« Bateau-ciseaux » de Christine Van Acker & Vero Vandegh

FullSizeRender(2)Au rythme des vagues et à bord de la péniche familiale, le lecteur est plongé dans les souvenirs d’enfance de Christine Van Acker. Car il s’agit d’une enfance un peu particulière, passée à bord du bateau de ses parents. On devine dans les premières pages, une grande curiosité de la part de son fils, de connaître les anecdotes de cette vie sur l’eau, à qui l’auteure dédie ces quelques mots.

Est-ce de la nostalgie? De la tristesse? Ou au contraire, du bonheur qui traverse ce récit? Il m’a été difficile de le détecter, car Christine Van Acker semble souvent tiraillée entre la mer et la terre. Elle remonte par contre tous ces souvenirs de façon naturelle, dans le langage enfantin de ses 3 ans, 5 ans, 10 ans. Le style est donc en phase avec l’ambiance de ce court livre. On se trouve dans un univers d’adultes, où le travail est prépondérant, raconté par une fillette qui rêve d’un ailleurs. Sa voix est enveloppante. J’ai aimé me promener dans ce beau livre, en picorant les courts paragraphes, et en revenant, à l’occasion, à quelques événements marquants qui m’ont fait sourire. J’ai développé beaucoup de bienveillance à son encontre.

Il n’est certainement pas évident de suivre un chemin qu’on n’a pas choisi, et qui implique pas mal de dispositions particulières, comme de se laver dans une bassine, vivre en confinement dans une cabine, partager un tout petit espace avec ses parents, ne pas avoir d’endroit à soi. L’apprentissage est aussi touché : son père fait ce qu’il peut pour lui enseigner le minimum, lire, écrire, compter. Mais lorsqu’elle se découvre une véritable attirance pour les livres, la petite Christine en demande plus. Sa soif d’apprendre, de lire, d’entrer dans de nouveaux univers, est dévorante. Elle passera un temps dans un pensionnat de Soeurs, qui ne la réjouit pas, pour finalement habiter chez sa tante et profiter de moments de partage avec ses cousins et cousines.

S’il n’y avait ces brisures, sentirions-nous notre vie commencer?

L’intuition d’un avenir mieux intentionné, je pense, m’a donné le dessein de grandir, vite. Un excès de conscience m’a fait écrire. » (p.28)

Les illustrations réalisées par Vero Vandegh sont plutôt sombres mais me semblent en concordance avec les textes et la mélancolie qui s’y propagent par petites touches.

C’est pour moi une première lecture d’une publication des éditions Esperluète (découvertes par mon amie Mina qui m’a d’ailleurs fait cadeau de ce beau livre) et j’ai été charmée par l’objet tenu entre les mains. Le format, plus petit que la normale, donne envie d’en prendre soin, et le papier de qualité et cartonné offre une lecture des plus agréables. Les gravures, le plus d’Esperluète qui associe pour chaque parution un artiste à l’auteur, donnent définitivement un cachet supplémentaire. Une belle découverte!

Anne a lu le même titre en ce jour de mise à l’honneur d’une auteure féminine belge. Voir aussi l’avis de Mina.

Christine Van Acker (textes) et Vero Vandegh (illustrations), « Bateau-ciseaux », Editions Esperluète, 2007, 96 pages.

Rendez-vous du Mois belge autour d’une auteure belge. Et une première participation au challenge de Mina « A la découverte des éditions Esperluète« .

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6 réflexions au sujet de « « Bateau-ciseaux » de Christine Van Acker & Vero Vandegh »

  1. Mina

    Tu sais comme j’ai été rassurée que la découverte se passe si bien et que tu apprécies la qualité des livres d’Esperluète, entre autres. Je me doutais que cette ambiance te plairait comme elle m’avait séduite moi aussi et que tu y serais également attentive. Je l’avais moins été au style et ne l’avait pas associé à l’enfance. Comme je l’ai dit à Anne, j’enrichis ma lecture avec les vôtres, c’est intéressant de voir quels éléments nous avons chacune retenu.

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  2. anne7500

    Je suis contente que tu découvres ainsi les éditions Esperluète ! Tu insistes plus sur l’enfance et ça permet, comme le dit Mina, de découvrir plusieurs facettes de ce titre. Merci pour ta patience dans cette lecture partagée !

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