« La vie rêvée de Virginia Fly » d’Angela Huth

Je ne pense pas que je me serais retournée sur ce roman, à première vue… Mais la magie des blogs a, une nouvelle fois, opéré grâce à Sonia! Son billet, ainsi que son rappel lors de son bilan de fin d’année (et cette sublime couverture!), m’ont vraiment donné envie de faire la connaissance de cette Virginia Fly!

Il m’est assez difficile de qualifier ce roman à vrai dire. « La vie rêvée de Virginia Fly », c’est avant tout une rencontre. A première vue, la vie de cette femme de 32 ans vivant toujours chez ses parents dans une banlieue campagnarde de Londres, n’a vraiment rien de palpitant. Chaque personne qui a un jour croisé son chemin peut en témoigner :

(…) c’était une jeune femme extrêmement comme il faut, sensée et réservée, avec un regard sur les choses non dépourvu d’humour. (p.197)

Mis à part son métier de professeur de dessin, c’est le calme plat. Pas de sortie, pas d’amis. D’ailleurs, c’est peut-être à cause de ce manque cruel d’animation dans sa vie sociale, que sa maman est constamment sur son dos. Et les amours? C’est tout le nœud du problème! Virginia n’a jamais connu d’hommes… Ce qui arrange bien sa maman, évidement! Quel bonheur d’avoir une petite fille qui réserve son intimité pour le mariage. Mais pour la jeune femme, cela relève moins d’un choix, que d’avoir déjà rencontré un homme « correct ». Ceci étant, notre chère Virginia est une femme comme les autres, avec des désirs! En témoignent les fantasmes qui la font frémir à tout heure de la journée, dès qu’elle ferme les yeux.

Elle avait cette vision merveilleuse d’une main d’homme lui caressant le corps, lui causant le le long de l’épine dorsale le genre de frisson qui incitait ses doigts à fermer machinalement les trois boutons de son cardigan, et l’instant d’après elle s’entendait déclarer avec un calme admirable : « Miranda, je crois que c’est ton tour d’effacer le tableau. » (p.9)

Derrière le petit oisillon que tout le monde (sur)protège, se cache une demoiselle qui souhaite voler de ses propres ailes et écrire elle-même sa vie. Mais l’homme à la moustache qui apparaît dans ses rêves les plus torrides, viendra-t-il un jour à elle?

C’est à l’occasion du tournage d’une émission de télé ayant pour sujet l’amour autour du mariage, que Virginia espère un tournant dans sa vie amoureuse.

Quelqu’un, quelque part, serait peut-être touché par ce fameux sourire. (p.49)

Entre-temps, elle rencontrera pour la première fois Charlie, cet américain avec qui elle correspond depuis 12 ans. Il y aura aussi Ulick Brand, mis sur sa route grâce à l’intervention de Mrs Thompson, une londonienne séduite par le portrait de Virginia dans l’émission de télé.

Une affinité s’est créée avec Virginia, mais elle ne s’est pas faite immédiatement. Alors qu’elle me semblait vraiment nunuche au tout début du roman, l’héroïne présente au fur et à mesure de ses rencontres une personnalité en décalage avec l’image lisse qui lui colle inévitablement à la peau. Ce que j’ai aimé, c’est sa répartie et son humour décalé, parfois même très direct.

Dans ce roman, on parle de pression familiale, de la recherche de l’amour, de ce monument un peu inaccessible qu’est le mariage, mais aussi de sa place dans une société pas toujours très honnête. Des sujets qui sont très modernes, et pourtant, ce roman a été écrit en … 1972!

Si vous aimez le style « so british », l’humour parfois cynique et les personnages bien travaillés, je vous conseille ce très chouette roman!

Angela Huth, « La vie rêvée de Virginia Fly », traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Anouk Neuhoff, Éditions Quai Voltaire, 2017, 218 pages

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7 réflexions au sujet de « « La vie rêvée de Virginia Fly » d’Angela Huth »

  1. Marie-Claude

    J’ignorais que ce roman était aussi vieux (je suis née en 1972!!!).
    Sinon, j’avais craqué en le voyant chez Sonia. Tu confirmes mon envie de le lire, mais je vais tout de même attendre sa sortie en poche. Trop trop à lire, là!

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  2. booksmoodsandmore

    tu me ravis ma chère Laeti ☺️je riais en lisant ta chronique, qui me faisait revivre les situations cocasses de ce roman – certaines scènes sembleraient inimaginables en début de lecture tant elle nous paraît prude, cette Virginia!
    Et comme Marie-Claude, moi aussi je suis de 1972!! ce livre ne fait pas son âge (bon, moi je ne sais pas mais je t’enverrai une photo 😂)

    Répondre
    1. Laeti Auteur de l’article

      C’est vrai qu’elle s’ouvre au fil des pages et dévoile sa personnalité pas si introvertie que ça! je l’ai beaucoup aimée. Cocasse, vraiment! Je suis certaine que vous ressemblez à des jeunettes toutes les deux 🙂

      Répondre

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