2 albums pour la Saint-Nicolas

Aujourd’hui, la Belgique (et la Hollande) a célébré la Saint-Nicolas, le grand patron des écoliers. A cette occasion, les parents et les écoles préparent tout un lot de surprises pour les petits (et grands) enfants en offrant un cadeau, des friandises et surtout du spéculoos miam miam! Saint-Nicolas, j’en entends parler depuis des semaines! Mon petit bonhomme est en effet très intrigué par ce grand monsieur à la longue barbe blanche et au costume assez impressionnant. Même s’il sait qu’il est très gentil et qu’il offre des cadeaux, ce n’est pas pour autant qu’il est rassuré quand il le croise! Par contre, les livres à son sujet, il en raffole!

Voici deux albums qu’on a beaucoup lu ces dernières semaines.

« La légende de saint Nicolas » de Sophie de Mullenheim (texte) et d’Axelle Vanhoof (illustrations), publié chez Auzou (2015). 

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Cet album est le plus « sérieux » des deux, mais le plus poétique aussi. Il est porté, comme son titre l’indique, sur la légende (ou en tout cas, une des légendes!) de Saint-Nicolas. Trois frères se perdent en pleine forêt, après avoir ramassé des graines à rapporter chez eux pour que leur maman les cuisinent. Ils trouvent alors une maison et demandent à son propriétaire s’ils peuvent y être hébergés pour une nuit. Ils ne se doutent pas qu’il s’agit de la maison d’un méchant boucher. Ce dernier les tue, les coupe en morceaux (euh oui, j’ai eu un peu peur en racontant ce passage à mon petit de 3 ans!) et en fait un petit salé. Sept ans plus tard, le bon Saint-Nicolas, qui offre tant de bonheur autour de lui, se fait inviter chez ce même boucher. Pour secourir les enfants, à tour de magie, évidement!

img_2740 img_2743img_2742C’est doux, malgré le personnage du méchant boucher. Mais comme dans toutes les histoires pour enfants, la fin se termine bien! Les illustrations aux jolies couleurs sont agréables à regarder. Le plus? Une bouille bien sympathique pour le Saint-Nicolas qui inspire particulièrement la confiance. Parfait pour les petits qui en ont encore peur!

« Saint Nicolas » de Liesbet Slegers, édité chez Clavis (2011).

img_2747Cet album s’adresse, selon moi, aux plus jeunes enfants encore. Au moyen de beaux et grands dessins, moins précis mais beaucoup plus colorés, il aborde les étapes et événements qui précèdent la nuit du 6 décembre : les enfants tout excités dressent leur liste de cadeaux, font de jolis dessins, préparent leurs chaussons accompagnés d’une carotte pour le cheval de Saint-Nicolas. Pendant ce temps Saint-Nicolas, accompagné de ses fidèles Pères Fouettard, prépare cadeaux et gourmandises pour les enfants, avant de se lancer dans sa grande distribution.

fullsizerender img_2745Dans ce livre, ce sont toutes les émotions liées à l’excitation autour de la fête qui surgissent. Une excellente manière d’expliquer aux tout-petits comment se préparer à la venue du grand Saint-Nicolas et l’accueillir dignement!

Heureusement que Saint Nicolas existe ! C’est sympa de recevoir un cadeau de maman et papa, mais en recevoir un de Saint Nicolas, c’est mille fois mieux. Et toi, mettras-tu bientôt ton petit soulier près de la cheminée?

Encore une bonne fête de Saint-Nicolas aux petits et grands (eh oui, on en profite aussi!)!

« Un soir de décembre » de Delphine de Vigan

Ma première lecture de Delphine de Vigan!

Il était temps que je rencontre cette auteure dont tout le monde parle! Et puis, j’ai quand même 3 de ses romans sur mes étagères, l’occasion était là! C’est donc avec son second roman que je découvre cette plume…

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Mathieu, la quarantaine, marié, deux enfants, est rédacteur dans une agence, un boulot sans grandes responsabilités et qui ne l’épanouit pas plus que ça. Un jour, alors qu’il n’avait jamais rien écrit d’autres que des annonces pour son boulot, il se lance, seul, tête baissée, sur une feuille blanche. Son premier roman est un véritable succès, qui lui vaut de nombreux passages dans les médias, des invitations à des événements littéraires, des rencontres et des fans. Les lettres reçues sont nombreuses, il n’y prête que peu d’attention, mais il met un point d’honneur à les lire. L’une d’elles lui fait l’effet d’un électrochoc, bref retour en arrière, des descriptions qu’il connaît, un style à fleur de peau. Il connaît la femme qui vient de lui écrire, mais avait tout fait pour l’oublier. Elle l’a retrouvé, grâce à ce succès naissant. Il s’agit de Sarah, une fille de 15 ans sa cadette, avec qui il a entretenu une relation passionnelle il y a 10 ans. Cette réapparition va le bouleverser au plus haut point.

Ce roman est vraiment intéressant car il aborde deux sujets qui sont ici mis en parallèle : la posture de l’écrivain, sa difficulté à vivre avec les autres alors qu’il se sent seul dans sa bulle, totalement hermétique au monde extérieur, une attitude bien douloureuse pour son entourage d’ailleurs ; et le désir, la passion, si difficile à maîtriser lorsque la vie vous a fait prendre d’autres décisions.

Pour faire cohabiter ces deux thèmes, Delphine de Vigan va enfermer Mathieu, son personne principal, dans une espèce de dépression très violente, où l’écriture est son échappatoire et le seul moyen de tenter de lutter contre ce désir pour Sarah qui resurgit si fortement. Car en 10 ans, il a fondé une famille, et même si les femmes ont toujours été très importantes à ses yeux, il aime sa femme Elise. Mais les souvenirs reviennent, de manière si précise : ce sont des gestes, des paroles, des odeurs, des moments très intimes. Comment ne pas dérouter? Telle est toute la question de ce roman!

Les passages sur l’inspiration de l’écrivain, cette espèce d’hystérie qui s’empare de lui, nuit et jour, sont très bien évoqués et sont assez intéressants. Il devient alors spectateur de sa vie, ne prenant plus goût à rien. Ce qui se transforme finalement en obsession, grignote petit à petit sa vie et tout ce qu’il a construit jusqu’alors.

Il s’échappe de ces passages tout un tas d’émotions, positives et négatives qui m’ont plongée, du coup, dans une bulle, avec une ambiance limite oppressante. Je pense que c’est cette atmosphère que je retiendrai de cette lecture, qui est particulièrement bien rendue.

Un soir d’hiver, il avait sorti d’un tiroir un cahier à spirale et l’avait posé devant lui, comme on décide de vider un placard ou de trier de vieux vêtements. (p.27)

L’évocation du désir est également merveilleuse, pleine de sensualité. Delphine de Vigan parle de l’intime, du caché, sans barrières, avec la pointe de violence qui est à la frontière de toute passion.

Ce n’est pas très joyeux, car dans toutes situations similaires, il y a des blessés. Mais c’est un très beau roman qui vous traverse, grâce à toutes ces d’émotions contradictoires omniprésentes dans le livre.

Delphine de Vigan, « Un soir de décembre », Editions JC Lattès, 2005 (Pocket, 2007), 195 pages

« Plus de morts que de vivants » de Guillaume Guéraud

Durant la période de Halloween, j’ai eu une envie de roman qui dérange, qui remue, qui secoue. L’excellente liste effrayante de Moka est tombée à pic (d’ailleurs j’y piocherai encore de bonnes idées!)! Et j’ai succombé à ce roman jeunesse de Guillaume Guéraud. J’ai été clairement servie! Ce livre est incroyable!

La plupart ne faisaient pas un bruit quand ils mouraient. Même pas le bruit d’un insecte qu’on écrase. Seuls ceux qui avaient peur hurlaient. Mais la plupart de ceux qui mouraient n’avais pas le temps d’avoir peur. Et quand la mort leur en laissait le temps, alors la force leur manquait pour manifester leur peur en hurlant. (p.123)

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La veille des vacances de carnaval, les étudiants du Collège Rosa Parks se rendent dans leurs classes respectives comme chaque jour. La grippe et la gastro ont vaguement cloué quelques-uns au lit, chose courant pour cette période de l’année. Les jeunes échangent dans les couloirs à propos de leurs projets durant les congés, entre autres, des séjours au ski, ou encore des journées glandouille « jeux vidéo ». Mais très vite ce matin-là, dès 8h30-9h, des choses inhabituelles se passent. Personne ne s’en rend vraiment compte, trop absorbé par les cours qui commencent. Une chute de cheveux, un nez qui saigne, des boutons rouges qui apparaissent sur le bras… Quelques minutes après ces symptômes, vient l’annonce des premières victimes. Et la multiplication des personnes malades dans l’enceinte scolaire… Infection alimentaire? Virus? Que se passe-t-il dans ce collège où chaque membre semble connaître ses dernières secondes d’existence? Les services de secours, et ensuite la santé publique, se penchent sur cet étrange cas et comprendront très vite que la situation prend une tournure des plus dramatiques.

Dans cet excellent roman, le lecteur n’a que peu de temps pour s’imprégner de l’atmosphère et s’imaginer le décor, puisque les morts tombent immédiatement. Le lecteur ne reprendra son souffle qu’une fois la lecture achevée. A peine remis des victimes isolées, qu’il sera abasourdi par ce qui apparaît vite comme une  véritable hécatombe! L’expression « tomber comme des mouches » prend réellement tout son sens avec les mots de Guéraud, qui n’épargne aucun détails (il va se gêner, tiens!). Des scènes dérangeantes, écœurantes, les amateurs de gore seront servis!

Ces multiples visions d’horreur, presque irréalistes, vous scotcheront en un instant. De fait, il s’agit d’une histoire complètement addictive! Est-ce un mauvais rêve? Je l’ai pensé une seconde. Mais pas Guillaume Guéraud, qui présente ici une faucheuse des plus terribles, qui attrape tout le monde sur son passage.

Tous assomés-déboussolés-bouleversés. Sous le choc. Ils n’avaient encore jamais vu la mort frapper aussi violemment. (p.70)

Inutile d’en dire plus sur le fond, c’est une histoire à découvrir au fil des pages, pour un effet de surprise maximal. Pour les petits coeurs, passez votre chemin. Quand on ouvre ce livre, on n’en sort pas indemne!

Un auteur que je vais clairement suivre!

Guillaume Guéraud, « Plus de morts que de vivants », Editions du Rouergue, Doado noir, 2015, 251 pages.

« Le complexe du papillon » d’Annelise Heurtier

Soudain, j’ai ressenti la furieuse envie d’être quelqu’un d’autre que moi. (p.41)

Devenir quelqu’un d’autre, changer de vie, être simplement différent-e… qui n’en a jamais rêvé, surtout à l’adolescence?

Annelise Heurtier décrit à merveille cette période charnière, celle où on se retrouve au milieu de ses propres doutes et de ses envies d’autre chose.

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Elle l’aborde dans son nouveau roman en mettant en scène une jeune fille de 14 ans prénommé Mathilde, qui, du jour au lendemain tombe dans le cercle vicieux de l’anorexie. En apparence bien dans sa tête et dans sa peau, elle se retrouve rapidement enfermée dans une dangereuse spirale qu’elle ne semble plus maîtriser. C’est face à la transformation physique d’une élève de sa classe, que Mathilde commence à douter d’elle-même et surtout de ce que lui renvoie son corps, plus musclé que filiforme. Sa drogue à elle, c’est la course à pieds et l’athlétisme qu’elle pratique depuis des années. D’habitude, elle se tient à l’écart de la presse people et des nouveaux diktats de la mode. Mais avec le changement de Cézanne, elle se met d’un coup à détester son corps et à vouloir atteindre la même assurance que sa copine de classe. Malgré la présence de sa meilleure amie, la pétillante Louison, Mathilde tombe rapidement dans la maladie et se renferme sur elle-même, elle qui  était si souriante et sociable.

Je me suis postée devant le miroir pour dire au revoir à cette fille qui me faisait face et que je n’aimais pas. (p.57)

Ce roman est efficace, direct. L’auteure rentre tout de suite dans le vif du sujet, ce qui permet d’accrocher immédiatement le lecteur. J’ai eu beaucoup de mal à le lâcher, voulant rester aux côtés de Mathilde dans cette dangereuse quête d’idéal. Elle est très attachante, ainsi que Louison, la petite fée de Mathilde.

Mais Annelise Heurtier ajoute une profondeur à ce récit en intégrant le deuil, avec la perte récente de la grand-mère de Mathilde. Elle associe ainsi les deux thèmes, pour présenter un mal-être plus général. Les passages sur sa grand-mère sont très émouvants. Je me suis beaucoup reconnue dans le personnage de Mathilde, sans doute l’une des raisons pour lesquelles je n’ai pu lâcher ce roman! Et puis l’écriture est toujours aussi jolie…

Un roman que j’ai vraiment beaucoup aimé, que j’ai trouvé très juste.

Découvert une nouvelle fois grâce aux excellents conseils de Fanny des Pages versicolores. Son beau retour ici.

Annelise Heurtier, « Le complexe du papillon », Editions Casterman, 2016, 194 pages.

« Tout n’est pas perdu » de Wendy Walker

Après avoir découvert le très beau roman de Celeste Ng, j’ai enchaîné avec une autre publication de Sonatine, parue il y a quelques mois. Alors que le premier est plutôt lent, très psychologique et basé sur les non-dits au sein d’une famille, ce titre-ci offre beaucoup plus de suspens, de questionnements, de remises en doute, de la belle manipulation comme je l’apprécie dans ce genre de « page-turner ».

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Dans le village de Fairview situé dans le Connecticut, un fait divers atroce va bouleverser la quiétude habituelle des lieux, et ses habitants. Au moment où une soirée réunissait la plupart des jeunes de l’école de Fairview, Jenny Kramer, 16 ans, se faisait sauvagement violer dans le bois juste à côté du rendez-vous festif. Un événement écœurant, d’une violence sans nom, revu dans les moindres détails par le narrateur de l’histoire. Ce narrateur, il s’agit d’un psychiatre de Fairview, Alan Forrester, qui a très vite été chargé du dossier. Jenny a en effet survécu, physiquement en tout cas, à ce qui lui est arrivé, mais pour ce qui est du mental, rien ne peut effacer pareil acte. Et pourtant, très rapidement après son admission à l’hôpital, les médecins ont pris la décision, avec ses parents, de lui administrer un traitement qui est reconnu efficace pour supprimer complètement du cerveau le moindre souvenir d’un événement bouleversant, comme un viol. Mais quelques mois après cette intervention, et le retour à la maison de Jenny, le psychiatre est contacté car la jeune fille n’arrive évidement pas à passer au-dessus de ça. Tel que le conçoit le traitement, elle n’a en effet plus aucun souvenir du viol en lui-même, ni de son agresseur, ni des circonstances, etc, mais elle ressent des choses. Comme si son corps et son cerveau n’avaient su balayer définitivement les émotions liées à l’acte. Il s’agit donc là d’un traumatisme purement émotionnel, et non factuel, lié à quelque chose qu’elle ne peut se rappeler. Le lecteur est ainsi face à une jeune fille complètement désorientée, incomprise, seule avec ses « fantômes » qu’elle sent au fond d’elle. Le doigt est mis sur les limites du traitement, en ajoutant à cela un manque cruel de témoignages et d’indices qui accéléreraient indéniablement l’enquête. Forrester se lance donc dans ce travail de longue haleine pour ouvrir les tiroirs de la mémoire de Jenny et tenter de remettre, avec elle, les images, les odeurs et les sons de cette terrible soirée. En parallèle, il suit également les parents de la jeune fille, évidement marqués par ce qui lui arrive. Dans le cabinet du psychiatre, chaque protagoniste laisse s’échapper leurs propres démons, et jette le voile sur les failles d’une famille en apparence soudée. Difficile en effet de trouver sa place à la maison en ce moment, entre le besoin de régler ses comptes avec soi-même, et l’envie irrépressible de trouver le coupable, rendre justice, et tourner enfin la page.

Dans ce roman, ce qui frappe le lecteur dès les premières phrases, c’est le style narratif opté par l’auteure, que j’ai trouvé tout simplement fabuleux. Alan Forrester, le psychiatre, relate les faits et les séances qu’il réalise avec les Kramer, de façon presque objective et extérieure. Il décrit méthodiquement les mécanismes du cerveau humain et de la mémoire, en s’appuyant sur le cas de Jenny et d’anciens patients, comme s’il s’adressait à un enquêteur, ou plutôt, tel que je l’ai perçu, au lecteur. Je me suis dès lors immédiatement senti impliquée, et bien « dans » le récit. Passé cet aspect très « protocolaire » et médical du témoignage, ce médecin à la déontologie qui semble presque irréprochable va commencer, contre toutes attentes, à partager ses ressentis. Que les choses soient claires, j’ai adoré ce personnage! Mais je n’en dirai pas plus…

« Tout n’est pas perdu » est particulièrement efficace, et rempli les attentes du lecteur qui se tourne vers ce genre de littérature: c’est un incroyable « page-turner » au côté addictif très marqué – et marquant! L’intrigue, rythmée par les nombreux rebondissements et surprises, se dénoue de façon constante à chaque chapitre. Et le suspens reste à son comble jusqu’à la fin, laissant un lecteur à la limite de l’hystérie (je parle de moi ^^) une fois le livre refermé.

Autre élément fort apprécié, est la crédibilité de la méthode imaginée par Wendy Walker, de l’effacement des souvenirs, qui ne paraît finalement pas si farfelu que cela. Elle le précise d’ailleurs dans quelques notes à la fin du bouquin.

« Tout n’est pas perdu » m’a fait vivre des émotions incroyables, du stress, et surtout beaucoup d’empressement à poursuivre la lecture et connaître la suite de l’histoire. L’auteure fait preuve d’une grande maîtrise, d’inventivité et d’audace! Je suis ravie de son adaptation au cinéma qui est déjà au programme!

Wendy Walker, « Tout n’est pas perdu » (traduit par Fabrice Pointeau), Editions Sonatine, 2016, 352 pages.

Moi après mois #2 : octobre 2016

Début du mois pas drôle / Une insoutenable attente / Et un matin, l’annonce / Tu vas tellement nous manquer❤ / Beaucoup de larmes / Quelques jours en suspens / Ailleurs / Et ensuit , on regarde au-delà / On reprend la vie telle qu’on l’a laissée il y a presque 3 semaines / Fatigués, abattus, mais on avance / Un peu secouée / Se concentrer sur l’avenir et l’essentiel, toujours.

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Les lectures s’enchaînent mais ne se terminent pas / Du soleil pour se réchauffer / Des promenades au grand air / L’automne, qu’est-ce que je l’adore / Potimarron, courges, plats de saison / Plats réconfortants / La sérénité revient en moi / Le bullet journal, un allié / Développement personnel et bonnes paroles / Toujours faire le tri / Narcos / C’est l’éclate / Reprise de The Affair / Séries addict, again and again / Julien Doré, « & » rendez-vous tant attendu / Des paroles, des échos / Garder le calme / Vider son esprit / Un samedi à Bruxelles / Se retrouver à deux / Ne penser à rien / Juste flâner / Danses avec les stars, Hiiiiiii!! / Reprendre la lecture / Des mots qui vibrent, qui touchent / Sophie Divry / En retard, en retard / Matchs de la rentrée / Découvrir Valentine Goby / L’éblouissement / En apnée / La lecture rentre à nouveau dans ma vie / Virée à la bibliothèque / Halloween et ma petite citrouille / Pas trop de bonbons / 4 jours de congé / Les effets positifs du Bujo / Changement d’heures / Oops, à 17h30 il fait noir / Soirées ultra cocooning / Du vin, du vin, du vin / Et reprendre (enfin) le blog.

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Quelques mots pour dire mon absence, me rendre compte de la multitude d’émotions par lesquelles je suis passée le mois dernier et à quel point je me sens sereine aujourd’hui (et j’espère pour un petit temps).

Sur une idée de Moka

« Un paquebot dans les arbres » de Valentine Goby

Mission accomplie! Je suis arrivée au bout de ma lecture pour les matchs de la rentrée littéraire organisés par Price Minister, dont j’avais complètement oublié la date de remise des copies (encore merci à Fanny pour le rappel ^-^).

Ce roman m’a accompagnée durant ce long week-end de Toussaint, et j’étais à chaque fois ultra enthousiaste et impatiente de me replonger dedans! Il s’agit de ma première rencontre avec Valentine Goby, fortement encouragée par Fanny une nouvelle fois! Et waw… quelle lecture!

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« Un paquebot dans les arbres » nous plonge au début des années 50, au Balto, le café-épicerie que tiennent les Blanc dans un village appelé La Roche. Paulot, le père, et Odile, son épouse, sont propriétaires et gérants de ce lieu festif où tout le village aime passer du bon temps. L’ambiance y est bon enfant et chaleureuse, surtout les soirs de « bals ». Le couple Blanc a 3 enfants : Annie l’aîné, Mathilde âgée de 9 ans en 1952 et Jacques le petit dernier, 4 ans.

La prose de Valentine Goby fait effet dès les premiers mots, qui est juste parfaite pour décrire l’ambiance si enveloppante des soirs de fête au Balto. On s’y sent bien, aimé, accueilli sans jugement. Telles sont les valeurs des Blanc qui nous sont présentés comme étant de « belles personnes ».

C’est pour cela que la suite est si injuste : Paulot va tomber malade, et son état ne cessera de se dégrader. Le verdict tombe, c’est la tuberculose. Il doit remettre son commerce pour entrer au sanatorium d’Aincourt, là où sont soignés les « tubards », ceux qu’on a aimés, qu’on rejette, qu’on isole, par peur de contagion. Et elle se situe là, toute l’injustice de ce roman : malgré une vie à faire tourner leur bistrot, les Blanc n’ont pas droit à la sécurité sociale ni aux assurances complémentaires pour faire face au terrible coût des soins. Odile le rejoindra quelques temps plus tard, elle aussi atteinte. Annie est en âge de fonder une famille, elle part à Paris. Restent Mathilde et Jacques, qui sont envoyés dans deux familles d’accueil. A 18 ans pile, Mathilde demande alors son émancipation, et retourne dans la maison familiale de La Roche où elle trimera chaque jour pour arriver à son but principal : obtenir son diplôme, gagner sa vie pour récupérer Jacques et recomposer sa famille. On suit alors le « petit gars » tel que l’a toujours surnommée son papa, dans ce combat qu’est devenu son quotidien, où elle connaîtra le froid, la faim, la peur des lendemains, les doutes. Avancer, tomber, échouer, apprendre, gagner. Des passages que l’on vit, que l’on ressent, la peur au ventre, et avec la furieuse envie d’aider Mathilde.

C’est un livre qui se savoure, dans lequel il faut véritablement se plonger pour pouvoir s’imprégner de toutes les émotions que traverse Mathilde. Dure réalité pour cette jeune fille qui est devenu le pilier d’une famille disloquée par la maladie, et qui tente par tous les moyens, de la reconstruire. Elle fait preuve d’un courage inouï, uniquement porté par l’amour pour sa famille, et la foi en un avenir meilleur. Jamais elle n’en doutera, et c’est certainement grâce à cette persévérance qu’elle s’en sort. Quelques rencontres bienheureuses se mettront à travers son parcours, et lui donneront le petit coup de pouce dont elle a besoin pour retrouver un soupçon d’énergie. Des personnages que l’on ne peut qu’aimer : Jeanne, une camarade de classe bègue, Mathieu un premier amour, ou encore, la directrice d’école de Mathilde, qui m’a juste scotchée par tant de sagesse et de générosité.

J’ai été happée, dès les premières phrases. La  force dont fait preuve Mathilde, à la maturité impressionnante, aimantent le lecteur à chacune des page de ce roman.

C’est le plaisir des mots, mais l’histoire est tout aussi merveilleuse. C’est une véritable leçon de vie que l’on retient. Elle prend aux tripes et ne peut laisser personne indifférent. Un livre qu’on n’a pas envie de lâcher, ni de laisser, une fois terminé…

Je crois qu’après cette lecture, chacun et chacune garde en soi un petit peu de Mathilde, tellement ce personnage représente un modèle de générosité, de bonté, d’amour, de sincérité. Pour ma part, elle m’a véritablement éblouie.

Valentine Goby, « Un paquebot dans les arbres », Editions Actes Sud, 2016, 270 pages.