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« Tout ce que nous aurions pu être toi et moi si nous n’étions pas toi et moi » d’Albert Espinosa

En effet, comment un roman portant un titre pareil pouvait-il passer inaperçu? Publié en 2012, on en a pas mal parlé sur les blogs, mais le flou sur son contenu est resté entier. Et je comprends mieux maintenant! A la limite, la 4ème de couverture en dit déjà beaucoup, même si celle-ci ne rompt pas, selon moi, le mystère qui entoure ce livre. Déjà son auteur, présenté dans une préface par un ami, paraît charismatique et décalé avec une philosophie terre à terre et tellement humaine. C’est ce qui m’a parfois donné l’envie de le rapprocher de son personnage de Marcos dans le bouquin. Une personnage hors du commun, doté d’une terrible sensibilité, de beaucoup de nostalgie et poussé au quotidien par une réflexion simple et philosophique de la vie. Cette vision, c’est sa maman qui l’a lui inculquée depuis son plus jeune âge. Chorégraphe professionnelle, elle a permis à son fils de voyager aux quatre coins du monde au gré de ses spectacles et de ses théories sur l’amour, la créativité, l’artistique, le sexe.

« Ma mère m’a abandonné et moi j’ai décidé d’abandonner le monde. » A l’annonce de la mort de sa maman qui le plonge dans un sentiment terrible d’isolement, et de perte de repères, Marcos se décide à se procurer cette fameuse solution pour arrêter à jamais de dormir. Seulement, cette nuit se passera d’une toute autre façon, le faisant vivre des événements qui auront à tout jamais des répercussions sur son avenir. A travers son récit, ce sont les souvenirs de sa maman qui rythment les pages, à coup de clins d’œil vraiment attachants, de nostalgie, de regrets, mais aussi d’espoirs.

Je n’en dirais pas plus car j’ai été réellement absorbée par ce roman qui ouvre toute une série de portes, de thèmes. Envoûtant, attachant, difficile de s’en défaire une fois commencé. Cela fait un bon bout de temps que je n’avais pas ressenti tout cela à travers une lecture. Je ne me suis pas ennuyée une minute, je regrette presque qu’il n’y avait pas plus à lire (212 pages).

Découverte totale de cet auteur qui nous offre là son premier roman. Un style d’écriture simple et direct dont les mots glissent de pages en pages, telle une mélodie. J’ai particulièrement aimé l’organisation des chapitres, très courts, chacun précédé d’une phrase énonciatrice de son contenu.

Cette histoire pousse à la réflexion sur soi, sur l’essentiel, mais aussi et surtout sur les autres, leur influence sur nous et sur le poids de nos décisions et de notre instinct.

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Quelques extraits parmi les nombreux qui m’ont touchée…

« … nous serions tellement plus heureux si c’était notre moi sexuel qui contrôlait notre vie, et si notre visage arborait le bonheur de la passion. »

« On finit toujours pas apprécier ce qu’on a perdu. »

« Ma mère disait que le dernier son d’un spectacle se construit dès la première note. »

« On ne sait jamais ce qu’on peut trouver derrière une porte. C’est peut-être ça la vie: pousser des portes. »

A découvrir, si cela n’est déjà fait! Le second roman, une autobiographie semble-t-il d’Albert Espinosa vient de sortir : « Le monde-soleil ».

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