Archives du mot-clé Le Mois belge

« La Grande Ourse » de Carl Norac (texte) et Kitty Crowther (dessins)

Que se passerait-il si la Grande Ourse se détachait du ciel pour venir voir ce qu’il se passe sur la Terre?

C’est très symboliquement que Carl Norac envisage les tourments qui apparaîtraient si pareille chose se produisait! Avec les beaux dessins de Kitty Crowther, ils arrivent tous deux à imaginer une réelle ourse, en train de voyager sur la terre, pendant que le reste du système solaire s’affole : le soleil se rapproche pour voir ce qu’il se passe, les habitants ont d’un coup très très chaud; déboussolée, la terre refuserait de tourner plongeant une moitié du monde dans le noir complet, et l’autre moitié continuellement dans le jour. Les terriens essaieraient de convaincre la Grande Ourse de rejoindre les autres étoiles, mais en vain : elle se plaît trop bien sur la terre ferme!

Le monde poétique de Carl Norac à nouveau entre mes mains, accompagné cette fois-ci de la talentueuse et illustratrice belge Kitty Crowther. Sans réellement comprendre l’enchaînement des faits, mon bonhomme de bientôt 4 ans s’est amusé des réactions que la balade de la grande ourse provoquait. Pour les plus âgés, cette histoire, aux allures féériques, permet d’expliquer que chaque chose dans le monde a une place précise et que si l’une d’elle bouge, c’est le reste qui en est bouleversé.

J’ai beaucoup aimé le format du livre, qui offre de grandes pages et de superbes illustrations. C’est tout doux, rigolo. Une bien jolie histoire!

 

Cinquième et dernière contribution au mois belge d’Anne et Mina!

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Carl Norac (texte) et Kitty Crowther (dessins), « La Grande Ourse », Éditions École des Loisirs, collection Pastel, 1999, 30 pages

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« Je n’ai rien vu venir » d’Eva Kavian

Faut-il tomber au plus bas de l’échelle sociale pour être dans le monde réel? (p.86)

A 68 ans, Jacques doit se rendre à l’évidence : il a besoin d’aide. Après la faillite de l’entreprise pour laquelle il travaillait, les ennuis se sont enchaînés. Les factures impayées ont entraîné la coupure du gaz, de l’électricité. Ce monsieur a du ensuite vendre ses livres pour pouvoir manger, et finalement quitter son logement qu’il louait. A la rue depuis plusieurs jours, il se tourne bon gré mal gré vers une résidence située à Namur qui abrite des sans-abri. Il n’a pas d’autres mots : « Je n’ai rien vu venir ». Jamais il n’aurait pensé que ça pouvait un jour lui arriver. Malgré cet échec, Jacques garde sa fierté et refuse qu’on le compare aux autres pensionnaires. Il partagera une chambre avec 3 autres personnalités bien trempées. Il y a tout d’abord Momo, trentenaire hyperactif, toujours soucieux à se rendre utile aussi bien à la résidence que pour ses collègues. Filleul Royal, au passé troublant et qui a déjà essayé de se suicider plusieurs fois. Et enfin Ramon, qui noie son chagrin dans la boisson. Mais derrière chacun de ces visages traumatisés par une expérience douloureuse, se cache une âme sensible, une volonté de s’en sortir malgré tout et une générosité sans limite. Petit à petit, les préjugés de Jacques vont tomber, il se rendra compte qu’être sans-abri n’est pas une maladie et que pour beaucoup, ce sont les rencontres, l’environnement extérieur ou simplement un mauvais destin, qui les ont mis sur cette voie. Il va s’ouvrir aux autres, apprendre à aller au-delà de l’apparence et du mot « sans-abri », comprendre réellement ce qui lui arrive, et se retrouvera bien plus changé qu’il ne pouvait l’espérer.

Il n’en a pas l’air comme ça, mais ce court roman soulève bon nombre d’interrogations et sans le faire directement, Eva Kavian donne à son lecteur/sa lectrice, l’envie de réagir. Elle arrive notamment à y glisser un manque d’accompagnement des résidents dans leur projet de vie de la part des équipes éducatives, ainsi qu’une carence flagrante dans les aides disponibles à l’extérieur. La voix des travailleurs sociaux s’élèvent de temps en temps au cours du récit, pour faire le point sur les personnes qu’ils suivent, et qui se résument soit par des questions, soit par un appel à l’aide. L’auteure précise bien que son livre détient une part de réel, observée sur le terrain, mais qu’il s’agit d’une fiction.

Je n’ai pas pensé le mot solution après le mot abri. Trouver un abri était une solution. (p.11)

Malgré la tristesse du sujet, il y a une sorte de « good-feeling » qui se dégage de cette histoire. Ce sentiment est sans aucun doute liée aux personnages qui véhiculent de chouettes valeurs d’entraide, de solidarité. Ils donnent vraiment à réfléchir, à relativiser notre propre vie. Ils n’ont rien, leur avenir n’est pas très optimiste, et pourtant ils ne perdent ni la foi en l’humain, ni l’espoir de sortir de là un jour et de reprendre les rails d’une vie « normale ». On se sent bien dans cette résidence, on aime découvrir leur quotidien, leurs anecdotes. Des scènes soulèvent même quelques sourires. Il n’y pas de calcul, ni d’à priori entre eux, ils parlent comme ils pensent. Je n’avais pas envie de les quitter, c’est bons hommes de la résidence.

Comme ce fut le cas avec « Ma mère à l’Ouest » qui est axé jeunesse, contrairement à ce titre-ci, l’auteure belge aborde des sujets de société graves, mais avec finesse et sans jamais alourdir l’ambiance. Je repense d’ailleurs au beau roman de la québécoise Sophie Bienvenu sur le même sujet, avec un personnage central beaucoup plus jeune, qui m’avait tout autant remuée. Avec une légère préférence pour « Je n’ai rien vu venir », pour cette part d’humanité plus développée, et ses personnages attendrissants. Je suis très contente de l’avoir sorti de ma bibliothèque à l’occasion du mois belge.

Une fois encore, j’ai aimé ses mots, son style fluide, touchant et marquant. Je vous le conseille, juste pour connaître le temps de quelques pages le quotidien de ces hommes et ces femmes que l’on croise chaque jour, et qui se fondent aujourd’hui dans le décor.

Merci à Mina qui m’a offert ce roman il y a 2 ans!

Quatrième contribution au mois belge d’Anne et Mina!

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Eva Kavian, « Je n’ai rien vu venir », Editions Weyrich, collection Plumes du Coq, 2015, 128 pages

« Rue des amours » de Carl Norac (textes) et Carole Chaix (dessins)

Au fond, ma rue est pareille à un petit pays, même s’il n’y a pas la mer. Dans la ville grise, je vois aussi des couleurs.

Comment une rue peut-elle être aussi grise, avec un joli nom tel que « la rue des Amours »? La jeune narratrice de cet album se pose la question. Elle va alors nous inviter, nous lecteurs et lectrices, à se balader parmi les maisons et immeubles du quartier, tout en s’interrogeant sur la quantité d’amour qui peut avoir dans chacune de ces habitations.

Carl Norac et Carole Chaix signent ici le mariage parfait entre un texte à la fois innocent et réaliste, et des dessins qui les illuminent. Les deux éléments se combinent à merveille, l’un rendant grâce à l’autre, toujours très justement.

C’est à pas feutrés que nous entrons chez ces personnes, qui présentent une caractéristique qui a sauté aux yeux de la raconteuse. Une passion, une humeur, un parcours, une habitude. J’ai aimé m’interroger sur cet aspect que l’on retient au premier coup d’œil, d’une personne que l’on rencontre.

Cela donne une galerie de portraits éclectiques qui prennent vie sous la superbe plume poétique de Carl Norac. Les textes sont doux, certains renferment un soupçon de naïveté qui m’a fait sourire. D’autres sont un peu plus graves, et lèvent un voile sur la part plus solitaire de la personne présentée. C’est ceux-là qui m’ont le plus touchée :

Monsieur Daily Mirror est mon voisin d’en face. Souvent, je le vois par la fenêtre : il se parle à lui-même. Dans son appartement, il a placé beaucoup de miroirs. Dès qu’il entre chez lui, il est plusieurs. (…)

Cependant, il y a toujours un court moment où je le vois, tristement, jeter un coup d’oeil à une photo. Dans ce petit cadre, derrière la vitre sans reflets, il est assis sur un banc, tout seul.

 

Je trouve que c’est un ouvrage qui donne envie de se poser, même quelques secondes, sur toutes ces personnes que l’on croise, et d’en savoir plus sur ce qui rythme leur vie. Sont-ils heureux? Sont-ils aimés? Ont-ils des projets? Que font-ils de leurs journées? Je pense que ça colorerait un peu plus le monde qui nous entoure, comme dans ce superbe « Rue des Amours ».

Carl Norac (textes) et Carole Chaix (illustrations), « Rue des Amours », Éditions A pas de loups, 2016, 72 pages

Dès 8 ans

Troisième contribution au mois belge d’Anne et Mina!

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Le très beau billet de Fanny qui a aussi succombé au charme de cette rue, dans la réalité, proche de chez elle en plus!

Un mot enfin sur la maison d’édition jeunesse et belge « A pas de loups » qui propose un éventail d’ouvrages aussi beaux qu’originaux. Leurs albums sont des objets de qualité, aux formats variés. Et je trouve que l’harmonie entre l’auteur et l’illustrateur est à chaque fois très juste. C’est un gros coup de cœur donc pour cette maison, que j’ai eu l’occasion de rencontrer lors de la foire du livre de Bruxelles et dont je vous présenterai tout bientôt un autre bijou!

« Le Ouistiti » de Myriam Mallié (texte) et Gianluigi Toccafondo (dessins)

A mes yeux, les contes, ils sont destinés aux enfants. Ils sont soufflés juste avant d’aller dormir, pour rêver, ou pour vivre pendant quelques minutes une aventure extraordinaire. Mais ce conte-ci, je ne le mettrais pas entre les mains d’un petit, croyez-moi! J’ai d’ailleurs moi-même frissonné à cette lecture!

Dans ce conte des frères Grimm, la princesse n’a rien de gentil. La beauté, elle semble l’avoir. Mais elle fait peur, elle ne se mêle pas aux gens et pique des crises d’humeur toute seule dans sa tour où elle s’est enfermée. Tout en hauteur, composée de 12 fenêtres, elle lui offre une vue complète et très détaillée de ce qui se passe dans le village. Et qu’est-ce qu’elle y fait dans cette tour? Elle regarde.

La tour lui avait paru soudain désirable. Un ailleurs possible, un lieu de protection, une chambre forte. Un atelier aussi, où étudier, écrire, peindre, dessiner. Un retour vers des lieux d’enfance, des sentiments et des souvenirs perdus. (p.11)

Elle espère l’amour aussi… Mais ses prétendants, elle les invite à se cacher. Si elle les trouve, elle les tue. Et comme elle a un œil partout, les malheureux sont souvent décapités. Jusqu’au jour où trois frères tentent de conquérir son cœur.

Il s’agit d’un conte que je ne connais pas et que j’ai découvert sous la plume de Myriam Mallié, grâce à Mina. Une plume différente, qui réinvente certains mots. Un style saccadé, par des retours à la ligne fréquents et des répétitions nombreuses.

Étonnante image de la méchante princesse qui tue les hommes qui n’arrivent pas à se cacher. On sent malgré tout un profond mal-être chez elle et l’espoir de voir sa vie prendre un autre tournant. Ce tournant, elle pense le connaître grâce à l’amour. Mais elle n’y croit pas, à l’amour.

Cette histoire de princesse perchée en haut de sa tour m’a fait voyager, m’a emmenée dans un lieu qui ne ressemble à aucun autre. L’ambiance générale sombre, un peu effrayante aussi, est accentuée par des illustrations tout aussi « bizarres », faites de collages et de mélange de genres.

J’ai été emportée par les mots de Myriam Mallié, ce sont des mots que j’aurais d’ailleurs aimé écouter. Car un conte, ça se raconte surtout. C’est vraiment la découverte d’une plume que je réalise avec ce court texte, et un « presque » retour en enfance! Un plaisir retrouvé également avec Esperluète, ce format très agréable et toujours cette qualité de papier et de présentation.

Seconde contribution cette année au mois belge d’Anne et Mina!

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Myriam Mallié (textes) et Gianluigi Toccafondo (illustrations), « Le Ouistiti », Éditions Esperluète, 2013, 62 pages

« Petite fantôme » de Mathilde Alet

Quand on a une grande soeur, on passe les quinze premières années de sa vie à essayer de lui ressembler et les suivantes à essayer d’être différente. (p.102)

Pour cette quatrième édition du mois belge, je renoue avec Mathilde Alet et sa « Petite fantôme », dont j’avais apprécié le premier roman « Mon lapin« .

Gil et Jo sont deux sœurs qui ne sont pas spécialement proches. Deux mode de vie différents, deux personnalités qui s’harmonisent peu. Pourtant, elles tiennent à leur rendez-vous hebdomadaire : tous les mercredis après-midi elles se retrouvent au café Les trois compères, qu’elles ont rebaptisé Les deux commères, juste pour passer un moment à elles deux et discuter. Gil est assistante dans un bureau d’avocats et rêve de publier son premier roman intitulé « Troisièmes lundis ». Cela fait un moment maintenant qu’elle essuie bon nombre de lettres de refus. Il lui manque juste un petit quelque chose pour faire adorer ce roman, mais lequel? C’est là que Jo entre en piste et lui sort l’élément déclencheur qui va faire exploser son histoire. Lorsque Gil envoie cette nouvelle version de « Troisièmes lundis », bingo! Une éditrice accepte de le publier et il devient un best-seller! Comment les deux sœurs parviendront-elles à vivre ce succès qui leur revient finalement à toutes les deux? Voilà toute la question de ce roman!

Pas de grande surprise avec cette histoire qui malheureusement avait pour moi un aspect de « déjà-vu » puisqu’elle m’a fait très vite penser au titre de Katherine Pancol « Les yeux jaunes des crocodiles ». La trame est identique : alors que Gil est l’auteure de ce « Troisièmes lundis », c’est Jo qui fera la promo du bouquin. A ce détail près que Gil a voulu utiliser un pseudo pour son roman. Esther Egova. Qui est donc incarnée par sa grande sœur. Le succès est très rapide et Jo/Esther est prise dans ce tourbillon l’envoyant sur les plateaux télé, aux séances de dédicaces, à de nombreuses interviews. Le fil entre les deux sœurs se détend assez rapidement.

Le début du texte ne m’a pas beaucoup emballée. On assiste aux côté de Gil au début de la rupture avec sa sœur, qui lui pose deux lapins consécutifs à leur rendez-vous fétiche du mercredi. Gil est une fille renfermée et solitaire. Dotée d’un pouvoir d’observation particulièrement pointu, elle analyse beaucoup les personnes qui l’entourent, et même les relations avec ses proches. Elle contractualise dans sa tête chaque faits et gestes de ceux qui l’entourent, se sentant uniquement rassurée qu’à travers les habitudes et les règles. C’est une personnalité que j’ai eu du mal à saisir, surtout quand elle embellit la réalité en s’imaginant une version sublimée des personnes qui lui sont cher, comme son petit-ami Arnaud (devenu Arnaud chéri) et sa sœur Jo (dont le pendant plus complice est appelé Joséphine).

Il s’est cependant produit un revirement qui m’a happée, lorsque le sujet a commencé à être réellement développé, où les personnages ont pris place de façon plus concrète et surtout où j’ai mieux appréhendé la personnalité de Gil. C’est là que j’ai retrouvé la « patte » de Mathilde Alet. J’ai finalement trouvé cette relation triangulaire intéressante, entre l’Auteure/Gil, le Visage/Jo et Esther Egova. J’ai apprécié voir à quel point elle grignote petit à petit le peu de complicité qui restait entre les sœurs, larguant Gil au titre de « Petite fantôme ».

Par la présente convention, la petite fantôme s’engage à demeurer invisible. Seuls sont autorisés à apparaître ses mots, sans que ces derniers puissent lui être attribués. En toute circonstance, la petite fantôme se tait. (p.100)

Décortiquer les relations familiales qui sombrent est ce que réussit le mieux Mathilde Alet. Cela avait été le cas avec « Mon lapin ». Avec ces deux sœurs, qui sont unies contractuellement et dont les menus liens affectifs tiennent surtout de la nostalgie des souvenirs, elle arrive à présenter une relation qui tend à disparaître sur base de non-dits, sans jamais dramatiser. Et c’est justement ce point qui est appréciable. Elle ne tombe pas dans la tristesse, mais le fait plutôt naturellement, presque comme une fatalité. Ayant moi-même une sœur, ce récit m’a parlé.

La jeune auteure franco-belge offre de jolies phrases sur la relation fraternelle, les souvenirs, et les liens qui s’étiolent. Un sujet de fond finalement loin d’être anodin, sur la création littéraire, l’origine véritable d’un roman – est-ce celui qui écrit ou celui qui apporte les idées? Et une très belle balade dans les rues de Bruxelles avec des descriptions rendant hommage à l’ambiance bon-vivant et multiculturelle de notre capitale.

Finalement, je termine ce roman sur une note assez positive! C’est un second texte qui confirme une écriture singulière, un ton ni enjoué ni sombre, et une vision réaliste mais non-dramatique des relations familiales complexes.

Première contribution cette année au mois belge d’Anne et Mina!

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Mathilde Alet, « Petite fantôme », Éditions Luce Wilquin, 2016, 152 pages

4ème saison du Mois belge

Dans un peu plus d’une semaine débutera la nouvelle saison du Mois belge, initiée par mes compatriotes et copines Anne et Mina! Cette année, Anne reprend les rennes toute seule comme une grande, avec malgré tout le petit nez de Mina qui pointera ci et là 😉 C’est une organisation que je n’ai jamais manquée depuis son lancement. Elle m’a permis de découvrir de petites pépites de notre littérature belge, des maisons d’édition dont je ne loupe désormais aucune sortie, des auteurs que j’ai parfois eu la chance de rencontrer, des titres qui m’ont fait rêver. Le Mois belge, ce n’est pas seulement un challenge littéraire de la blogosphère, c’est vraiment l’occasion de mettre en lumière les trésors de notre petit pays, tout ce qui participe à son charme et qui entretient sa particularité (je ne dirais pas surréalisme) aux yeux du monde entier. Gastronomie, musique, cinéma, art, culture, les billets qui s’inscriront dans ce mois thématique permettront à tous de se rendre compte de notre richesse.

Vous l’aurez compris, c’est un rendez-vous que je manquerais pas, même si mes précédentes participations ne sont pas tout à fait équilibrées. Je tiens à y être et à lire pendant ce mois d’avril du belge!

Au menu de cette édition 2017

« Ouistiti », un conte repéré l’année passée et prêté par Mina, édité chez Esperluète que j’apprécie particulièrement.

Le dernier roman pour adultes d’Eva Kavian, « Je n’ai rien vu venir », offert également par Mina pour mon anniversaire l’année passée 🙂

Un recueil de nouvelles Quadrature est incontournable ! Cette année, je jette mon dévolu sur « Et tous seront surpris » de Monique Persoons.

Enfin, le mois belge n’est pas un bon mois belge sans un Luce Wilquin! Je l’ai trouvé tout à fait par hasard lundi dernier en flânant en ville : « Monsieur a la migraine » de Valérie Cohen, une auteure hyper sympa que je rencontre 2x par an et avec qui je discute volontiers.

En accompagnement, il y aura un ou deux albums jeunesse. Comme à la maison, ce n’est absolument pas ce qu’il manque, je piocherai en temps voulu. Je peux simplement vous dévoiler qu’il y a aura un Pierre Coran (Fanny 😉 ).

J’espère tenir ce petit programme, et si ce n’est pas possible, le principal est que le coeur y est!

Pour celles et ceux qui seraient intéressés à nous rejoindre, même avec une toute petite lecture, toutes les infos se trouvent chez Anne dans ce billet de lancement. Elle y a aussi répertorié de nombreux titres belges, en cas de manque d’inspiration ou d’idées! Il y a un groupe (fermé) facebook pour partager les lectures, billets et autres infos en référence au thème.

Enfin, vous pouvez découvrir mes précédentes lectures via le mot-clef « Mois belge » repris dans les principaux tags.

A très vite 😉

« Nuit » et « Mon monstre et moi » d’Emmanuelle Eeckhout

Je clôture le mois belge d’Anne et Mina avec deux albums jeunesse dégotés en dernière minute cette semaine à la bibliothèque. C’est la couverture de « Nuit » d’Emmanuelle Eeckhout qui a attrapé mon regard en premier. Généralement, ce qu’on croise dans les rayons pour les tout-petits est très coloré. Cette couverture sombre n’est donc pas passée inaperçu. J’ai ainsi fouillé dans le reste du bac dédié à cette auteure et illustratrice belge et trouvé de véritables bijoux!

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« Nuit » est composé de brefs paragraphes, une phrase par page pour être exacte, d’une poésie extraordinaire. Au fil des pages, E. Eeckhout passe en revue le monde qui doucement s’endort, et où les êtres nocturnes prennent le relais peu à peu. Le paysage s’assombrit, pour ne laisser entrevoir que de minimes tâches jaunes, que l’on devine à la lueur de cette si belle et ronde lune. Des mots à chuchoter, pour une douce invitation à aller au dodo!

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Dans un autre genre, on passe avec « Mon monstre et moi » à une histoire d’amitié… qui sort de l’ordinaire. Celle entre l’enfant-narrateur et son meilleur ami d’enfance. A nouveau, rien de superficiel à travers les pages, l’auteure et illustratrice se concentre sur l’épuré, le minimaliste. Une histoire faite de grands rêves d’enfant, mais aussi sur l’incompatibilité de cette relation.

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Il se dégage de ces deux albums une douce mélancolie, qui invite à l’apaisement et au repos. Grâce à ces titres, j’ai pu découvrir une double facette du travail d’Emmanuelle Eeckhout, de la poésie au niveau de la plume, et un style artistique épuré. Un nom que je suivrai, indéniablement!

Plus d’infos, allez voir son chouette site!

Emmanuelle Eeckhout, « Nuit », Editions Pastel, 2009 et « Mon monstre et moi », Editions Pastel, 2011

Lecture dans le cadre du Mois belge d’Anne et Mina

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