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« Le hérisson » de Mona Achache

19120448Cela faisait bien longtemps qu’un film ne m’avait plus fait cet effet-là! « Le hérisson », adapté du roman de Muriel Barbery et retransmis hier sur France 2, m’a à plusieurs reprises fait hérisser les poils.

Il brasse plusieurs thèmes dont les stéréotypes de l’apparence et du statut social, l’enfermement dans les catégories sociales, mais aussi l’ouverture vers les autres malgré ces différences. Car c’est précisément de cela dont il est question : oser passer le frontière qui nous enferme dans les classes sociales, pour peut-être faire une rencontre déterminante, une rencontre inoubliable, qui changera notre quotidien. C’est oser voir la deuxième personne qui se cache derrière un physique, un statut, un emploi, un titre.

3 personnages emblématiques également dans ce film (et à fortiori dans le roman) : une petite fille extrêmement intelligente, étrange et suicidaire Paloma; une concierge adorable, la dame passe-partout, seule, dévouée à son travail mais qui cache bien d’autres qualités, Renée Michel; et ce riche japonais qui vient tout juste d’emménager dans l’immeuble et qui se noue d’amitié avec la petite fille et la concierge. 3 personnages vraiment très attendrissants, énigmatiques, qu’on apprend à connaître au fil de l’histoire. Chacun dans leur monde, isolé à leur façon du « monde extérieur », il se créera entre eux un lien particulier, une amitié inattendue.

Si je n’ai pas été d’emblée séduite par le personnage de Paloma, celui incarné par Josiane Balasko m’a de suite touché. Concierge dans un immeuble parisien luxueux, elle passe totalement inaperçue aux yeux des habitants, pire, qui lui manquent parfois de respect et de politesse, sous prétexte de son statut social. C’est là qu’entre en scène le personnage japonais, ce sexagénaire serein, cultivé, qui brise les clichés et les tabous pour découvrir réellement la personne qui se cache derrière la loge d’entrée.

Quelques clins d’oeil aux grands noms de la littérature ne sont pas pour déplaire non plus, dans ce film touchant, qui fait du bien au coeur et au moral. Il donne le sourire et reste un moment en mémoire. Tout le monde n’est pas si mauvais, parmi « les gentils » et les « méchants » ou plutôt « les pauvres » et « les riches ». Certaines personnes valent réellement la peine d’être rencontrée et aimée, et bien souvent, ce sont celles vers lesquels on se serait dirigée en second lieu. En bref, la richesse et la position sociale ne font pas l’intérêt de la personne.

Je n’ai pas lu le roman, est-il aussi réussi? Qu’en avez-vous pensé?

De Muriel Barbery, j’ai découvert « La gourmandise ». Même si sur le coup, il ne m’a pas plus emballée que cela, il me laisse un souvenir agréable sur le style d’écriture de l’auteure et sa particularité à vouloir mettre en évidence des personnages authentiques, déjoués d’intérêts, ou au contraire, en pleine réflexion. En tout cas, « Le hérisson » m’a beaucoup donné envie de lire le roman « L’élégance du hérisson » (même si d’habitude, on fait plutôt le contraire!!).

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