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« Comme un air de tendresse au bout des doigts » de Frédérique Dolphijn & Annabelle Guetatra

Aujourd’hui, point de classique sur le blog pour le « mois belge », mais plutôt ce roman paru chez Esperluète qui m’a suivie toute cette semaine, comme un joli compagnon de route, qui m’a apporté douceur, tendresse et poésie.

Le résumé évoque deux sœurs, qui s’éloignent, se retrouvent, se croisent, il ne m’en pas fallu plus pour acheter ce bouquin. Et puis, avec un titre aussi joli…!

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Je reviens tout d’abord sur le livre-objet. Quel bonheur à nouveau de tenir entre les mains un si beau papier, aux textes aérés, qui prennent leur espace entre les pages, accompagnés ici de dessins colorés. Je crois que le plaisir de l’ouvrir chaque jour était aussi associé à cette grande qualité qui fait partie des gros points forts des éditions Esperluète. C’est un objet à tenir précieusement, à manipuler avec précautions, et à garder près de soi.

IMG_1988Quant au roman… J’ai déjà lu un texte de Frédérique Dolphijn, intitulé Désir, qui était très poétique, mais c’est dans un autre univers qu’elle nous emmène ici, et dans une version beaucoup plus longue. J’y ai retrouvé évidement sa plume d’une douceur extrême, qui souffle les mots, pour ne pas trop perturber le calme que demande cette lecture. Deux soeurs, Cheyenne et Abeille, aussi proches que des siamoises durant leur enfance, qui déjà, se trouvent en marge du monde extérieur, et laissent aller leur imagination dans des mondes qu’elles se créent. Puis le temps fait son œuvre, et les deux sœurs, aujourd’hui adultes, vivent en parallèle des quotidiens routiniers, teintés de gris. Leurs journées sont présentées en alternance, leurs jobs et portraits se dessinent lentement, au fil des pages. Cela paraît assez flou pour le lecteur, l’auteure désire sans doute le garder dans un état d’apesanteur, comme le sont ses deux personnages. Une rupture s’est opérée, notamment avec le décès de leur maman. Mais le lien entre elles deux, sur lequel insiste Frédérique Dolphijn, est incassable, malgré les chemins différents qu’elles ont pris.

L’auteure nous invite à laisser exprimer nos sens, qui sont fortement présents et explorés tout au long du roman. Le toucher, l’ouïe, la vue. Ce livre est un souffle, fait tantôt de phrases courtes, parfois juste une succession de mots, tantôt d’échanges fantasmés. Quelques souvenirs de Cheyenne et d’Abeille petites, viennent marquer une coupure plus gaie, des clins d’oeil à leur grany, des sourires et beaucoup de complicité. Une naïveté enfantine qu’elles recherchent aujourd’hui. On aperçoit deux âmes en peine, à l’affût d’un rayon de soleil.

Teinté d’une mélancolie, ce roman très doux nous propose de parcourir un bout de vie avec Cheyenne et Abeille et à entrevoir avec elles un avenir plus lumineux, tout en gardant des cicatrices du passé.

Les splendides peintures d’Anabelle Guetatra apportent de la couleur à l’histoire, même si je n’ai pas tout le temps fait le parallèle avec le texte. Elles sont souvent suggérées, tout comme les phrases, et renforcent la sensualité que délie le livre.

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Frédérique Dolphijn (textes) et Annabelle Guetatra (illustrations), « Comme un air de tendresse au bout des doigts », Editions Esperluète, 2014,120 pages.

Une lecture dans le cadre du Mois belge d’Anne et Mina

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