortir. Sur un ton sympathique, gai, l’auteure arrive à aborder des thèmes graves et actuels.

La toute première scène résume à mon sens le reste du livre :

Sauveur ouvrit la porte de sa salle d’attente en douceur. Si les gens n’étaient pas prévenus, ils avaient un mouvement de surprise en l’apercevant.

– Madame Dutilleux?

Madame Dutilleux arrondit les yeux et Margaux baissa les siens.

– Nous avons rendez-vous. Je suis Sauveur Saint-Yves. C’est pas ici

Car Sauveur possède une véritable aura. Une aura qui se propage tout autour de lui, qui attrape les personnes qui passent les portes de son cabinet, et qui les transformera à jamais. Cette aura, c’est la confiance qu’il attise. La sympathie qu’il transmet, de par une posture posée, véritablement à l’écoute de l’autre. Voilà, c’est une personne résolument tournée vers l’autre. On peut dire qu’il a trouvé sa vocation!

Parmi ses patients, il y a Margaux, Cyrille, Gabin, Ella. Ils sont généralement jeunes et enfermés dans une solitude qui les meurtrit à cause d’un secret inavouable. De leur plein gré, ou par obligation, ils vont confier à Sauveur ce qui les tourmente. Des révélations parfois étonnantes, souvent émouvantes. Au fil des entretiens, ils entrouvrent leur carapace, grâce à la présence bienveillante de leur médecin. Sauveur ne fait pas les choses à moitié. A l’issue de ses journées très chargées, ils continuent à retourner dans tous les sens les confidences de ses patients, pour trouver un élément de réponse. Il se donne à 100%, malheureusement parfois au détriment de son fils Lazare âgé de 8 ans. Parallèlement à ces rendez-vous, de mystérieuses lettres de menace vont progressivement tourmenter le Docteur et feront ressurgir des secrets de son passé : sa vie aux Antilles, la mort de sa femme, la maman de Lazare…

Voilà pourquoi il est impossible de s’ennuyer avec ce roman entre les mains! Il est rempli de rebondissements d’une part avec les révélations distillées au fur et à mesure, et le mystère entourant la vie privée du personnage principal.

Bien qu’étiquetée « jeunesse », c’est une série (j’ai lu qu’il y aurait un 4ème volet!) qui parlera autant aux ados qu’aux adultes. Les jeunes lecteurs se retrouveront peut-être parmi les patients de Sauveur, tandis que les plus âgés trouveront un intérêt certain autour des sujets exploités. Marie-Aude Murail parle de scarification, d’anorexie, de phobie scolaire, mais aussi de la recherche autour de l’identité sexuelle, ou encore du divorce. Autour de ce duo – père et fils – antillais, l’auteure touche aussi au thème du racisme.

Une écriture gracieuse, sans fioritures, ce roman se déguste avec plaisir. Il replace l’humain au centre notre attention, en explorant ses failles, et toujours basé sur l’espoir. C’est aussi une belle ode à la différence et à l’affirmation de soi. Un roman à la douce mélodie antillaise qui fait du bien!

J’ai enchaîné avec le deuxième tome… Suspens, suspens, vais-je m’ennuyer, vais-je adorer? Suite au prochaine épisode! Et je ne révèlerai pas le lien avec le hamster, na 🙂

Marie-Aude Murail, « Sauveur & Fils saison 1 », Éditions L’école des loisirs, 2016, 329 pages

« Coeur-Naufrage » de Delphine Bertholon

Delphine Bertholon a été pour moi un coup de foudre il y a 2 ans avec la sortie de son roman « Les corps inutiles« . Une révélation. Un style que j’arrive difficilement à lâcher, un univers un peu sombre d’êtres écorchés par la vie. Depuis cette lecture magnifique, j’ai lu d’autres titres qui ne m’ont jamais déçue. C’est donc avec un plaisir énorme, que je me suis plongée dans ce « Coeur-Naufrage » (et à nouveau, une très jolie rencontre à Bruxelles en mars dernier).

Les premières pages de ce roman nous invitent dans la vie de Lyla avec un Y, 34 ans, traductrice littéraire. Lyla, c’est une écorchée vive, à nouveau. Une jeune femme qui se tient à l’écart de sa propre existence. Elle vit les choses, sans ressentir grand chose. C’est un peu comme si elle flottait dans les airs, qu’elle exécutait des tâches mécaniquement, parce qu’il le faut. Parce qu’il faut quand même faire semblant d’avoir une vie à peu près normale. En nous racontant son quotidien d’aujourd’hui, Lyla montre surtout à quel point elle porte le désespoir d’une épreuve difficile à surmonter. Côté relations, ce n’est pas la joie non plus, forcément. Mis à part une meilleure amie fidèle, personne ne partage sa vie. Les hommes passent, mais aucun n’arrive à entrouvrir cette carapace qui semble scellée à jamais.

Je réalise aujourd’hui que j’ai quitté des gens qui m’aimaient trop pour des gens qui ne m’aimaient pas assez, sans jamais rencontrer celui qui m’aimerait comme il faut (p.66)

La faute à quoi? A qui? A une histoire d’amour, comme c’est souvent le cas. Mais il s’agit ici de la véritable passion, celle qui vous fait perdre pied, qui efface tout le reste, qui vous rend aveugle. Lyla l’a vécue à ses 17 ans, lors de ses vacances habituelles dans les Landes.

En regardant les vagues, qui, tout en bas, cassaient sur le sable comme de la crème fouettée, Lyla songea que, dans la vie, rien n’est jamais plus beau que les accidents. (p.36)

Delphine Bertholon opte pour un narrateur extérieur cette fois, pour nous faire découvrir une tout autre Lyla. La Lyla de 17 ans, joyeuse, séduisante, pleine de vie, malgré l’omniprésence d’une mère détestable, totalement toxique, Elaine Manille. Elle rencontre par hasard Joris Quertier, un surfeur de 3 ans son aînée. Une jeune homme taiseux qui révèle discrètement des traces sur ses bras, stigmates d’une tentative de fuite éternelle. Lui, son problème, c’est son père violent, alcoolique, qui n’a jamais montré le moindre sentiment envers son fils. Ce point commun est peut-être ce qui les a rapprochés, tous les deux.

Couple d’un soir, de plusieurs, sans promesse de lendemain pour autant. Lyla tombe enceinte de ce garçon qui n’a aucune intention de la revoir. Il est trop tard pour l’IVG. Face au désespoir de se retrouver seule à élever un bébé et à la furie de sa mère, Lyla prend une décision. C’est l’accouchement sous X. Tant d’années après, cet événement continue de la hanter. Elle a perdu son innocence, son aura.

Depuis dix-sept ans, j’ai l’impression d’avoir commis un acte abominable dont rien ne me sauvera. La réalité est ce que l’on ressent ; tout le reste n’est que psychanalyse. (p.320)

J’ai tellement aimé ce roman que je vais tenter d’être concise en revenant sur les éléments qui m’ont plu.

Un mot pourrait résumer cette histoire, je pense. C’est le manque. Le manque de soutien lors d’une douloureuse épreuve. Le manque de sentiments dans une relation à sens unique. Le manque d’une mère, d’épaules sur lesquelles pleurer. Le manque du bébé qu’on commençait déjà à aimer. L’auteure exploite ce thème avec une délicatesse infinie. L’analyse du manque à travers ces épreuves de la vie qui marquent à jamais et qui continuent à hanter, tel un fantôme.

Les personnages sont particulièrement convaincants. Lyla est une femme qui a perdu son innocence à seulement 17 ans, et qui vit en marge de la société, dans sa triste bulle, telle une âme en peine. Je l’ai par ailleurs trouvé très forte, car elle garde la tête haute et se fout pas mal de ce que l’on peut penser d’elle. Confronter la Lyla d’aujourd’hui à celle de 17 ans juste avant ce mois d’août 1999 a permis de se rendre compte à quel point elle a perdu de cette fraîcheur.

Par ailleurs, c’est la première fois que je lis Delphine Bertholon à travers un regard masculin. Puisque ce roman est partagé entre les propos de Lyla et ceux de Joris. J’ai été agréablement surprise de constater à quel point elle arrive à se mettre dans la tête de l’homme. Elle fait ressurgir d’autres formes de pensées, mais elles aussi focalisées sur l’abandon et le regret. Ce Joris m’a émue.

Il y a aussi un vrai suspens dans ce roman, une attente de réponses pour le lecteur. Il est impossible de s’ennuyer tellement l’auteure exploite ses personnages de la façon la plus totale, ainsi que les thèmes qu’elles a choisis : la maternité, l’accouchement sous x, la jeunesse, la passion, la parentalité, l’abandon. Tout est très justement tissé.

Delphine Bertholon innove avec ce roman, je trouve. Elle nous montre une face peut-être plus douce, une part d’elle-même qu’elle a accepté de dévoiler à son lectorat chéri, avec des sujets qui lui sont chers. A mon sens, c’est aussi son roman le plus abouti, pour les raisons évoquées plus haut.

C’est un grand coup de coeur pour ce roman, évidement! Il s’agit d’une auteure dont j’achète les livres les yeux fermés. Avec celui-ci, j’ai profité de chaque mot, beaucoup de passages sont d’ailleurs notés. Car l’écriture de Delphine sonne vrai. Elle me touche particulièrement.

Delphine Bertholon, « Coeur-Naufrage », Éditions JC Lattès, 2017, 409 pages

« Que du bonheur! » de Rachel Corenblit

Angela Mailhat, presque 15 ans, est une ado sans chichis, bonne vivante, un léger surpoids, qu’elle n’arrange pas en ingurgitant régulièrement un nombre incalculable d’aliments (tout en le chronométrant s’il vous plaît!), sympa et doté d’un humour parfois sarcastique, juste exceptionnel! Son naturel et sa vivacité la rendent d’emblée extrêmement attachante! Elle nous raconte avec un an de recul, l’année scolaire qui vient de s’écouler et qui lui laisse un goût plus qu’amer : pendant ces 6 derniers mois, la poisse lui est littéralement tombée dessus! Cela commence avec une incroyable chute dès le premier jour d’école. Impossible de passer inaperçue lorsque les brancardiers viennent vous chercher au milieu de centaines d’étudiants! Une foie remise de cette énorme honte, Angela enchaîne les malheurs : elle se dispute avec sa meilleure amie Alice, son éternelle alliée. Pour quoi? Tout bêtement, pour un garçon! Ce sont bien des histoires d’ados! Ensuite, une nouvelle qui touche cette fois ses parents. Après 20 ans de mariage, ils décident de divorcer. Notre héroïne est alors obligée de subir les gardes alternées. Ça commence à faire beaucoup en terme de poisse! Évidement, le cercle vicieux est enclenché, ayant des répercussions sur les notes, le redoublement est évoqué… S’en est trop pour Angela! Heureusement, on finit toujours par sortir des mauvaises passes. Ouf!

Malgré cette année complètement pourrie, (franchement, qui aurait survécu à une telle année?!), notre ado ne perd en rien son humour ni son autodérision. Elle relate aux lecteurs ses tribulations, avec un regard plus qu’amusé sur ces situations rocambolesques. Son ton est naturel, évident.

Ce roman est un vent de fraîcheur et je ne me suis pas ennuyée une seconde! J’ai franchement rigolé, et ça ne m’arrive pas souvent (durant une lecture, cela va de soi 😉 ). La forme participe sans aucun doute à ce plaisir de lecture. Pareil qu’un journal intime, Angela explore son année noire au moyen de listes, de citations, de souvenirs et l’agrémente de quelques croquis, anecdotes et photos… pour un effet plus « réel » que j’ai beaucoup apprécié.

Le début du roman démarre très fort, tout s’enchaîne à une vitesse folle, et je craignais un moment « creux », parmi toutes ces mésaventures. Il n’en est rien! L’auteure manie avec habilité le rythme et l’enchaînement des faits.  Ce qui m’a également frappée : à quel point Rachel Corenblit arrive à retranscrire les émotions d’une ado, à se mettre dans la peau d’une ado de 15 ans! Je me suis évidemment revue dans quelque-unes de ces anecdotes, et ça m’a fait un bien fou.

Une lecture que je conseille : très drôle pour les ados qui se retrouveront parmi quelques scènes, et parfaite pour les adultes qui veulent se changer les idées et se replonger avec beaucoup d’humour dans leur jeunesse!

Un titre découvert grâce à Fanny, et beaucoup apprécié également de noukette ou encore de Jérôme.

Rachel Corenblit, « Que du bonheur! », Editions du Rouergue, Doado, 2016, 122 pages

« Ma fugue chez moi » de Coline Pierré

Quel plaisir de retrouver la douceur qui émane de l’écriture de Coline Pierré et l’attachement qu’elle arrive à créer immédiatement avec ses jeunes personnages! Après « La folle rencontre de Flora et Max« , écrit avec Martin Page, qui était un coup de cœur, je me suis laissée embarquer dans cette aventure qui concerne Anouk.

A 14 ans, elle a beaucoup de mal à trouver sa place à la maison : elle partage sa vie avec son papa et sa jeune sœur de 2 ans sa cadette. Leur maman est partie à l’étranger pour son travail, et ne revient au domicile familial qu’exceptionnellement. Même ses coups de téléphone se font de plus en plus rares. Ajoutez à cette absence déjà difficile, un papa qui ne communique que très peu, et une sœur qui est à l’internat toute la semaine, et vous comprendrez facilement la solitude à laquelle fait face au quotidien notre Anouk. Qu’est-ce qui a fait déclencher cette envie de voir ailleurs si l’herbe est plus verte? Une guerre nouvellement déclarée avec son ex-meilleure amie et qui s’illustre au moyen des pires mesquineries.

Anouk décide alors de tout quitter, avec pour seul souvenir de son « ancienne » vie un sac à dos et quelques effets personnels. Mais après quelques heures passées dans le froid hivernal de son Alsace natale et voyant les difficultés à trouver un endroit où passer la nuit, elle décide de rentrer chez elle, penaude. Lui vient alors à l’idée de mettre en scène sa fugue… et de se cacher dans le grenier. Grâce aux quelques vivres glanées durant la journée, pendant que tout le monde vaque à ses occupations, Anouk y voit la fugue parfaite sans prendre trop de risque! Un bref mot laissé sur la table à l’attention de son père, et voilà qu’elle organise la cache idéale avec le confort minimum, dans la seule pièce que personne ne pensera à vérifier.

« Ma fugue chez moi », voilà un titre et une accroche particulièrement originaux! Nombreux sont les ados qui veulent quitter leurs parents, leur école, leurs amis, mais n’osent le faire par peur de se retrouver sans aucun moyen. Anouk, elle, trouve alors une alternative séduisante, qui allie confort et fuite de sa propre vie. Mais ce qu’elle n’avait absolument pas imaginé, est qu’elle allait devenir le témoin de sa propre absence, et assister aux conséquences sur les personnes aimées. Tristesse, angoisse, insomnie, son entourage est profondément sonné par sa disparition et remue ciel et terre pour tenter de la retrouver. Toutes ces scènes se jouant sous ses yeux!

Si les premiers jours sont jouissifs, au fil du temps, Anouk se retrouvera face à ses propres responsabilités, et aura le sentiment de s’être mise dans une impasse, tout seule.

Personne ne fugue pour voir ses proches réagir. On fugue justement pour ne plus de préoccuper de rien. Pour ne pas avoir à affronter les raisons et les conséquences de son départ. (p.25)

Avec ce nouveau titre, Coline Pierré aborde des thèmes importants pour les ados et leur donne matière à réfléchir sur la conséquence de certains de leurs actes. Tout m’a semblé très cohérent et je me suis vraiment laissé imprégner par cette atmosphère  secrète, presque intime, que renvoie le tout petit lieu aménagé par Anouk.

Je me sens comme Robinson Crusoé sur son île : heureuse d’être accaparée par ma survie. Je ne m’ennuie pas. Chaque geste devient une mission. Manger est un véritable défi. Prendre une douche est un challenge. Piquer de la nourriture et des objets sans me faire repérer est un parcours du combattant. Je suis un agent secret du quotidien. (p.35)

J’ai beaucoup aimé ce court roman, empreint d’une belle humanité et qui réchauffe le cœur!

Coline Pierré, « Ma fugue et moi », Editions du Rouergue, Doado, 2016, 116 pages

« Le complexe du papillon » d’Annelise Heurtier

Soudain, j’ai ressenti la furieuse envie d’être quelqu’un d’autre que moi. (p.41)

Devenir quelqu’un d’autre, changer de vie, être simplement différent-e… qui n’en a jamais rêvé, surtout à l’adolescence?

Annelise Heurtier décrit à merveille cette période charnière, celle où on se retrouve au milieu de ses propres doutes et de ses envies d’autre chose.

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Elle l’aborde dans son nouveau roman en mettant en scène une jeune fille de 14 ans prénommé Mathilde, qui, du jour au lendemain tombe dans le cercle vicieux de l’anorexie. En apparence bien dans sa tête et dans sa peau, elle se retrouve rapidement enfermée dans une dangereuse spirale qu’elle ne semble plus maîtriser. C’est face à la transformation physique d’une élève de sa classe, que Mathilde commence à douter d’elle-même et surtout de ce que lui renvoie son corps, plus musclé que filiforme. Sa drogue à elle, c’est la course à pieds et l’athlétisme qu’elle pratique depuis des années. D’habitude, elle se tient à l’écart de la presse people et des nouveaux diktats de la mode. Mais avec le changement de Cézanne, elle se met d’un coup à détester son corps et à vouloir atteindre la même assurance que sa copine de classe. Malgré la présence de sa meilleure amie, la pétillante Louison, Mathilde tombe rapidement dans la maladie et se renferme sur elle-même, elle qui  était si souriante et sociable.

Je me suis postée devant le miroir pour dire au revoir à cette fille qui me faisait face et que je n’aimais pas. (p.57)

Ce roman est efficace, direct. L’auteure rentre tout de suite dans le vif du sujet, ce qui permet d’accrocher immédiatement le lecteur. J’ai eu beaucoup de mal à le lâcher, voulant rester aux côtés de Mathilde dans cette dangereuse quête d’idéal. Elle est très attachante, ainsi que Louison, la petite fée de Mathilde.

Mais Annelise Heurtier ajoute une profondeur à ce récit en intégrant le deuil, avec la perte récente de la grand-mère de Mathilde. Elle associe ainsi les deux thèmes, pour présenter un mal-être plus général. Les passages sur sa grand-mère sont très émouvants. Je me suis beaucoup reconnue dans le personnage de Mathilde, sans doute l’une des raisons pour lesquelles je n’ai pu lâcher ce roman! Et puis l’écriture est toujours aussi jolie…

Un roman que j’ai vraiment beaucoup aimé, que j’ai trouvé très juste.

Découvert une nouvelle fois grâce aux excellents conseils de Fanny des Pages versicolores. Son beau retour ici.

Annelise Heurtier, « Le complexe du papillon », Editions Casterman, 2016, 194 pages.