Archives du mot-clé Le Mois belge

« Nuit » et « Mon monstre et moi » d’Emmanuelle Eeckhout

Je clôture le mois belge d’Anne et Mina avec deux albums jeunesse dégotés en dernière minute cette semaine à la bibliothèque. C’est la couverture de « Nuit » d’Emmanuelle Eeckhout qui a attrapé mon regard en premier. Généralement, ce qu’on croise dans les rayons pour les tout-petits est très coloré. Cette couverture sombre n’est donc pas passée inaperçu. J’ai ainsi fouillé dans le reste du bac dédié à cette auteure et illustratrice belge et trouvé de véritables bijoux!

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« Nuit » est composé de brefs paragraphes, une phrase par page pour être exacte, d’une poésie extraordinaire. Au fil des pages, E. Eeckhout passe en revue le monde qui doucement s’endort, et où les êtres nocturnes prennent le relais peu à peu. Le paysage s’assombrit, pour ne laisser entrevoir que de minimes tâches jaunes, que l’on devine à la lueur de cette si belle et ronde lune. Des mots à chuchoter, pour une douce invitation à aller au dodo!

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Dans un autre genre, on passe avec « Mon monstre et moi » à une histoire d’amitié… qui sort de l’ordinaire. Celle entre l’enfant-narrateur et son meilleur ami d’enfance. A nouveau, rien de superficiel à travers les pages, l’auteure et illustratrice se concentre sur l’épuré, le minimaliste. Une histoire faite de grands rêves d’enfant, mais aussi sur l’incompatibilité de cette relation.

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Il se dégage de ces deux albums une douce mélancolie, qui invite à l’apaisement et au repos. Grâce à ces titres, j’ai pu découvrir une double facette du travail d’Emmanuelle Eeckhout, de la poésie au niveau de la plume, et un style artistique épuré. Un nom que je suivrai, indéniablement!

Plus d’infos, allez voir son chouette site!

Emmanuelle Eeckhout, « Nuit », Editions Pastel, 2009 et « Mon monstre et moi », Editions Pastel, 2011

Lecture dans le cadre du Mois belge d’Anne et Mina

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« De regrettables incidents » d’Armel Job

L’année passée, je faisais la promesse de découvrir la plume d’Armel Job, après une mise à l’honneur digne de ce nom lors du mois belge. Choses faite dans le courant de l ‘année avec « Les fausses innocences », mais qui m’avait moyennement convaincue. Pour cette troisième édition du mois belge, j’avais malgré tout l’envie de lui donner une seconde chance, avec ce titre récent dont la présentation à l’époque me plaisait un peu plus.

9782221156933C’est l’histoire d’une famille de Kazakhes venue s’installer à Brul, en province de Liège, à la frontière allemande, après avoir pas mal déménagé : Jakob, Irène et leurs deux filles Olga et Vika. La cadette souffre depuis la naissance d’un souffle au coeur, raison pour laquelle ses parents ont jugé bon de venir vivre en Belgique, imaginant la prise en charge médicale de meilleure qualité. Recevant chaque année des avis d’expulsion, la famille Touzenbach s’est toujours fait très discrète et ne participe que rarement à la vie de ce petit village. Aux côtés de la petite Vika, Olga la vingtaine, évolue comme toutes les jeunes filles de son âge, marquant sur son passage toutes personnes qu’elle croise grâce à un physique plutôt avantageux. Et comme de fait, elle est de suite remarquée pour endosser le premier rôle féminin de la prochaine pièce de théâtre du Royal Sillon de Jalbour, ville voisine de Brul.

En parallèle, il s’agit d’un important challenge pour Werner, tout juste nommé aux commande du Royal Sillon, après avoir détrôné le richissime Arsène Choquier, en place depuis près de 20 ans. Sa pièce, c’est son nouveau « bébé » et il se donne pour défi d’en mettre plein la vue aux habitants du coin. Avec sa nouvelle recrue, il pense que le tour est joué!

Ce sont tous « De regrettables incidents », titre extrêmement évocateur, qui sont au cœur de ce théâtre qu’est la vie. Armel Job fait ressurgir les mensonges enfouis depuis bien longtemps et qui touchent les anciennes actrices du Royal Sillon. Il les fait exploser à l’occasion de la nouvelle pièce de théâtre, qui devient dès lors un objet de vengeance. Elle ne laissera personne indifférent, dans ce coin pourtant si calme qu’est Jalbour.

Dès le début de son roman, l’auteur passe constamment d’un personnage à l’autre, entamant une histoire, la laissant en suspens, pour passer à une autre et y revenir plus tard. Un style qui m’a quelque peu désarçonnée au départ, et puis je me suis prise au jeu. La grande force de ce roman est indéniablement la mise en scène de tous ces personnages, tous originaires de ce petit village, au quotidien plus que routinier, qui seront mêlés d’une façon ou d’une autre à Olga, et au Royal Sillon : Werner au rôle plus qu’essentiel, sa femme Marianne, Rachel ancienne étoile montante du Royal Sillon qui prend sous son aile la jeune et timide Olga, son mari Michel, la famille Choquier, sans oublier les Touzenbach, véritable pilier de toute cette affaire. On se prend au jeu de cette incroyable aventure rocambolesque que mène si bien Armel Job. Il garde la maîtrise de son texte et de ses personnages pour amener le lecteur vers des situations improbables. Avec comme trame de fond, un sujet beaucoup moins drôle, il arrive pourtant à divertir, à questionner, à jouer avec les nerfs de son lecteur.

Armel Job, « De regrettables incidents », Editions Robert Laffont, 2015, 285 pages.

Lecture dans le cadre du Mois belge d’Anne et Mina

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« Éviter les péages » de Jérôme Colin

Comme tous les ados, j’ai rêvé à un destin extraordinaire. Et comme tous les adultes, en grandissant, j’ai juste fait ce que la vie attendait de mois : aller tout droit, sans éviter les péages. p.17

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Le narrateur, dont on ne connait le prénom, est un chauffeur de taxi de 38 ans, avec le moral dans les chaussettes (et c’est peu le dire!). Il se trouve à un carrefour de sa vie où il hésite entre tout plaquer pour vivre pleinement le goût du risque – « éviter les péages », citation d’Alain Bashung et son « Osez Joséphine », dont j’aime beaucoup la métaphore – ou bien poursuivre son quotidien rangé, de mari et père de trois enfants, travaillant la nuit et sillonnant le centre de Bruxelles au gré des rencontres avec ses clients. Qu’est-ce qui a dérapé pour qu’il remette tout en cause? Pourquoi se pose-t-il ces questions à ce moment-là? Le lecteur le découvre notamment très peiné de la perte son papa, mort trois ans plus tôt d’un cancer. Perte de repères, de modèle, d’appui. Cela donne des moments très émouvants dans le livre, où le narrateur discute avec son papa, en plein milieu du cimetière, et dont les seules réponses sont évidement, le silence.

C’est la grande question des choix qui traverse ce roman. A l’aube de la quarantaine, cela semble tout à fait légitime de se demander si on peut encore plaire, de s’imaginer une deuxième vie avec une autre personne, de rêver d’aventure, de journées imprévisibles, où les surprises ont encore le pouvoir de nous émouvoir.

(…) Est-ce qu’il me reste des choses à faire sur cette terre?

Je ne le crois pas. J’ai déjà aimé fort. J’ai joui. J’ai eu trois enfants. J’ai voyagé un peu. J’ai rencontré des gens. Je connais déjà mes meilleurs amis. Qu’est-ce qu’il me reste à faire d’important? Rien, je crois. A trente-huit ans, l’essentiel a été fait. La partie est déjà finie! Et ça me rend dingue. p.79

Alors qu’un soir, il partage un verre avec son meilleur ami dans un bar, avant de prendre son service, notre homme a un coup de foudre pour Marie, une connaissance à son ami. Tout bascule. Il plonge alors les yeux fermés dans cette histoire passionnée durant un mois. Un mois, c’est court, mais tellement fort. Ils se découvrent déjà totalement amoureux l’un de l’autre. C’est donc très vite qu’il prend la décision d’interrompre cette aventure, avant d’atteindre le point de non-retour, et de prendre de la distance avec son épouse, pour réfléchir et faire le bilan de sa vie.

Cela faisait presque un an que ce roman m’attendait. Jérôme Colin n’est pas un inconnu en Belgique, même s’il s’agit de son premier roman : homme de radio sur la chaîne de service public francophone, il est également animateur sur la RTBF télé dans une émission intitulée « Hep taxi! » où il partageait le rôle de… chauffeur de taxi! et de journaliste, avec pour client à chaque tournage, une célébrité. Il me tardait de découvrir l’écrivain, métier qu’il lui tient particulièrement à cœur, en plus du passionné de musique rock et du journaliste, que je connaissais déjà. Dans les émissions qui ont suivi la parution de son bouquin, il revenait régulièrement sur le besoin de sortir les mots et d’extraire cette histoire de lui. Très vite, j’ai aperçu une incroyable ressemblance entre lui et son personnage. « Eviter les péages » a donc une grande part d’autobiographie, et je crois que je suis partie de ce constat dès le début de ma lecture. A mes yeux, c’est lui, Jérôme Colin, qui parle, qui ouvre son cœur à un nouveau public, qui décide de dévoiler un autre pan de sa personnalité, qui renverse l’image du gars jovial, bavard et dynamique qu’on a l’habitude d’entendre. Pour certains auteurs, écrire son histoire devient un exutoire, mais il peut s’agir aussi d’une véritable confidence offerte aux lecteurs.

C’est évidement un texte mélancolique, mais tellement réel et ancré dans un quotidien qui pourrait être le nôtre, homme ou femme. Tout quitter ou continuer ce chemin déjà balisé, au cours duquel les surprises diminuent, mais qui est confortable et surtout, où il ne nous manque de rien.

La musique, véritable moteur dans ce roman, sert de guide tout au long du questionnement du narrateur. Elle a toujours été essentielle à ses yeux, et elle continue de l’accompagner, quelque soient les obstacles à franchir et les décisions à prendre. Leonard Cohen, Alain Bashung, autant de grands noms qui résonnent en chacun de nous, et encore plus quand on s’imprègne de cette histoire.

Que c’est bon d’avoir mal quand le bourreau est une chanson douce. p.79

C’est un roman qui m’a beaucoup plu, pour son sujet, son traitement, où tout est toujours mitigé, sur la tangente, à l’instar du personnage qui ne sait jamais choisir. Ni jamais noir, ni trop lumineux. Il est sensible, tout comme le personnage principal, et vrai. Jérôme Colin, rencontré lors de la Foire du Livre de Bruxelles en début de cette année, a plusieurs fois confié qu’il avait trouvé une nouvelle voie, désormais devenue une drogue. Il s’est collé à l’écriture, et il ne peut plus s’en passer. C’est une histoire qui a un sens et un message qui peut servir à chacun de nous. Le seul regret pour moi est cette sensation d’inachevé, ressentie à plusieurs reprises. L’impression que l’auteur a amené plusieurs thèmes, qu’il n’a pas exploités jusqu’au bout. Plusieurs portes entrouvertes, vers lesquelles il n’a pas pu s’enfoncer. J’aurais aimé poursuivre sur ces thèmes, tellement j’ai apprécié son regard sur ceux-ci, à la fois personnel et universel. Ceci étant, je comprends mieux lorsqu’il annonce que d’autres livres suivront prochainement.

Un auteur à suivre, et un titre à lire pour celles et ceux qui aiment les questions existentielles, les rencontres fortuites qui donnent un sens à la vie, la musique rock des 70′-80′ et les ambiances moroses.

Jérôme Colin, « Eviter les péages », Éditions Allary, 2015, 197 pages.

Lecture dans le cadre du Mois belge d’Anne et Mina.

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« Les mots doux » de Carl Norac & Claude K. Dubois

Mon billet arrive à une heure tardive, mais ça me tenait sincèrement à cœur de parler de ce si joli livre pour enfants dans le cadre du mois belge, pour le rendez-vous « jeunesse ».

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Cet album est d’une douceur absolue, parfait pour les touts-petits lecteurs! J’ai flashé sur le titre à la Foire du Livre de Bruxelles de ce début d’année, et ai profité de la présence de l’illustratrice pour le faire dédicacer pour mon p’tit mec. C’est seulement plus tard que j’ai vu que les textes étaient signés Carl Norac, ce montois connu pour s’adresser au jeune public.

Ils sont là, je les sens gonfler sous mes joues.

« Les mots doux » ce sont ceux avec lesquels se réveille la petite Lola un matin et qui ont tant de mal à sortir. L’urgence du matin la pousse à l’école, les joues pleines de mots qui, au fil des heures, commencent à prendre beaucoup de place dans sa bouche…

Cette histoire paraît tellement d’actualité : l’enfant qui souhaite exprimer ses émotions, mais qui ne trouve pas le moment idéal pour en faire part à ses parents. Dans cette course contre la montre qu’est la vie, c’est en effet ma crainte de passer à côté de moments si précieux, qui s’offrent à nous seulement si on prend le temps de se poser quelques minutes. Un clin d’œil qui a donc trouvé écho en moi.

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Un sujet très intéressant, donc, qu’aborde Carl Norac, en toute simplicité, qui prend forme sous le trait de crayon si fin de Claude K. Dubois. Les deux artistes semblent être sur la même longueur d’onde et ça se ressent particulièrement à travers l’harmonie qui lie les mots et les dessins.

Une jolie histoire pleine de poésie et de bons sentiments, à lire et à relire à nos petits bouts!

Carl Norac (textes) et Claude K. Dubois (illustrations), « Les mots doux », Editions L’école des loisirs, collection Pastel, 2015.

Lecture dans le cadre du Mois belge d’Anne et Mina, pour le rendez-vous « jeunesse »

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« Comme un air de tendresse au bout des doigts » de Frédérique Dolphijn & Annabelle Guetatra

Aujourd’hui, point de classique sur le blog pour le « mois belge », mais plutôt ce roman paru chez Esperluète qui m’a suivie toute cette semaine, comme un joli compagnon de route, qui m’a apporté douceur, tendresse et poésie.

Le résumé évoque deux sœurs, qui s’éloignent, se retrouvent, se croisent, il ne m’en pas fallu plus pour acheter ce bouquin. Et puis, avec un titre aussi joli…!

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Je reviens tout d’abord sur le livre-objet. Quel bonheur à nouveau de tenir entre les mains un si beau papier, aux textes aérés, qui prennent leur espace entre les pages, accompagnés ici de dessins colorés. Je crois que le plaisir de l’ouvrir chaque jour était aussi associé à cette grande qualité qui fait partie des gros points forts des éditions Esperluète. C’est un objet à tenir précieusement, à manipuler avec précautions, et à garder près de soi.

IMG_1988Quant au roman… J’ai déjà lu un texte de Frédérique Dolphijn, intitulé Désir, qui était très poétique, mais c’est dans un autre univers qu’elle nous emmène ici, et dans une version beaucoup plus longue. J’y ai retrouvé évidement sa plume d’une douceur extrême, qui souffle les mots, pour ne pas trop perturber le calme que demande cette lecture. Deux soeurs, Cheyenne et Abeille, aussi proches que des siamoises durant leur enfance, qui déjà, se trouvent en marge du monde extérieur, et laissent aller leur imagination dans des mondes qu’elles se créent. Puis le temps fait son œuvre, et les deux sœurs, aujourd’hui adultes, vivent en parallèle des quotidiens routiniers, teintés de gris. Leurs journées sont présentées en alternance, leurs jobs et portraits se dessinent lentement, au fil des pages. Cela paraît assez flou pour le lecteur, l’auteure désire sans doute le garder dans un état d’apesanteur, comme le sont ses deux personnages. Une rupture s’est opérée, notamment avec le décès de leur maman. Mais le lien entre elles deux, sur lequel insiste Frédérique Dolphijn, est incassable, malgré les chemins différents qu’elles ont pris.

L’auteure nous invite à laisser exprimer nos sens, qui sont fortement présents et explorés tout au long du roman. Le toucher, l’ouïe, la vue. Ce livre est un souffle, fait tantôt de phrases courtes, parfois juste une succession de mots, tantôt d’échanges fantasmés. Quelques souvenirs de Cheyenne et d’Abeille petites, viennent marquer une coupure plus gaie, des clins d’oeil à leur grany, des sourires et beaucoup de complicité. Une naïveté enfantine qu’elles recherchent aujourd’hui. On aperçoit deux âmes en peine, à l’affût d’un rayon de soleil.

Teinté d’une mélancolie, ce roman très doux nous propose de parcourir un bout de vie avec Cheyenne et Abeille et à entrevoir avec elles un avenir plus lumineux, tout en gardant des cicatrices du passé.

Les splendides peintures d’Anabelle Guetatra apportent de la couleur à l’histoire, même si je n’ai pas tout le temps fait le parallèle avec le texte. Elles sont souvent suggérées, tout comme les phrases, et renforcent la sensualité que délie le livre.

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Frédérique Dolphijn (textes) et Annabelle Guetatra (illustrations), « Comme un air de tendresse au bout des doigts », Editions Esperluète, 2014,120 pages.

Une lecture dans le cadre du Mois belge d’Anne et Mina

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« Des nouvelles de Mons » (Collectif)

Ce recueil édité chez l’excellente Luce Wilquin propose 10 histoires écrites par des auteurs belges, dont certains sont natifs du Hainaut, mettant en lumière la ville de Mons. Pour les français, il s’agit du chef-lieu de la province de Hainaut, située en Wallonie, à 1h de Bruxelles et de Lille, près de la frontière française à quelques kilomètres de Maubeuge. Cette ville a été fortement mise à l’honneur en 2015, en devenant « capitale européenne de la culture ».

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Ce sont de très jolies histoires qui nous sont présentées dans ce recueil, où les auteurs partagent un attachement sensible à cette ville. Ils évoquent chacun à leur tour, de façon différente, une atmosphère, une rencontre, une observation, au détour des rues montoises. Ce qu’ils témoignent est, je peux vous le certifier, assez fidèle à ce qu’on peut rencontrer dans la cité du Doudou. La Ducasse de Mons justement, plus familièrement appelée « le Doudou », n’a pas une place prépondérante, étonnamment, (car il s’agit de l’événement de l’année qu’attendent tous les montois!), mais elle laisse plutôt place au mythe de saint Georges et du dragon.

Il s’agit donc ici d’une invitation à se balader, à reconnaître des façades, à sourire aux personnes que l’on croise, à accepter le café d’un inconnu. Les atmosphères sont très présentes et c’est véritablement celles-ci qui m’ont séduite. Atmosphère de rue (à pavés évidemment!), de parcs, de lieux plus cachés qu’enferme le centre historique. Au gré des saisons, tantôt plus froides, tantôt lumineuses, sur le banc au beau milieu d’un espace vert, ou en terrasse sur la splendide Grand-Place, tous nous rappellent ce qui participe au charme de cette ville, entre modernité et architecture d’époque.

Les personnages qui se dessinent parmi ces courts textes sont assez diversifiés également, ce qui renforce le plaisir de l’évocation, le fait qu’elle se fasse à travers plusieurs voix. Elle est enfantine avec Nicolas Ancion et son très tendre « Georges et les dragons », féminine et sensuelle dans « A Mons un matin » avec Malika Madi et masculine dans « Le beffroi de mon jardin » de Rémi Bertrand. J’ai retrouvé la belle plume de Françoise Houdart, découvert celle de Toni Santocono, teintée d’humour. Daniel Charneux, qui a dirigé ce projet, y a également apposé sa plume.

Indéniablement, on est face à des textes de qualité, percutant dès les premiers mots, et dont la narration est incroyablement menée, avec parfois un effet de surprise à la fin qui accroît le bonheur de lecture.

Peut-être y ai-je été plus sensible, connaissant aussi bien cette ville où je travaille et vit? La superposition entre les mots, et les images réelles qui me venaient naturellement, est frappante!

Daniel Blampain, cité par Daniel Charneux dans sa préface, fait part de son « souhait de pérenniser la tradition du livre comme objet de cadeau ». Celui que je garde entre les mains en est un parfait exemple, merci Mina!

J’aurais bien voulu trouver une vraie légende, un bout de rêve, une histoire qui me fasse rêver. J’ai grandi, je me suis marié, j’ai évité de fumer des cigarettes mais je n’ai jamais retrouvé la magie de saint Georges et de mes combats imaginaires, casserole sur la tête, couvercle en guise de bouclier, quand j’attaquais les fauteuils du salon. (p.29 – « Georges et les dragons »).

Lecture dans le cadre du Mois belge d’Anne et Mina, pour le rendez-vous autour de la nouvelle

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Collectif, « Des nouvelles de Mons », Editions Luce Wilquin, 2010, 95 pages.

3ème édition du mois belge d’Anne et Mina

Je l’annonçais déjà en ce début de mois, totalement impatiente de découvrir le programme du mois belge concocté par mes compatriotes et amies Anne et Mina. Les rendez-vous ont été dévoilés, laissant présager de beaux échanges, toujours plus de découvertes ou des rencontres qui se confirment. Mais en tout cas, du plaisir de lire la littérature belge et le bonheur de mettre en avant notre culture, littéraire, mais aussi musicale, artistique, touristique,… durant un mois complet. Il arrive, certes, dans un contexte un peu particulier, mais ça fera du bien, je pense, de voir au fil des billets et au fil des jours, les différentes facettes de notre pays atypique qui font sa richesse.

Il s’agit de la troisième année consécutive que je participe à cet événement, depuis son lancement, et je peux vous affirmer que c’est toujours un grand bonheur pour moi de passer un mois parmi les auteurs belges, même si, depuis, c’est une littérature que je poursuis tout au long de l’année. Si vous voulez choper des idées ou voir mes coups de coeur des précédentes éditions, voyagez parmi mon tag « le mois belge » ou dans les catégories « littérature belge » et « nouvelles belges« . Il y a aussi plein de bonnes idées chez nos deux co-organisatrices.

Elle évolue depuis plus d’un mois, elles étaient deux, j’ai fait des choix, la voici toute prête pour être parcourue : ma sélection belge pour cette nouvelle édition.

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Avec mes « priorités » :

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Lisez belge, découvrez nos auteurs, voyez ce que ce tout petit pays renferme de si beau. Soyez les bienvenus, en tant que participants, ou lecteurs, dès ce vendredi 1er avril! Toutes les infos pratiques et les dates des rendez-vous se trouvent chez Anne et Mina.

Retour sur le Mois belge

Tout comme Mina, c’est un tantinet essoufflée que je termine ce mois d’avril, après deux mois à lire 100% belge! Cette année, en préparation du Mois belge qui m’avait tant plu lors de la première édition, je m’y suis prise à l’avance, ai préparé une PAL (eh oui, tout arrive!) et me suis astreinte à une rigueur plus soutenue qu’en temps normal. Il y avait tant d’auteurs relevés en 2014, et tout au long de l’année, que pour moi, c’était le moment ou jamais de me lancer à leur rencontre.

A bout de course, mais heureuse, je suis! En effet, mon nombre de lectures a pratiquement doublé par rapport à l’année passée. Et je ne vous parle pas de mon rythme habituel! Comme quoi, la motivation de groupe, il n’y a rien de tel! Car évidement, la force et le plaisir de ce genre d’organisation est tout l’enthousiasme et l’engouement qui gravitent autour. Pour une fois, on n’est pas seul à lire dans notre coin! Nos organisatrices Anne et Mina ont créé à l’occasion un groupe et des événements/rendez-vous sur facebook et ont, à mes yeux, véritablement contribué à cette cohésion de groupe.

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Bilan chiffré et auteurs

9 lectures donc pour ce Mois belge (et 5 en 2014), dont (et c’est ma grande fierté) 5 issus de mes étagères personnelles! Il y a eu un prêt de Mina et 3 emprunts à la bibliothèque. Je reste irrésistiblement attirée par les auteurs féminins car il y en a eu 5 contre 2 masculins. 1 récit, 2 recueils de nouvelles et 6 romans. 4 proviennent de maisons d’éditions belges : Quadrature, Luce Wilquin et Esperluète.

Les deux premiers éditeurs belges, que j’ai vraiment commencé à apprécier lors du Mois belge 2014, m’ont suivie toute l’année et je continue à leur faire confiance (quasi) les yeux fermés lors des nouvelles parutions. Les éditions Esperluète, Mina m’a justement invitée à les découvrir en novembre dernier lors de son challenge annuel dédié à un éditeur belge, mais l’occasion ne s’était pas encore présentée pour prendre le train en marche. Cela a été chose faite ce mois-ci avec « Bateau-ciseaux », et si ce récit m’a touchée, c’est surtout le plaisir d’avoir eu entre les mains un si bel objet, que je retiens. Résultat, au moins 5 titres attendent désormais leur tour chez moi avec la ferme intention de m’aider à me rattraper lors du challenge de Mina!

De ces lectures belges, il y a un  gros coup de coeur, « Karen et moi » de Nathalie Skowronek, et 2 autres qui resteront de très beaux souvenirs, « Si tu passes la rivière » de Geneviève Damas et « Nos mères » d’Antoine Wauters. J’ai le sentiment d’avoir rencontré une autre série d’auteurs belges, jamais lus auparavant, et différents de l’année passée. Il y a eu un voyage au nord du pays, avec Tom Lanoye, dont j’aimerais lire à présent « Les boites en carton ». L’humour amer flamand m’a attirée également avec Dimitri Verhulst, aperçu chez Anne. Son enthousiasme est particulièrement communicatif et je n’attendrais certainement pas 2016 pour rencontrer Eva Kavian qu’elle a également présentée. Enfin, (décidément, Anne est ma vile tentatrice de ce mois!), Armel Job reste l’un des auteurs qui a été le plus apprécié et qu’il me tarde également de découvrir dans les prochaines semaines.

J’ai fait sa connaissance l’année passée, et comme pour fêter cette rencontre, j’ai pioché un autre titre d’Aurelia Jane Lee, prêté par Mina, « La méridienne du cœur ». Le plaisir fut intact!

A garder très précieusement : l’impressionnant récapitulatif fait par Mina des 145 lectures belges de ce mois!

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Programme futur

C’est donc très heureuse et satisfaite que j’ai terminé avril, en voyant une PAL belge engloutie. Mais c’est avec une envie d’ailleurs que je débute mai, comme un sentiment de vouloir marquer une césure, une volonté de changement et de voyage. Ce n’est pas faute de croiser les auteurs belges non explorés encore, à la bibliothèque, mais ce mois-ci en tout cas, c’est vers les plus gros romans, au genre différent, sombres ou au contraire beaucoup plus légers, que je désire me tourner. Aussi, je me rends compte qu’il me manque déjà comme une ligne de conduite de futurs lectures. Même si j’aime les choisir presque au hasard, en fonction de mes humeurs, j’ai apprécié ce minimum d’organisation et l’excitation qui en découle : tout juste après avoir refermé un livre, la curiosité de passer au suivant était à son comble! Cela m’amène en outre à envisager une nouvelle façon de planifier, de créer et classer par PAL…

L’année reste évidement belge pour ma part, accompagnée de toute la diversité que m’offrent les rencontres du hasard et qui nous permettent d’explorer bien d’autres contrées.

(Comme un air de Québec?)

Merci, merci, à mes amies Anne et Mina pour cette organisation qui a marché du tonnerre, grâce à votre rigueur (car il en faut), vos conseils judicieux, votre implication et bien entendu le plaisir de faire découvrir la littérature de chez nous. A l’année prochaine!

« Nos mères » d’Antoine Wauters

Rencontré l’année passée lors de la Foire du Livre de Bruxelles, Antoine Wauters y a remporté le prix Première avec « Nos mères », une histoire qui secoue, réveille, mais aussi empreint d’humanité et d’espoir. C’était l’occasion de le sortir de ma bibliothèque pour clôturer le Mois belge.

Le petit Jean vit avec sa maman et son grand-père dans une maison au bord des montagnes, dans un pays du Proche-Orient que j’imagine être la Syrie. Cette famille amputée par la mort du père, tressaille au quotidien et tente de survivre à cette guerre qui n’en finit plus. Car si elle se concentre encore pour le moment dans la capitale, le risque de fusillades est bien présent à chaque coin de rue. Une situation malsaine qui pèse beaucoup sur le moral de la maman, qui a non seulement perdu son mari, doit s’occuper de son père dont la santé se dégrade de jour en jour et continue de protéger son garçon en lui promettant une vie meilleure. Elle trouve la solution, malgré le terrible déchirement qu’il provoquera, en l’envoyant dans un centre d’adoption où une famille décidera très vite de l’accueillir en Europe.

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Antoine Wauters a décidé de découper ce roman en trois parties  : les deux premières présentant deux périodes dans la vie de Jean, qui fait le pont entre la Syrie et l’Europe, et une troisième qui concerne sa maman d’adoption sur laquelle je reviens après.

Les mots sont forts pour dénoncer un environnement dangereux, étouffant, qui n’envisage pas de lendemains meilleurs. Que du contraire, à mesure que l’on avance dans le texte, on ressent la menace s’approcher et le fil prêt à casser à n’importe quel moment. Une explosion toute proche également au sein de cette petite famille coincée entre quatre murs et qui attend. Le confinement de Jean dans le grenier et le repos forcé du grand-père au rez-de-chaussée sont des ambiances moroses judicieusement rendues par un style désorganisé et brut, qui donne à deviner ce qu’il est en train de se passer. Le décor ne se dévoile qu’au fil des pages. Ce sont des paragraphes qui surgissent de partout, des phrases courtes, répétitives, un cheminement parfois compliqué, pour mieux se rendre compte, par ailleurs, de l’imaginaire développé par Jean : plusieurs voix s’élèvent en lui, il évoque « ses mères », pourtant seule, s’invente une amie prénommée Luc. L’état mental de la maman va crescendo aussi, dont j’ai ressenti le désespoir grâce, toujours, à la force utilisée par l’auteur tant dans le style que dans les mots. C’est tranchant.

Elles crient.

Leur enfant.

Elles osent poster leur corps sur la terrasse grise de la maison jaune.

Mon enfant, mon amour.

Elles osent crier.

Ma brebis, ma poule d’eau, mon amour.

Elles ont, sur la terrasse, des larmes fraîches sous leurs pieds nus. » (p.12)

Ensuite vient la seconde partie, plus lumineuse, où Jean avance pas à pas dans cette nouvelle vie européenne. Rien n’est évident puisqu’il doit non seulement retrouver ses repères dans cet environnement plus matérialiste, mais surtout se laisser aller avec sa mère d’adoption, Sophie. La relation qui se tisse très timidement entre ces deux êtres blessés par un passé encombrant, est témoignée avec plus de poésie cette fois-ci et une grande tendresse du côté des deux personnages. Si Jean doit accepter de laisser derrière lui une enfance meurtrie et une maman qui a tout sacrifié pour son bonheur, Sophie est également poursuivie par de vieux démons sur lesquels nous revenons dans la troisième partie. La boucle est bouclée, et chacun doit fermer ces portes pour écrire une nouvelle page de leur histoire.

Ce roman est un tourbillon d’émotions, qui touche au coeur. Très riche au niveau des thèmes abordés, comme la cruauté de la guerre, l’adoption, les relations familiales, la reconstruction personnelle, « Nos mères » ébranle. La plume d’Antoine Wauters est coupante en début de texte, et poétique ensuite. J’ai aimé ce changement de style, qui a permis de faire surgir les émotions liées à ces deux périodes de vie diamétralement opposées. C’est surtout la seconde partie qui m’a intéressée, où l’on devient le témoin de l’évolution de Jean. Il a su malgré tout trouver ses marques en se nouant notamment plusieurs amitiés qui l’ont guidé vers une destinée qui semblait claire dès le départ. L’amour des mots, encore une fois, pour s’échapper d’une réalité et se reconstruire avec l’aide d’un entourage aimant bien que maladroit. J’ai beaucoup aimé les personnages, principaux et secondaires. Chacun à son niveau apporte sa pierre à l’édifice pour participer à la construction de cette famille nouvelle.

Un premier roman intense, vivifiant et un hommage très humble à toutes nos mères…

Antoine Wauters, « Nos mères », Editions Verdier, 2013, 144 pages.

Dernière lecture dans le cadre du Mois belge d’Anne et Mina!

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« Les blondes à forte poitrine » d’Isabelle Baldacchino

Je vous faisais part en novembre dernier du bonheur d’avoir goûté au premier recueil de nouvelles d’Isabelle Baldacchino, Le manège des amertumes, et de mon envie pressante de continuer dans cet univers particulier. Plusieurs mois plus tard, comme pressenti lors de la rédaction de ce billet, c’est surtout le ton qui me reste, le style amer et sombre, avec, ceci étant, une petite pointe d’émotion qui a su me toucher à pratiquement chaque nouvelle. C’est donc avec une grande impatience que j’ai attendu son nouveau recueil, tout juste reçu pour ce Mois belge, il y a 1 semaine. Ce deuxième titre devait avoir la pression car ce n’est pas une admiratrice, qu’il devait arriver à convaincre, mais bien deux! En effet, c’est une Mina tout aussi enthousiaste qui m’a accompagnée durant cette lecture.

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Isabelle Baldacchino l’a intitulé « Les blondes à forte poitrine », un titre interpellant, qui fait sourire, laissant déjà entrevoir un univers différent (plus humoristique?) que son prédécesseur. La comparaison entre les deux lectures, inévitable mais que j’aurais sans doute dû éviter, s’arrêtera vite car j’ai compris très tôt que l’auteure a décidé de jouer dans un autre registre.

Dès les premières nouvelles comme « Coprolalie« (un mot que je ne connaissais d’ailleurs pas!), et cela se répètera dans pas mal d’histoires comme « Petite conne » et « Indigne« , le ton est vif, cru, grossier même. L’auteure a continué d’employer une narration à la première personne pour la majorité de ses textes, comme dans son premier recueil,  appuyé donc par ce style direct. Bien entendu, cela va de pair avec les personnages imaginés : ils sont pour la plupart blessés, désemparés, ou au contraire, en colère. Ils crient leur solitude, l’indifférence ou l’injustice dont ils sont victimes.

J’aime les plates, les planches, les plus très fraîches. Les poilues, les tachées, les fanées. Je les prends par trois, une grosse, une maigre, une avariée.

J’aime les femmes laides. (J’aime – p.28)

Dans tous les cas, ils ont un message à faire passer. J’aime ces histoires qui sont loin d’être lisses. Mais je l’avoue, pour moi, c’était à l’excès. Un juste équilibre entre les deux m’aurait davantage sied. D’autres m’ont mise mal à l’aise de par le sujet ou l’ambiance abordés, comme Au suivant.

Néanmoins, certains textes ont réussi à me toucher. Ils ne sont pas particulièrement tendres pour autant, mais ils dévoilent de façon plus délicate la face cachée de ces personnes en détresse ou isolées. C’est le cas avec « Rauque mon chou« , où une dame passe systématiquement un soir par semaine accoudée à un bar à observer le monde qui l’entoure; la soeur aînée qui garde en elle beaucoup de rancoeur et qui risque de tout faire éclater lors d’une énième « Réunion de famille« , ou encore cette femme bien dans sa peau mais trop « Ronde » par rapport à ce que nous dicte la société.

Il y a eu de l’amusement aussi, de l’ironie. Dans « Courbe de Bézier« , la plus longue (12 pages), la vie d’un fonctionnaire maniaque se retrouve complètement retournée à cause… d’une chaise Ikéa, déposée chaque matin devant sa porte de maison. Le grain de sable qui chamboule l’engrenage d’une vie (trop) rangée.

Ce recueil, j’ai vite compris qu’Isabelle Baldacchino avait eu envie de le saupoudrer d’une part de sa vie. Les clins d’oeil sur la région du Borinage sont récurrents, bien connue pour ses anciennes mines de charbonnage (auxquelles elle rend hommage dans « Marcasse« , un texte sombre mais touchant sur le quotidien dangereux aux lendemains compromis d’un minier) ou sa population plus précarisée (« On the road again« ). Évidemment, elles ont eu un écho particulier en moi, qui partage les mêmes origines, et des sourires que me valait la dérision employée par l’auteure.

« Les blondes à forte poitrine » se détache clairement de son prédécesseur, notamment pour le ton plus cru et la brièveté des textes (les histoires me paraissant parfois survolées). Malgré mon sentiment mitigé, une affinité particulière me lie à l’univers d’Isabelle Baldacchino que je retrouve nul part ailleurs.

L’avis de mon amie Mina, également déstabilisée, mais avec qui j’ai adoré échanger en temps réel nos impressions!

Isabelle Baldacchino, « Les blondes à forte poitrine », Editions Quadrature, 2015, 115 pages.

Service presse reçu de l’éditeur.

Lecture dans le cadre du Mois belge d’Anne et Mina.

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