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« La Grande Ourse » de Carl Norac (texte) et Kitty Crowther (dessins)

Que se passerait-il si la Grande Ourse se détachait du ciel pour venir voir ce qu’il se passe sur la Terre?

C’est très symboliquement que Carl Norac envisage les tourments qui apparaîtraient si pareille chose se produisait! Avec les beaux dessins de Kitty Crowther, ils arrivent tous deux à imaginer une réelle ourse, en train de voyager sur la terre, pendant que le reste du système solaire s’affole : le soleil se rapproche pour voir ce qu’il se passe, les habitants ont d’un coup très très chaud; déboussolée, la terre refuserait de tourner plongeant une moitié du monde dans le noir complet, et l’autre moitié continuellement dans le jour. Les terriens essaieraient de convaincre la Grande Ourse de rejoindre les autres étoiles, mais en vain : elle se plaît trop bien sur la terre ferme!

Le monde poétique de Carl Norac à nouveau entre mes mains, accompagné cette fois-ci de la talentueuse et illustratrice belge Kitty Crowther. Sans réellement comprendre l’enchaînement des faits, mon bonhomme de bientôt 4 ans s’est amusé des réactions que la balade de la grande ourse provoquait. Pour les plus âgés, cette histoire, aux allures féériques, permet d’expliquer que chaque chose dans le monde a une place précise et que si l’une d’elle bouge, c’est le reste qui en est bouleversé.

J’ai beaucoup aimé le format du livre, qui offre de grandes pages et de superbes illustrations. C’est tout doux, rigolo. Une bien jolie histoire!

 

Cinquième et dernière contribution au mois belge d’Anne et Mina!

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Carl Norac (texte) et Kitty Crowther (dessins), « La Grande Ourse », Éditions École des Loisirs, collection Pastel, 1999, 30 pages

« Rue des amours » de Carl Norac (textes) et Carole Chaix (dessins)

Au fond, ma rue est pareille à un petit pays, même s’il n’y a pas la mer. Dans la ville grise, je vois aussi des couleurs.

Comment une rue peut-elle être aussi grise, avec un joli nom tel que « la rue des Amours »? La jeune narratrice de cet album se pose la question. Elle va alors nous inviter, nous lecteurs et lectrices, à se balader parmi les maisons et immeubles du quartier, tout en s’interrogeant sur la quantité d’amour qui peut avoir dans chacune de ces habitations.

Carl Norac et Carole Chaix signent ici le mariage parfait entre un texte à la fois innocent et réaliste, et des dessins qui les illuminent. Les deux éléments se combinent à merveille, l’un rendant grâce à l’autre, toujours très justement.

C’est à pas feutrés que nous entrons chez ces personnes, qui présentent une caractéristique qui a sauté aux yeux de la raconteuse. Une passion, une humeur, un parcours, une habitude. J’ai aimé m’interroger sur cet aspect que l’on retient au premier coup d’œil, d’une personne que l’on rencontre.

Cela donne une galerie de portraits éclectiques qui prennent vie sous la superbe plume poétique de Carl Norac. Les textes sont doux, certains renferment un soupçon de naïveté qui m’a fait sourire. D’autres sont un peu plus graves, et lèvent un voile sur la part plus solitaire de la personne présentée. C’est ceux-là qui m’ont le plus touchée :

Monsieur Daily Mirror est mon voisin d’en face. Souvent, je le vois par la fenêtre : il se parle à lui-même. Dans son appartement, il a placé beaucoup de miroirs. Dès qu’il entre chez lui, il est plusieurs. (…)

Cependant, il y a toujours un court moment où je le vois, tristement, jeter un coup d’oeil à une photo. Dans ce petit cadre, derrière la vitre sans reflets, il est assis sur un banc, tout seul.

 

Je trouve que c’est un ouvrage qui donne envie de se poser, même quelques secondes, sur toutes ces personnes que l’on croise, et d’en savoir plus sur ce qui rythme leur vie. Sont-ils heureux? Sont-ils aimés? Ont-ils des projets? Que font-ils de leurs journées? Je pense que ça colorerait un peu plus le monde qui nous entoure, comme dans ce superbe « Rue des Amours ».

Carl Norac (textes) et Carole Chaix (illustrations), « Rue des Amours », Éditions A pas de loups, 2016, 72 pages

Dès 8 ans

Troisième contribution au mois belge d’Anne et Mina!

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Le très beau billet de Fanny qui a aussi succombé au charme de cette rue, dans la réalité, proche de chez elle en plus!

Un mot enfin sur la maison d’édition jeunesse et belge « A pas de loups » qui propose un éventail d’ouvrages aussi beaux qu’originaux. Leurs albums sont des objets de qualité, aux formats variés. Et je trouve que l’harmonie entre l’auteur et l’illustrateur est à chaque fois très juste. C’est un gros coup de cœur donc pour cette maison, que j’ai eu l’occasion de rencontrer lors de la foire du livre de Bruxelles et dont je vous présenterai tout bientôt un autre bijou!

Derniers coups de cœur « petits lecteurs » #2

On lit tellement d’albums à la maison que je n’arrive pas à vous en présenter, ne fut-ce qu’une partie! Depuis peu, j’en pioche même à la bibliothèque qui me sont uniquement destinés! Du coup, j’essaierai de temps en  temps de revenir sur ceux qui m’ont particulièrement marquée, ainsi qu’à mon « petit lecteur »!

Je vous parle aujourd’hui de deux livres à côté desquels je ne pouvais passer, et qui m’ont beaucoup touchée.

Celui-ci, je l’ai lu au même moment que la BD de Fabien Toulmé « Ce n’est pas toi que j’attendais« . Il a eu une résonance particulière, puisqu’il traite du même sujet : la naissance d’une enfant touché par un handicap. Que ce soit à travers les dessins délicats ou les textes particulièrement sensibles, Béatrice Gernot et Diana Toledano traduisent à la fois avec force et douceur, toutes les émotions par lesquelles passent une famille touchée par une telle nouvelle. Il y a l’étonnement, la tristesse, qui laissent place très vite à l’entraide, l’amour, la volonté de protéger le nouveau né. Dans cet album, la relation avec la grande sœur est mise en avant et touche en plein cœur. C’est d’ailleurs elle qui s’exprime. Encore petite mais déjà assez mature pour comprendre que son petit frère est différent, la jeune fille prend son nouveau rôle très à cœur et sera aux petits soins d’Édouard. Une bien jolie façon d’aborder la différence avec les enfants, avec ce livre qui reflète l’image de la famille unie et soudée, tout en pudeur.

J’ai découvert il y a peu Alice Jeunesse, une maison d’édition belge qui publie autant de jolis albums que de romans jeunesse très attrayants! J’ai fait une razzia à la dernière foire du livre de Bruxelles!

Béatrice Gernot (auteure) et Diana Toledano (illustratrice), « Une place pour Édouard », Éditions Alice Jeunesse, 2016, 32 pages

A partir de 3 ans (mais je dirais un peu plus quand même).

Et celui-ci, c’est grâce à Fanny que je l’ai découvert! J’ai littéralement flashé sur la couverture et le titre!

C’est l’histoire d’une rencontre amoureuse. Deux personnes qui s’attendent, jusqu’au prochain rendez-vous. Pour mieux faire passer le temps, ils s’écrivent. Ils partagent leur quotidien, leurs petits maux, les pensées qui les traversent. Ils s’expriment sur cet amour si beau qui les unit. La semaine se détaille ainsi sous la forme d’une magnifique poésie. C’est un livre qui se lit dans un souffle, on laisse traîner les mots, les yeux s’attardent sur ces splendides dessins et leurs plus infimes détails. La dernière page se fait désirer… Un livre qu’on ne veut pas lâcher!

Thomas Scotto (auteur) et Ingrid Monchy (illustratrice), « Rendez-vous n’importe où », Éditions Thierry Magnier, 2003, 24 pages

Indiqué également à partir de 3 ans

Très envie de découvrir le travail de Thomas Scotto, avec ses romans notamment!

Épisode précédent de « Mes derniers coups de coeur petits lecteurs« 

« Au bureau des objets trouvés » de Junko Shibuya

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Au bureau des objets trouvés, où travaille ce charmant petit chien, on y pioche des écharpes douillettes, des habits de soirée, des lunettes, des chapeaux

Chaque jour, les propriétaires malheureux s’y rendent pour tenter de retrouver ce qu’ils ont malencontreusement perdus. On y découvre alors qu’il s’agit de bien plus qu’un simple accessoire : c’est une partie intégrante d’eux-mêmes qui leur est restitué. De quoi leur redonner du baume au cœur! Quant au petit chien, c’est un véritable bonheur que d’aider ces visiteurs!

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Voilà un album qui ne paie pas de mine, mais que j’ai trouvé très sympa! Au fil des pages, on s’est amusé avec mon fils à deviner qui se cache derrière l’animal dévêtu, et qui essaie de retrouver une partie bien caractéristique de lui-même. Tout ce qui touche aux animaux généralement plaît beaucoup mais il y a ici cette idée supplémentaire de partage, d’entraide, de générosité.

Enfin, on découvre à la fin du livre que celui qui est derrière le bureau des objets trouvés est en réalité le petit-fils du chien qui y travaille d’habitude, et qui, très satisfait de sa journée grâce à toutes ces rencontres, souhaite y retourner !

Junko Shibuya, « Au bureau des objets trouvés », Editions Actes Sud Junior, 2016

Derniers coups de coeur « petits lecteurs »

Les derniers trésors trouvés à la bibliothèque qui m’ont autant plu qu’à mon bonhomme!

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« Ça n’existe pas! » Ella Bailey

A quelques jours d’Halloween, Violette se rend compte de quelques bizarreries dans sa maison. Les objets changent de place tout seuls, des chaussettes disparaissent, c’est le fouillis dans la cuisine, et même le frigo. Mais inutile de céder à la panique, Violette a toujours une réponse très pragmatique pour expliquer ces situations bien mystérieuses. Puisque… les fantômes n’existent pas!

Cet album sur le thème d’Halloween est un vrai bonheur pour les yeux! Je suis complètement fan de ces illustrations, colorées et sobres à la fois. J’y ai trouvé un petit côté « seventies », allez savoir pourquoi! Le petit plus qui a bien amusé mon loulou: chercher les fantômes bien cachés parmi ces pages. Un chouette texte pour rassurer et expliquer la peur.

img_2775 img_2774 img_2776Ella Bailey, « Ça n’existe pas! », traduit par Vanessa Rubio-Barreau, Gallimard Jeunesse, 2014

« Papa à grands pas » Nadine Brun-Cosme et Aurélie Guillerey

Ce matin, c’est papa qui conduit Mathieu à la crèche. Mais sa voiture qui se fait vieille a beaucoup de mal à démarrer. Après plusieurs essais, ils peuvent enfin prendre la route. Mais arrivés à la crèche, Mathieu est sceptique : est-ce que papa pourra venir le rechercher en fin de journée, si sa voiture ne démarre plus? Évidemment! Et ce ne sont pas les solutions qui manquent…

Avec ces quelques pages, c’est l’imagination et la créativité des petits qui sont sollicitées! Comment papa peut-il arriver à la crèche sans voiture? Il y a le tracteur du voisin, l’aide des oiseaux pour voler jusque là, une petite barque improvisée, un grand trou dans la terre. « Oui mais », « Et si? », Mathieu a toujours une bonne réponse pour ébranler les plans B de papa. N’oublions pas que papa, c’est le plus grand et qu’il peut aller partout. Outre ces idées les plus folles qui amusent beaucoup les petits, la relation père-fils est toute minouche. Une complicité à part, qui fait sourire.

De courts paragraphes, superbement mis en valeur par des dessins qui prennent toute la place, qui se suffisent presque à eux seuls.

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Nadine Brun-Cosme et Aurélie Guillerey, « Papa à grands pas », Editions Nathan, 2015

« C’est l’heure! » Katie Cleminson

Les rituels dans une journée, c’est ce qui rassure le plus les enfants. Savoir ce qu’on fait après le réveil, où on va passer la journée, ce qu’on va manger… sans oublier toutes les habitudes du soir si importantes à leur développement! C’est autour de toutes ces activités du quotidien que traite cet album, de façon très poétique. Il revient sur la journée-type d’un petit garçon, du réveil jusqu’au coucher. Se laver, s’habiller, aller à l’école, jouer, manger, prendre son bain, lire son livre préféré, se coucher, rêver. La journée se déroule avec la complicité de ses amis les animaux sur un ton doux. Des dessins et des bribes de phrases qui ont eu un écho particulier auprès de mon fils. Il s’est beaucoup retrouvé à travers ce héros d’un jour. Lire et relire ce livre en fin de journée, c’est se repasser tous les jolis souvenirs des heures qui viennent de s’écouler. Un moment pour souffler, et savourer ce qui vient de se passer.

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Katie Cleminson, « C’est l’heure! », traduit par Elisabeth Duval, Editions Kaléidoscope, 2010

De petites perles qui font notre bonheur le soir quand vient le moment de se calmer et de se poser dans le fauteuil avec un bon livre en mains. J’affectionne de plus en plus ces albums que je trouve hyper moderne, abouti, avec de beaux messages qui marquent profondément les petits.

2 albums pour la Saint-Nicolas

Aujourd’hui, la Belgique (et la Hollande) a célébré la Saint-Nicolas, le grand patron des écoliers. A cette occasion, les parents et les écoles préparent tout un lot de surprises pour les petits (et grands) enfants en offrant un cadeau, des friandises et surtout du spéculoos miam miam! Saint-Nicolas, j’en entends parler depuis des semaines! Mon petit bonhomme est en effet très intrigué par ce grand monsieur à la longue barbe blanche et au costume assez impressionnant. Même s’il sait qu’il est très gentil et qu’il offre des cadeaux, ce n’est pas pour autant qu’il est rassuré quand il le croise! Par contre, les livres à son sujet, il en raffole!

Voici deux albums qu’on a beaucoup lu ces dernières semaines.

« La légende de saint Nicolas » de Sophie de Mullenheim (texte) et d’Axelle Vanhoof (illustrations), publié chez Auzou (2015). 

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Cet album est le plus « sérieux » des deux, mais le plus poétique aussi. Il est porté, comme son titre l’indique, sur la légende (ou en tout cas, une des légendes!) de Saint-Nicolas. Trois frères se perdent en pleine forêt, après avoir ramassé des graines à rapporter chez eux pour que leur maman les cuisinent. Ils trouvent alors une maison et demandent à son propriétaire s’ils peuvent y être hébergés pour une nuit. Ils ne se doutent pas qu’il s’agit de la maison d’un méchant boucher. Ce dernier les tue, les coupe en morceaux (euh oui, j’ai eu un peu peur en racontant ce passage à mon petit de 3 ans!) et en fait un petit salé. Sept ans plus tard, le bon Saint-Nicolas, qui offre tant de bonheur autour de lui, se fait inviter chez ce même boucher. Pour secourir les enfants, à tour de magie, évidement!

img_2740 img_2743img_2742C’est doux, malgré le personnage du méchant boucher. Mais comme dans toutes les histoires pour enfants, la fin se termine bien! Les illustrations aux jolies couleurs sont agréables à regarder. Le plus? Une bouille bien sympathique pour le Saint-Nicolas qui inspire particulièrement la confiance. Parfait pour les petits qui en ont encore peur!

« Saint Nicolas » de Liesbet Slegers, édité chez Clavis (2011).

img_2747Cet album s’adresse, selon moi, aux plus jeunes enfants encore. Au moyen de beaux et grands dessins, moins précis mais beaucoup plus colorés, il aborde les étapes et événements qui précèdent la nuit du 6 décembre : les enfants tout excités dressent leur liste de cadeaux, font de jolis dessins, préparent leurs chaussons accompagnés d’une carotte pour le cheval de Saint-Nicolas. Pendant ce temps Saint-Nicolas, accompagné de ses fidèles Pères Fouettard, prépare cadeaux et gourmandises pour les enfants, avant de se lancer dans sa grande distribution.

fullsizerender img_2745Dans ce livre, ce sont toutes les émotions liées à l’excitation autour de la fête qui surgissent. Une excellente manière d’expliquer aux tout-petits comment se préparer à la venue du grand Saint-Nicolas et l’accueillir dignement!

Heureusement que Saint Nicolas existe ! C’est sympa de recevoir un cadeau de maman et papa, mais en recevoir un de Saint Nicolas, c’est mille fois mieux. Et toi, mettras-tu bientôt ton petit soulier près de la cheminée?

Encore une bonne fête de Saint-Nicolas aux petits et grands (eh oui, on en profite aussi!)!

« Chut! On a un plan » de Chris Haughton

Après avoir lu et relu le merveilleux petit album cartonné « Un peu perdu« , j’ai été ravie de savoir que Chris Haughton avait d’autres titres publiés chez Thierry Magnier ET disponibles à la bibliothèque. C’est ainsi que nous nous sommes plongés dans le tout aussi drôle « Chut! On a un plan ».

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4 chasseurs partent en forêt pour tenter d’attraper un joli oiseau multicolore. A pas de loup, ils avancent vers celui-ci, qui, au dernier moment, arrive à chaque fois à s’envoler, les laissant dans une situation plutôt… délicate!

Avant chacune de leurs attaques, le plus petit d’entre eux essaie d’en placer une. Serait-ce pour leur indiquer un  autre « plan »?

On y a retrouvé avec bonheur les illustrations de Chris Haughton qu’on identifierait parmi mille, un sens de l’humour naturel et enfantin. Chacun de ses albums est un petit délice qui se lit encore et encore!

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Chris Haughton, « Chut! On a un plan », Editions Thierry Magnier, 2015